Vallée du Rhône : notre guide des vins (2/ 2)


Difficile de passer à côté de Châteauneuf-du-Pape, l’une des appellations les plus célèbres au monde. Mais connaissez-vous Beaumes-de-Venise, Rasteau ou encore Lirac ? Dans ce deuxième épisode de notre guide des vins du Rhône, nous évoquons la partie méridionale du vignoble rhodanien. Tour d’horizon d’un terroir qui produit quelques-uns des plus grands vins au monde mais aussi un nombre incroyable de bonnes affaires.

Continuons le cours du Rhône vers le sud.  Entre Montélimar et Nîmes se trouve le vignoble de la vallée du Rhône méridionale. Alors que le nord de la région fait la part belle à un ou deux cépages, le sud est le royaume de l’assemblage. On pense évidemment  aux 13 cépages autorisés dans le cahier des charges de Châteauneuf-du-Pape. Un record en France ! De même, le paysage change totalement : les vignes sont plantées en plaine, et non plus en coteau, sur l’ancien lit du fleuve ou de la mer. En effet, la méditerranée joue également un rôle important même si elle demeure à une centaine de kilomètres. Le climat est très chaud et sec l’été, marqué par le mistral mais les températures peuvent également descendre très bas l’hiver, notamment près massifs rocheux. Autour des vignes, des oliviers, la garrigue et les cigales : on est bien dans l’univers méditerranéen.

Les cépages

Il est très difficile d’évoquer tous les cépages que vous rencontrerez dans le sud du Rhône. Nous citerons seulement les principaux, dont le fameux trio « GSM » des  anglo-saxons (grenache-syrah-mourvèdre), assemblage utilisé aussi bien dans le monde entier que dans les vignobles voisins : le Languedoc à l’ouest et la Provence à l’est.

  • Les cépages rouges :

le grenache noir : c’est le cépage roi de la vallée du Rhône sud. Il est comme son nom l’indique de la famille des grenaches avec les déclinaisons (blanc et gris). Cépage peu teinturier (on peut trouver des vins de grenache très clair), il apporte pour autant beaucoup de structure et d’alcool au vin. On le rencontre généralement assemblé, car il est difficile d’en obtenir une maturité parfaite. Au nez, il exhale des arômes de fruits mûrs et confits (fraise, mûre etc.). En bouche, il apporte à la fois une sensation chaleureuse due à l’alcool et la souplesse de son fruit.  Les plus belles expressions se trouvent probablement à Châteauneuf, alliant structure et finesse. C’est aussi le cépage majoritaire des côtes-du-rhône.  Son potentiel de garde peut être très important.

le mourvèdre : c’est le cépage qui a fait la réputation de Bandol. Très tardif, il apporte beaucoup de structure et de puissance au vin. On le reconnait à sa robe très sombre, son nez de fruits noirs, de garrigue, et sa légère amertume en bouche (cacao, chocolat noir). C’est un cépage qui vieillit à merveille et donne des vins d’une grande distinction une fois les tanins fondus.

 

La syrah : elle se retrouve minoritaire au sud car le climat est généralement trop chaud. Peu présente dans les côtes-du-rhône, elle donne cependant de très bons résultats dans certains climats plus froids des meilleurs crus. Il existe même une poignée de châteauneufs 100% syrah. Epicée, immédiate et fraiche, elle apporte de la complexité aux assemblages.

– Le cinsault : sa proportion tend à disparaitre dans le Rhône, dans le Languedoc  et le reste du monde. Pourtant, ce cépage que l’on vinifie souvent en rosé en Provence, donne de jolis résultats. On le retrouve à Tavel, mais aussi à Gigondas et Châteauneuf. On peut reconnaitre le cinsault à son caractère très fruité au nez comme en bouche. Il fait partie de la famille des « picpouls », comme le cépage éponyme, la counoise, le picardan ou le terret qui sont autorisés dans l’assemblage des châteauneufs.

– le carignan : cépage identitaire du Languedoc, il donne de très bons résultats dans le Rhône sud, voisin. Il a la particularité d’apporter l’acidité garante de l’équilibre nécessaire des vins. Assez productifs jeunes, les vieux plants donnent de très beaux résultats. On retrouve cependant une majorité de carignans très productifs pour les côtes-du-rhône.

