Côte-Rôtie, Châteauneuf-du-Pape, quelles différences ?

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Côte-Rôtie et Châteauneuf-du-Pape, quelles différences ? Si ces deux appellations appartiennent à la vallée du Rhône, elles diffèrent à bien des égards. Faisons le point sur les différences qui les animent et forgent leur unicité.

Avant toute chose, dessinons les grandes lignes de ces géants viticoles. Située dans la partie septentrionale de la vallée du Rhône, la Côte-Rôtie est un vignoble deux fois millénaire fabriqué de toutes pièces par la main humaine, sur des coteaux escarpés. Bien qu’elle soit aujourd’hui considérée comme l’une des appellations les plus prestigieuses de la région, la crise du phylloxera et les deux guerres mondiales ont failli l’anéantir, la réduisant à une quarantaine d’hectares seulement. C’est grâce à des vignerons emblématiques comme Etienne Guigal que le terroir a retrouvé petit à petit ses lettres de noblesses. Actuellement, les vins sont produits sur un vignoble partagé entre la Côte Brune (aux sols de schistes et aux vins denses et minéraux) et la Côte Blonde (aux sols de gneiss et aux vins aériens et vivaces) et au sein de communes comme Ampuis, Saint-Cyr-sur-Rhône et Tupin-et-Semons.

Châteauneuf-du-Pape que l’on retrouve dans la partie méridionale de la vallée du Rhône doit son nom à la résidence secondaire des papes, à l’heure où ceux-ci vivaient en France, à Avignon. On leur doit d’ailleurs le fort rayonnement des vins régionaux à l’international. Appellation prestigieuse puisque c’est ici qu’est née la notion d’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) en 1923, Châteauneuf-du-Pape fournit des vins réalisés au sein de la commune éponyme, d’Orange, de Sorgues, de Courthézon et de Bédarrides.

Evoquons maintenant les typicités qui diffèrent entre chacune de ces appellations.

Le climat

En Côte-Rôtie, le climat est semi-continental avec des influences méditerranéennes. Ce qui signifie que les étés sont chauds et ensoleillés, les automnes doux, les hivers rigoureux et marqués par une grande sensation de froid engendrée par la bise.

A Châteauneuf-du-Pape, le climat est méditerranéen. Les vignes sont balayées et assainies par le mistral et sont donc situées sur un des secteurs les plus secs et ensoleillés de la vallée du Rhône. L’année est rythmée par deux saisons sèches, l’été (très chaud) et l’hiver, et deux pluvieuses, le printemps et l’automne.

Les sols

Le vignoble de Côte-Rôtie est reconnaissable à l’œil nu par ses terrasses à flanc de coteaux que l’on appelle chayets (ou « chaillets » ou « chaillés ») et qui sont soutenues par des murs en pierre, nommés cheyx. Les vignes puisent les nutriments nécessaires à leur épanouissement dans des sols de gneiss, d’argile, de granit et d’oyxdes de fer et sont orientées vers le sud et le sud-est. Un ensoleillement optimal qui n’est pas étranger à la dénomination Côte Rôtie.

Le terroir de Châteauneuf-du-Pape est plus complexe. Simplifions-le et catégorisons-le en trois types. A savoir, les terres de graves, les sols de sables et, bien sûr les fameuses terrasses de galets roulés qui jouent un rôle de régulateur thermique dans la mesure où ceux-ci captent la chaleur du soleil et la restituent à la plante durant la nuit plus fraiche. En réalité, il n’y a pas de différence qualitative notoire entre chacun de ces terroirs : tous peuvent proposer de très grands vins.

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Les galets roulés, un des terroirs de Châteauneuf-du-Pape

Les cépages

Ici encore, nord et sud divergent. Ainsi, en Côte-Rôtie, la syrah règne quasiment en maître. Si la plupart des domaines favorisent sa production en monocépage, d’autres se tournent vers l’assemblage savant de cette variété et du viognier. Complanté à hauteur de 20% maximum, ce dernier offre une souplesse et un aspect fruité supplémentaire au vin. On retrouve aussi de la petite serine, une vieille variété de syrah.

De son côté, Châteauneuf-du-Pape est connu pour ses treize cépages comme le grenache (blanc, noir et gris), la syrah, le mourvèdre, le cinsault, le muscardin, la counoise, la clairette (blanche et rosée), le bourboulenc, la roussanne, le piquepoul (noir, gris et blanc), le picardan, la vaccarèse et terret noir.

Travail des vignes

Comme nous l’expliquions, courant sur 230 hectares, les vignes de Côte-Rôtie sont conduites sur des terrasses particulièrement escarpées, rendant tout travail mécanisable compliqué, voire impossible. Actions manuelles, à cheval ou au treuil sont donc de mises. Les vignes, elles, sont soutenues par un échalas, un piquet de châtaigner, de pin ou d’acacia, profondément ancré dans le sol assurant son maintien, un bon ensoleillement, une photosynthèse réussie et donc une maturité idéale.

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Les terrasses escarpées de Côte-Rôtie

A Châteauneuf-du-Pape, dont la superficie s’étale sur 3 200 hectares, vous observerez des vignes taillées en gobelet (on les reconnait car elles ne sont pas palissées et ressemblent en quelque sorte à des petits buissons). Le feuillage permet ainsi de protéger les grappes de la brûlure du soleil. Sans grande surprise, les vendanges se font donc à la main. De son côté, la syrah introduite plus récemment dans la région est conduite sur des fils, en taille Guyot.

