Les trois plus grands mensonges des amateurs de vin selon le Wine Spectator

Dans un article en date du 7 février, publié dans le magazine américain Wine Spectator, le journaliste Matt Kramer démystifie les plus grandes idées reçues sur le vin.

Mensonge n° 1 : « Si vous aimez un vin c’est qu’il est bon »

Sans aucun doute le plus grand mensonge de tous. En partant du principe que « si j’aime un vin c’est qu’il est bon », le consommateur montre un désir inconscient de se libérer de toute obligation d’aller plus loin dans sa dégustation. Cela le dispense d’analyser les raisons pour lesquelles le vin est bon, comment il se différencie des autres vins, etc. Matt Kramer prend l’exemple des grands crus de Bourgogne, en expliquant que l’appellation grand cru place tous les vins bénéficiant de cette appellation sur le même pied d’égalité en termes de qualité théorique. Or un grand cru de la Côte de Nuits n’aura absolument pas la même typicité qu’un autre grand cru de cette même Côte de Nuits. Les deux seront certainement bons mais le consommateur ne les appréciera pas pour les mêmes raisons. L’exemple est pertinent, en considérant que « si j’aime un chambertin riche et puissant c’est qu’il est bon », c’est poser une limite dans sa dégustation et s’empêcher volontairement ou inconsciemment de le comparer à un musigny qui se distinguera beaucoup plus par sa finesse et sa délicatesse. D’ailleurs les plus grands dégustateurs sont capables de dire (ou d’écrire, si ce sont des journalistes) : « Ce vin est bon, c’est un grand vin, mais je ne l’aime pas… »

Mensonge n°2 : « Le millésime n’a plus d’importance »

Selon Matt Kramer le consommateur aime souvent clamer que « les avancées technologiques en matière de viticulture, de vendanges et de vinification sont telles que les millésimes n’ont plus aucune influence sur la qualité du vin ». Le fait que les viticulteurs bénéficient d’une technologie qui n’existait pas dans les années 1960, aussi bien à la vigne qu’en cuverie, est avéré. Oui, les équipements modernes permettent de mieux gérer les conditions météorologiques, oui les divergences spectaculaires de qualité entre un millésime et un autre ont beaucoup diminué. Mais de là à imaginer que les millésimes n’ont plus aucune influence sur la qualité des vins, c’est un gros mensonge ! Demandez donc à un producteur de Châteauneuf-du-Pape s’il pense que le millésime 2002 était une année anodine…

Mensonge n° 3 : « Le prix est un indicateur de qualité »

La logique veut que lorsqu’un consommateur achète un vin plus cher qu’un autre c’est parce qu’il est plus qualitatif, c’est la base habituelle de la commercialisation : plus un produit est coûteux plus il est qualitatif.

Mais Matt Kramer a une autre approche. Avant les années 2000, le rapport qualité/prix dans les régions viticoles de pointe comme à Bordeaux, en Champagne ou en Bourgogne était acceptable, et les grands écarts de prix entre les vins issus de ces régions et ceux de régions moins « en vue » se justifiaient par la qualité. Aujourd’hui cet argument n’est plus recevable : non seulement l’écart de prix entre les vins issus de Bourgogne, de Bordeaux ou de Champagne et les vins des autres régions ne se justifie plus, tant la qualité de ces derniers a augmenté. De plus la hausse des prix du vin a rendu inacceptable le rapport qualité/prix de certains vins des régions viticoles les plus médiatisées. Le prix n’est donc plus un indicateur de qualité. « Ceux qui disent le contraire », conclue Matt Kramer, « sont des marqueteurs ! »

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    c’est sur les amateurs de vins que quels pays?

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