Les mots du vin : sélections massales et sélections clonales

Quand un vigneron veut planter une parcelle ou en replanter une partie, il a deux grandes façons de procéder pour sélectionner ses plants : la sélection dite « massale » et la celle dite « clonale ».

Sélection massale

La première, au lieu d’acheter des pieds de vignes chez un pépiniériste, consiste à repérer sur son vignoble les ceps portant les meilleurs fruits ou qui paraissent les plus intéressants par l’équilibre qu’ils donnent au vin qu’ils produisent, puis à prélever des fragments de sarment et les multiplier, pour ensuite les replanter. Il faut environ deux ans pour obtenir les pieds nécessaires. Ce type de sélection est utilisé par les vignerons qui souhaitent conserver le patrimoine viticole d’une très vieille vigne ou améliorer la qualité d’un cépage donné. Certains viticulteurs, pour planter une parcelle avec un cépage qu’ils ne possèdent pas encore, peuvent même faire appel à un vigneron ami et procéder à une sélection massale sur ses vignes. Dans la vallée du Rhône certains domaines ont ainsi choisi de planter des mourvèdres sélectionnés au domaine Tempier, le plus réputé de Bandol pour la qualité de ses vignes.

La sélection massale était surtout utilisée avant le développement de la sélection clonale au début des années soixante-dix. La sélection massale n’est en effet pas sans risque, vis-à-vis notamment de la transmission de maladies comme les viroses : enroulement ou flavescence dorée.

Sélection clonale

Cette seconde méthode, beaucoup plus longue, consiste, à partir d’une seule souche sélectionnée, à une reproduction à l’identique d’un individu dans le but d’obtenir des clones. La démarche commence par des observations visuelles dans le vignoble, sur trois ans, destinées à repérer d’éventuels symptômes visuels de maladies à virus et à jauger la santé globale du cep. Au bout de trois ans, chaque cep retenu est numéroté et produit une vingtaine de boutures, qui sont plantées dans des sols sableux dans lesquels les vecteurs de virus (nématodes) sont absents. Chaque bouture fait alors l’objet d’observations et de tests sur le terrain et en laboratoire. Au bout de trois ans de bouturage, les clones sains sont retenus et testés dans les sols de la région d’origine, afin de vérifier leur capacité à répondre aux exigences quantitatives et qualitatives de la région. Au bout de quelques années, les meilleurs reçoivent un agrément officiel. Une quinzaine d’années environ sont donc nécessaires pour voir naître un clone exempt de virus, et capable de produire la quantité et la qualité requises.

Avec cette méthode, on obtient donc des plants théoriquement sains et très précis dans leur définition et caractéristiques, mais elle présente l’inconvénient de conduire inéluctablement à la réduction de la diversité génétique, dans la mesure où toutes les souches ne répondant pas aux critères de sélection sont écartées dans le processus. De plus, bien souvent le choix des vignerons les moins scrupuleux se porte vers des clones très productifs au dépend d’une qualité gustative des vins produits. Pour conserver une certaine hétérogénéité le vigneron peut aussi choisir plusieurs types de clones pour un même cépage.

Encore mieux, pour les vignerons désireux de conserver le patrimoine génétique de leur domaine, sans pour autant prendre de risque sanitaire, certains pépiniéristes proposent désormais des prestations de sélection massale accompagnées des tests sanitaires.

Pour l’amateur, le fait qu’un vigneron mette en avant une sélection massale, peut être considéré comme un indice de qualité de son vin.

 

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  • Voir les commentaires (1)

  • Saby

    Super article, comme les autres de la rubrique « apprendre »!

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