Travail en cave

En Côte-Rôtie, si viognier il y a, il co-fermente avec la syrah. Parce que les vins locaux sont réputés austères et puissants dans leur jeunesse, les domaines favorisent un élevage prolongé, entre un à trois ans, au domaine avant la commercialisation.

A cause des conditions climatiques estivales très chaudes, les assemblages sont majoritaires à Châteauneuf-du-Pape afin d’obtenir des vins joliment équilibrés entre alcool et tanins. Il n’est toutefois pas rare de trouver des monocépages de belle facture. Les rouges sont élevés dans des foudres, des cuves béton, des barriques ou des demi-muids ; le mélange des contenants étant d’ailleurs une pratique courante. Afin de préserver une certaine fraîcheur des blancs de Châteauneuf-du-Pape, ceux-ci sont élevés dans des contenants inertes garantissant les arômes primaires comme la cuve inox ou le béton. D’autres chercheront davantage de complexité (vanille, amande, épices douces) avec l’apport du bois d’une barrique ou d’un demi-muids.

Différents types de vin

C’est un fait, les vins rouges sont l’apanage de la Côte-Rôtie. Ceux-ci sont recherchés pour leur robe presque noire intense aux reflets grenat de laquelle s’échappe un bouquet aromatique très complexe marqué par des notes de fruits rouges (framboise, cerise, fraise) et noirs (cassis, mûre), de fleurs (violette), d’épices (poivre, réglisse, cannelle) et, avec le temps, d’humus, de tabac et de cacao. En bouche, on apprécie leur attaque franche, leur concentration et leur profondeur structurée par de beaux tanins qui méritent de s’assagir en cave une quinzaine d’années au moins. Finesse et élégance sont ses maîtres mots.

Au contraire, Châteauneuf-du-Pape produit aussi bien des rouges que des blancs. Les premiers ont une robe rubis profonde avec des reflets violets. Le nez est empreint d’arômes de fruits rouges et noirs, d’épices douces, de torréfaction (café, cacao), de musc et de gibier. La bouche est dense, charnue et définie par un grain de tanin fin. Les blancs ne sont pas dépourvus de richesse. En témoigne le disque épais qui auréole la robe or pâle aux reflets verts. Chargé d’arômes délicats (fleurs blanches, agrumes, fruits à chair blanche, fruits exotiques, miel), il séduit par sa rondeur et sa finale parfois grillée (vanille, fruits secs), preuve d’un élevage sous bois.

Un service idéal

En général, les vins rouges de Côte-Rôtie et de Châteauneuf-du-Pape vieillissent fort bien. En fonction des cuvées, nous vous recommandons donc d’attendre au moins une quinzaine d’années pour les premiers et une vingtaine pour les seconds. Tous deux se savourent à température ambiante, à 16°C, après un passage en carafe. Nul besoin d’attendre si longtemps pour savourer un châteauneuf-du-pape blanc qui, grâce à sa richesse, peut-être servi légèrement rafraîchi, à 13°C. Un passage en carafe est aussi conseillé.

Accords gastronomiques

Par sa puissance, sa rectitude et son élégance, le vin de Côte-Rôtie mérite un accord tout aussi noble comme des viandes rouges rôties et du gibier.

De son côté, le châteauneuf-du-pape rouge, grâce à sa générosité et à son opulence fera des merveilles avec des plats en sauce, des mets truffés ou à base de toute autre variété de champignons.

Quant aux blancs, amples, savoureux et persistants, ils s’aligneront à des mets tout aussi généreux comme du saumon (tartare ou gravlax), du homard, des ravioles, de la viande blanche, un risotto ou de véritables spaghetti carbonara.

Quelques belles enchères

Fièrement représentées car particulièrement recherchées sur iDealwine, les vins de Côte-Rôtie et de Châteauneuf-du-Pape enregistrent de belles enchères. En voici quelques-unes recensées en 2020.

Côte-Rôtie

Côte-Rôtie La Mouline 1978 de Guigal : 2 702€

Côte-Rôtie Côte Brune 1991 de Jamet : 2 517€

Côte-Rôtie Côte Brune 1983 de Geantaz-Dervieux : 2 395€

Châteauneuf-du-Pape

Châteauneuf-du-Pape 1967 de Château Rayas : 2 947€

Châteauneuf-du-Pape cuvée spéciale 1990 d’Henri Bonneau & Fils : 1 412€

Châteauneuf-du-Pape hommage à Jacques Perrin 1989 du Château de Beaucastel : 1 044€

Quelques domaines emblématiques

Côte-Rôtie

Parmi nos domaines partenaires : Guigal, Jamet, René Rostaing, Stéphane Ogier, Yves Gangloff, Jean-Michel Stephan, Clusel Roch, Jean-Michel Gerin, Marie et Pierre Benetière, Vignobles Levet, Othéguy, Pierre Gaillard, Jasmin, Georges Vernay, François Villard, Monteillet, Bonserine

Les autres domaines réputés : Marius Gentaz-Dervieux, Dervieux Thaize

Châteauneuf-du-Pape

Parmi nos domaines partenaires : Château de Beaucastel, Domaine du Pegaü, Clos des Papes, Clos Saint-Jean, Giraud, La Janasse, La Barroche, La Mordorée, Le Vieux Donjon, Les Cailloux André Brunel, Saint-Préfert, Beaurenard, Charvin, Domaine de Marcoux, La Vieille Julienne, Santa Duc, Vieux Télégraphe, Mas Saint-Louis

Les autres domaines réputés : Le Clos du Caillou, Clos du Mont-Olivet, La Gardine, Mont-Redon, La Nerthe, Jean-Pierre & Thierry Usseglio

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