  • Les cépages blancs :

Le grenache blanc: c’est le pendant du grenache noir avec lequel il partage des caractéristiques ampélographiques. Il donne des vins blancs, structurés, avec un niveau d’alcool élevé. Au nez, il est discret mais très complexe (notes de fleurs, de fruits jaunes, d’anis ou de fenouil).

La roussane : on retrouve ce cépage du Rhône nord dans l’assemblage des châteauneufs avec la générosité naturelle qu’on lui connait (pêche, abricot etc).

Le bourboulenc : ce cépage est cultivé exclusivement en France. On est donc très heureux de le voir toujours utilisé dans le Rhône. C’est un cépage plus frais et moins alcooleux avec des arômes frais et floraux. Utilisé à Châteauneuf, on le retrouve à hauteur de 50% au château d’Anglès.

 

On retrouve également la clairette, cépage délicat et fin en minorité dans les assemblages ou pour l’élaboration de la Clairette de Bellegarde. Ou l’exubérant muscat pour les muscats-beaumes-de-Venise.

Pour plus d’informations, retrouvez la saga des cépages du Rhône sud.

Les appellations

©Vins-du-Rhône

On dénombre trois niveaux d’appellation : les AOC régionales, AOC sous Régionales, et les crus.

Les AOC régionales

Parmi les AOC régionales, on retrouve l’inévitable Côtes-du-Rhône dont la grande majorité est produite dans le sud de la région. L’appellation regroupe les trois couleurs mais le rouge représente 95% de la production (grenache majoritaire). Avec près de 40 000 hectares, il s’agit de la plus vaste AOC (plus de 50% de la production). Les vins sont souples, fruités et certaines cuvées présentent des rapports qualité/prix parmi les meilleurs de France. On pense à la cuvée Sommelongue d’André Brunel, au domaine Charvin, et à l’incontournable Emmanuel Reynaud, au château des Tours.

L’appellation Côtes-du-rhône villages : Elle regroupe 95 communes du Gard, du Vaucluse, de l’Ardèche et de la Drôme. Le cahier des charges se veut plus strict que pour l’appellation classique. Parmi ces 95 villages, 17 peuvent accoler leurs noms, ce sont les CDR villages communaux comme Sablet ou Laudun. C’est la première marche vers la reconnaissance d’un cru (comme Cairanne qui vient d’être promu).

Les AOC sous régionales

On retrouve ici des très vastes appellations. Certains vins se révèlent très qualitatifs à des prix extrêmement modestes, mais il faut savoir chercher, ou faire confiance à iDealwine ;). On retrouve du nord au sud : Grignan-les Adhémar, Côtes du Vivarais, Ventoux, Luberon (qui regardent vers la Provence), Uzès et Costières de Nîmes qui regardent vers le Languedoc. Chez iDealwine, on craque pour les côtes-du-vivarais du vibrant Galletty ou encore les Ventoux de la Ferme Saint Martin !

Les crus

Vinsobres : ce cru le plus septentrional (situé dans la Drôme) n’a été promu qu’en 2005. Les vins sont riches et amples, mais demeurent (pour l’instant) dans l’ombre des autres crus. La famille Perrin (Beaucastel) produit un vinsobres de belle facture.

Rasteau : connu pour sa production de vins doux naturels, l’AOC a vu le jour 2010 pour les vins rouges. Ceux-ci sont puissants, structurés et avec un beau potentiel de vieillissement. On apprécie tout particulièrement le domaine de la Soumade et l’excellent Gourt de Mautens (qui produit également du blanc) mais ne revendique pas l’appellation.

Cairanne : c’est le nouveau venu depuis 2015 et l’une des appellations coups de cœur chez iDealwine. Et pour cause, on y trouve deux domaines brillants : Marcel Richaud et l’Oratoire Saint-Martin (avant 2015, vous verrez écrit Côtes-du-Rhône Villages Cairanne). L’appellation existe dans les trois couleurs. Pour les rouges, on y retrouve le trio GSM avec une tolérance de 20% de cépages annexes. Pour le blanc (plus rare), on retrouve du grenache blanc, avec les nombreux autres cépages rhodaniens.  Des cuvées d’entrée de gamme qui se montrent très gourmandes, jusqu’à des vins très racés pour les plus belles cuvées. A découvrir au plus vite !

