Les noms à retenir dans le Roussillon : Marjorie et Stéphane Gallet du Roc des Anges

Roc des Anges vin Roussillon iDealwine Allocation de la Semaine

Marjorie Stéphane Gallet se sont vite fait un nom dans le Roussillon. Serait-ce grâce à leurs sublimes terroirs de schistes, à leurs vieux pieds de carignan et de grenache, à leurs vinifications justes et audacieuses ? Tout simplement à leur rigueur et à leur talent sans doute. Aussi, ne vous étonnez pas de trouver dans ses vins un éclat profond, une résonance subtile, peut-être même un petit supplément d’âme.

Les choix à la vigne et au chai font sonner juste les différentes cuvées de blanc et de rouge qu’elle élabore depuis 2001. A tout juste 23 ans, la jeune femme originaire de la Vienne (Condrieu et Côte-Rôtie) et habituée des grandes tablées familiales où le vin s’imposait, a sollicité quelques amis pour lui permettre de démarrer son projet : créer un domaine ex-nihilo et produire son vin. Quand elle est arrivée dans le Roussillon, elle a été frappée par cette « nature violente, à 200% » mais séduite par la diversité des terroirs.

Celui qu’elle a choisi, le Roc des Anges, est exposé plein nord, un critère très important dans cette région chaude. A l’origine de ce nom, une vigne de carignan plantée sur une veine de quartz. Un coteau au sol blanc, baptisé le « roc blanc », brille au milieu des schistes noirs. Ce sera l’éclat de Marjorie, sur qui les anges se sont certainement penchés.

A l’époque, il y a 10 hectares. Marjorie est seule. Des rachats successifs de petites parcelles çà et là et des plantations agrandissent le domaine à 25 hectares. Le vignoble du Roc des Anges se trouve en Catalogne, adossé au versant nord de la montagne de Força Réal. Les schistes tendres – en structure de feuillets en plan vertical, assurant à la vigne une alimentation régulière en eau – soutiennent les plants de carignans noir et blanc, les grenaches noir et gris, le maccabeu et la syrah. Le vignoble âgé – les vignes ont 70 ans en moyenne, certaines ont plus de cent ans – donne peu (17 hl/ha) mais toujours avec cœur.

Avant de se lancer dans l’aventure, Marjorie Gallet avait travaillé chez Gérard Gauby où, loin d’apprendre une technique, elle a peaufiné sa façon d’appréhender le vin. Une réflexion qui s’est imposée avec l’arrivée de son mari Stéphane en 2008. Ensemble, ils ont tâtonné, et surtout avancé, animés par l’intime conviction que « l’essentiel est dans la nature, le lieu donne son énergie au vin, la lumière du Roussillon éclaire mais ne brûle pas. » La culture biologique et biodynamique s’imposait donc.

Simplicité, logique, écoute sont à l’œuvre dans chaque geste. Les vins sont élevés en pièces bourguignonnes ou en cuves béton, selon leur caractère fruité ou au contraire plus serré. Ils sont à l’image de Marjorie, « mélange de force et d’élégance », confie-t-elle.

Avec le temps, le Roc des Anges est devenu une œuvre familiale. Originaire de Normandie, enfant de la nature qui a grandi sur son vélo, une canne à pêche à la main, affinant sa passion en aidant à la ferme voisine, Stéphane Gallet a rencontré sa future épouse à l’école d’agronomie de Montpellier. A cette époque, tous deux s’échappaient le week-end dans le Roussillon et découvraient ses vignes avec émerveillement. Plus tard, pendant que Marjorie développait le Roc des Anges, il faisait ses premières armes à Maury. Village pour lequel il a gardé une véritable attirance comme le prouve son acquisition de vignes destinées à la production du traditionnel vin doux naturel. Terres de Gagayra assoie donc officiellement le talent de ce « dernier grand professionnel des VDN qui ne soit pas à la retraite ou…mort. » (dixit Philippe Gayral, passionné de VDN qui a fait le choix de commercialiser ces vins rares et de les revendre en Asie et chez iDealwine).

Roc des Anges, ce qu’en pense le Guide Vert de La Revue du vin de France

Vignerons brillants et perfectionnistes, Marjorie et Stéphane Gallet travaillent ensemble depuis 2008 ; ils ont su imposer un ton très personnel à leur production, issue d’une majorité de vieux grenaches et carignans. Le domaine est désormais certifié en agriculture biologique et en biodynamie, et les vins ont acquis une finesse hors du commun. Si la cuvée 1903 (100 % carignan) a beaucoup contribué à la notoriété du domaine, Iglesia Vella (grenache gris de 60 ans) et L’Oca (macabeu sur schistes et argiles) en blanc s’affirment désormais au même niveau. La gamme s’est étoffée de nouveaux vins époustouflants (Chamane, muscat d’altitude sur schistes, Imalaya, carignan gris sur granit…). La montée en puissance du domaine est impressionnante ; elle s’accompagne d’une certaine forme de radicalité stylistique dans laquelle nous ne nous retrouvons plus. Sous prétexte de pureté et de tranchant, trop de cuvées confinent à la maigreur. Nous enlevons donc une étoile en espérant que ce signal pousse les vignerons à insuffler davantage de chair et de plaisir dans leurs créations.

