Rosés, le nouvel Eldorado du vin ?

En quinze ans, la production de rosé en France est passée de 10% à 26% des volumes, dépassant maintenant largement la part des blancs (17%). Comment expliquer une telle croissance d’un vin longtemps méprisé par les amateurs ?

Les chiffres du rosé donnent le tournis. Qui pouvait imaginer, il y a quelques années qu’ils représenteraient en 2011 près de 90% de la production de vin dans l’appellation Côtes de Provence ? A elle seule, cette dernière représente plus de 5% du rosé produit dans le monde entier !

Et pourtant tout le monde se souvient du mépris dans lequel ce vin était tenu il y a encore très peu de temps : “faux vin”, “vin trafiqué”, “à la rigueur pour l’apéritif”, ce pauvre rosé était affublé de tous les défauts. Aujourd’hui, que ce soit en France ou à l’export il incarne le renouveau du vin et le segment le plus dynamique (et de loin !) du marché.

Ce qui est amusant, c’est que, historiquement, le rosé était de loin le vin le plus répandu jusqu’au XIXe siècle. Non pas pour des raisons marketing évidemment, mais tout simplement parce que, techniquement, on ne savait faire que des vins rouges peu macérés qui avaient une belle couleur rose et qu’on appelait alors “clairets”. Mais petit à petit la demande et les progrès techniques (macérations en cuves) ont fait le succès des “vrais” rouges, et le rosé n’était plus produit et consommé que dans le sud de la France.

La première raison de ce nouveau succès est sans doute due aux progrès qualitatifs de ce type de vin. Autrefois produit avec les mauvaises grappes des cépages les moins intéressants, il est aujourd’hui traité avec les mêmes soins que les vins rouges et les vins blancs.

La seconde raison est que ce profil de vin, frais et facile à comprendre, correspond tout à fait aux attentes d’une clientèle qui se reconnaît dans ce breuvage frais et léger qui plaît aussi à tous ceux qui n’ont pas envie de se prétendre “connaisseurs”, mais qui souhaitent simplement passer un moment agréable avec un vin dont la couleur apparaît comme festive et conviviale, d’où le succès des rosés vendus en magnums. Avec le rouge, la connaissance passe avant le plaisir car ce vin a été trop sacralisé. Au contraire du rosé qui est plus ludique et facile d’accès. On n’a pas besoin d’en parler, de le décanter ou de le faire savamment tourner dans son verre pour l’apprécier. C’est aussi pour ces raisons que c’est un vin particulièrement apprécié d’une clientèle jeune et moins avertie.

Autre raison des ventes en croissance vertigineuse : le rosé n’est plus un vin saisonnier bu l’été pendant les vacances. Sa consommation va aujourd’hui du printemps à l’automne sans doute parce que les consommateurs ont découvert qu’on pouvait associer un rosé à autre chose que les olives de l’apéritif au bord de la piscine. Les rosés modernes peuvent être mariés à de nombreux plats, y compris ceux d’une cuisine exotique de plus en plus courante, en provenance d’Asie ou du Maghreb. Sans parler des déclinaisons “cocktails” comme le célèbre rosé/pamplemousse, né sur les plages de Saint-Tropez et que l’on trouve aujourd’hui en Bag-in-box® de 3 litres dans certains hypermarchés. Mais est-ce encore du vin ?

A l’opposé de ce positionnement, certains rosés se placent indéniablement dans la cour des Bandol, sont de plus en plus nombreux à proposer de grands rosés de gastronomie. Ils sont même rejoints depuis peu par quelques châteaux bordelais très connus… Qui aurait pu croire cela il y a quelques années ?
Le succès du rosé ne semble donc pas près de se ralentir !

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La part des vins rosés dans les ventes a doublé en 20 ans

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