Gigondas : au pied des dentelles de Montmirail (avec Vacqueyras et Beaumes de Venise), cette appellation propose quelques-uns des vins les plus fins et racés du Rhône. L’appellation peut en effet compter sur une mosaïque de sols du secondaire, tertiaire et quaternaire charriés à la surface par les phénomènes géologiques qui ont donné lieu aux dentelles, et notamment des couches d’argile précieuses quand il s’agit de conserver l’eau l’été. L’appellation fait la part belle au grenache (80% maximum), et à la syrah et au mourvèdre (15% minimum). Chez iDealwine, on fond devant la sensualité du domaine de la Bouïssière, ou les cuvées recherchées dans le monde entier du château de Saint Cosme.

Vacqueyras : ce cru constitue avec Gigondas l’une des plus belles alternatives à Châteauneuf, dans un style cependant plus corsé. Les trois couleurs sont produites même si le rouge constitue 97% de la production. L’encépagement est comparable: au minimum 90% de grenache, syrah, mourvèdre, même si ces deux derniers sont plus présents qu’à Gigondas. Comme à Châteauneuf, on retrouve les célèbres galets roulets très drainants et qui restituent la chaleur le soir à la vigne. A Vacqueyras, il faut découvrir la Monardière, Beaucastel, et l’incontournable mais rare Château des Tours.

Beaumes-de-Venise : ce nom vous évoque forcément quelque chose. D’abord connu pour les vins doux naturels à base de muscats (AOC Muscat Beaumes de Venise), les vins rouges du secteur ont été récemment reconnus en tant que cru (2005). L’appellation s’appuie sur trois terroirs bien distincts pour produire des rouges généreux mais élégants.  On aime tout particulièrement le domaine de la Ferme Saint Martin (et ses tarifs encore doux eux aussi) !

Châteauneuf-du-Pape : c’est une appellation très vaste (3161 hectares) qui s’appuie sur une mosaïque de terroirs absolument incroyable. Au vue de sa taille, toute l’appellation n’est pas homogène. Mais les plus grands domaines produisent quelques-uns des plus beaux vins de la planète. Généralement, les domaines produisent une cuvée tradition, assemblage des différents terroirs du vignoble où sont plantés les cépages adéquats. Certains d’entre eux, comme le brillant Vieux Donjon ne produisent que deux cuvées : l’une en blanc et l’autre en rouge. D’autres enfin produisent depuis les années 1980-1990, des cuvées parcellaires à la manière de ce qui peut exister en Champagne en mettant en avant un sol, un cépage etc. On pense à la cuvée du Centenaire d’André Brunel, à l’Hommage à Jacques Perrin, à la cuvée du Papet du Mont-Olivet ou au mythique Rayas d’Emmanuel Reynaud (100% grenache sur le seul terroir sableux de l’appellation). Rayas offre ainsi – et ce ne sont pas nos amateurs qui nous contrediront – la plus belle expression du grenache, se bonifiant au fil des années et des décennies. Châteauneuf est un univers passionnant,  à découvrir absolument.

Tavel : on change de rive et de couleur. Toute la production est dédiée au rosé. Si vous les aimez transparents, passez votre chemin. Ceux de Tavel (à base de cinsault), tirent vers le rouge et sont clairement destinés à la table. Chez iDealwine, on aime le tavel de la Mordorée avec des rougets à la plancha. Un accord magique à essayer au plus vite !

Lirac : un cru discret mais qui monte ! Les rouges sont charnus et fins, les rosés évoquent les tavels et les blancs de très bonne tenue. Là encore, la Mordorée produit de superbes rouges et rosés qui vous raviront.

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A lire également dans le blog d’iDealwine :
Achats directs : les coups de coeur d’iDealwine dans le Rhône sud
Château Rayas, Pignan, Château des Tours, Fonsalette : une galaxie exceptionnelle
Domaine du Vieux Donjon : un grand châteauneuf mais rare sur le marché
Domaine A. Brunel : « Faire du vin qui fasse plaisir sans être inabordable »?

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