Les vins : déjà goûtés l’an dernier, les blancs 2015 confirment leur pureté « d’eau de roche », avec des parfums vibrants, parfois sublimes (le muscat sec Chamane), mais des matières allant du très svelte à l’éthique, qui laissent trop souvent place à des fins de bouche anguleuses et amères. Les rouges du même millésime compliquent encore la donne par des tanins pas assez mûrs pour être aussi sollicités qu’ils l’ont été. Si l’énergie vitale de certaine cuvées (Segna de Cor, Reliefs) emporte l’adhésion, d’autres, comme Les Trabassères, butent sur une amertume végétale qui raidit toute la matière et rend leur propos vraiment difficile à comprendre (et encore plus à aimer). Dans un millésime potentiellement généreux comme 2015, ce parti pris peut surprendre. Regoûté cette année, le rancio sous voile Cioran apporte une très intéressante diversion, nettement plus solaire, tout aussi pénétrante mais sans chercher coûte que coûte à « la jouer septentrional ». Convenons que la proposition stylistique des vignerons a le mérite d’être claire et assumée, elle est en tout cas techniquement très maîtrisée. Libre à chacun d’y adhérer ou non, d’être touché ou gêné. De la beauté diaphane qui subjugue à la maigreur rachitique dont on a pitié, il n’y a parfois que l’épaisseur d’un cil.

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IGP Côtes Catalanes Astérolide du Roc des Anges (rouge)

Ce monocépage de mourvèdre est une cuvée parcellaire produite en quelques centaines d’exemplaires seulement. Cultivé selon des principes biologiques et biodynamiques, il se livre à travers des notes sauvages bien mûres. Sa belle structure tannique gagne en sagesse au fil du temps et lui confère un bon potentiel de garde. Appréciez la puissance aromatique et gustative de ce vin avec des mets de caractère.

IGP Côtes Catalanes Australe du Roc des Anges (rouge)

Réalisée à partir de serine- une vieille variété de syrah- cette cuvée se caractérise par une culture biodynamique sur des sols de schistes et d’argile, des tanins fins et veloutés ainsi qu’un bon potentiel de garde. Attention, elle est produite en quantité limitée.

IGP Côtes Catalanes Reliefs du Roc des Anges (rouge)

Cultivés selon des principes biodynamiques, carignan, grenache et syrah proviennent de sols d’argile et de schistes anciens. Les raisins ont été vinifiés en grappes entières et ont fermenté en cuve béton avant que le vin ne soit élevé en foudre et en cuve béton pendant 9 mois. Voilà pourquoi son nez et sa bouche sont empreints de notes fruitées et minérales. Sa trame tannique bien assise gagne en sagesse avec le temps. Vous l’aurez compris, ce vin est taillé pour la garde et se mariera parfaitement avec des mets de caractère.

IGP Côtes Catalanes Iglesia Vella du Roc des Anges (blanc)

Iglesia Vella signifie « vieille église » en catalan car la parcelle est située à côté de l’ancienne église du village. Ce vin monocépage (grenache gris) se caractérise par sa minéralité, expression des schistes sur lesquels les vignes sont plantées.

IGP Côtes Catalanes L’Oca du Roc des Anges (blanc)

Cette cuvée est un pur maccabeu issu de vignes âgées d’une soixantaine d’années cultivées sur des sols de schistes, d’argile rouge et de fer. Cette variété géologique offre au vin une complexité remarquable. Celui-ci a été élevé en vieux fûts de 500 litres afin de se doter d’une belle matière sans que ses arômes frais et fruités ne soit altérés par ceux du bois. On apprécie ainsi la gourmandise de ses notes fruitées, sa finale longue et saline ainsi que sa capacité à se marier avec de beaux mets gastronomiques.

IGP Côtes Catalanes Les Trabassères du Roc des Anges (rouge)

Ce 100% carignan a été cultivé selon des principes biodynamiques sur des sols de schistes anciens riches en argile et en silice. Il a fermenté en cuves béton et été élevé 8 mois en foudres. Voici pourquoi, à la dégustation, sa robe rubis intense délivre des notes de fruits frais, de fleurs intenses comme la violette. En bouche, on apprécie sa concentration, sa puissance et la souplesse de ses tanins. Particulièrement persistant, il se mariera à merveille avec des mets de caractère comme du gibier.

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