Jean-Marie Guffens-Heynen, l’orfèvre du Mâconnais

Domaine-Guffens-HeynenRéputé parmi les meilleurs vinificateurs de chardonnay, l’emblématique Jean-Marie Guffens a réussi à porter son petit domaine de Vergisson sur le podium des vins du Mâconnais, entrainant avec lui toute l’appellation dans sa success-story. Zoom sur ce domaine en or et petit entretien avec l’iconique Jean-Marie Guffens.

C’est au milieu des années 1970 que Maine et Jean-Marie Guffens-Heynen quittent leur Flandre natale pour s’installer en Bourgogne afin d’apprendre le français et découvrir le vin. Cette année d’étude en France (beaux-arts pour Maine, théâtre et architecture pour Jean-Marie) finira par les détourner de leur objectif initial, puisqu’ils laissèrent de côté leurs velléités artistiques pour se réorienter vers  l’école de viticulture de Mâcon pour Jean-Marie, pendant que Maine travaillait chez différents vignerons du coin. Seulement trois après (en 1979), ils acquièrent déjà leurs premières parcelles de vigne sur les hauteurs de Pierreclos.

Domaine-Guffens-Heynen-Jean-Marie

Aujourd’hui, le vignoble s’étend sur 5,3 hectares sur les coteaux de Pierreclos, Vergisson et Davayé. Les vignes sont travaillées naturellement, sans aucun traitement chimique, et les raisins sont récoltés manuellement, à parfaite maturité (souvent en plusieurs tries). Au chai, le pressurage est doux, les fermentations naturelles (levures indigènes), l’élevage des vins se fait sur lies et les vins ne sont pas filtrés. Une démarche finalement simple et naturelle, peu interventionniste, qui a porté ses fruits puisque les vins du domaine Guffens-Heynen ont acquis une solide réputation pour leur pureté, leur précision, leur générosité, leur tension et leur minéralité. Ils sont très recherchés et difficiles à se procurer, du fait de la faible production.

Personnage haut en couleur, Jean-Marie Guffens-Heynen ne s’est pas seulement illustré dans le Mâconnais, puisqu’il possède également le domaine des Tourettes dans le Lubéron (depuis 1997) et même dans le Sauternais, avec le château Closiot, acquis en 2017.

Le domaine Guffens-Heynen est aujourd’hui LA référence des grands vins du Mâconnais, il est passé maître dans l’art du chardonnay, devenant le fer de lance de la région, dont il a grandement contribué à redorer le blason. Respectés de tous, encensés par les critiques et ardemment recherchés par les amateurs, les vins de Jean-Marie Guffens se distinguent par leur qualité qui n’est plus à prouver…

Jean-Marie Guffens : « mon leitmotiv est de permettre au vin de devenir ce qu’il est déjà »

« A l’image du fameux « Deviens ce que tu es » de Nietzche, le leitmotiv qui me guide est de permettre au vin de devenir ce qu’il est déjà, c’est-à-dire lui permettre d’exprimer au mieux ses qualités intrinsèques (celles des raisins, des sols…), faire ressortir ce qui existe déjà naturellement. C’est finalement ça le secret : l’art d’exceller en exprimant ce que l’on a déjà et rien de plus. Je ne suis pas terroiriste pour autant, je pense que le rôle de l’homme est primordial, mais la difficulté est justement de ne pas se trop se laisser influencer par ce que l’on voudrait que le vin devienne, résister à ce qu’il nous semble nécessaire pour ne pas trop marquer le vin. Et exprimer la quintessence de ce qu’il y a dans le vin, et rien d’autre, est plus facile à dire qu’à faire ! »

« La concentration est pour moi l’apanage des grands vins »

 » J’aime les vins très concentrés, et je trouve que c’est cette qualité qui fait la grandeur d’un vin, la puissance, la longueur. Le problème, c’est qu’avec la concentration, tout devient plus compliqué car elle renforce les défauts du vin. Il faut donc être d’autant plus exigeant et vigilant. L’excellence nécessite beaucoup d’efforts ! Pour atteindre un bon niveau de concentration, il faut avoir de très faibles rendements, de l’ordre de 33hl/ha, et aussi procéder à un pressurage vertical délicat. Il faut ensuite n’utiliser que les premiers jus, de sorte à ne garder que le meilleur. Le danger est que la concentration apporte des défauts comme l’oxydation. A part cela, je n’ai pas vraiment de secret de vinification. J’élève généralement mes vins durant 8 mois en fûts (environ 25% de bois neuf), et 8 mois en cuve béton. Mais pour moi, le bois n’est qu’un cadre autour du tableau : il est là pour souligner la beauté du tableau, mais un beau cadre ne remplacera jamais une belle toile ! Je conseille d’ailleurs de déguster mes vins après 10 ou 15 ans de garde, lorsque le bois est bien fondu, et que le vin atteint une grande complexité, une certaine plénitude, c’est à ce moment-là que le terroir ressort. »

Jean-Marie Guffens et Jean-Michel Deiss, lors d’une dégustation privée iDealwine, au Grand Tasting 2015

Le millésime 2016 au domaine Guffens-Heynen :

En 2016, le vignoble du domaine Guffens a été touché par un gros épisode de grêle au mois d’avril, avant de connaître une fin de printemps et un début d’été secs et ensoleillés jusqu’à la mi-octobre, permettant une très bonne maturation des raisins. Les vignes touchées par la grêle ont produit très peu de raisins, et ont été vendangées plus tôt, tandis que pour les autres parcelles, au contraire, la récolte a été repoussée au maximum pour obtenir les meilleures maturités possibles, et ce fût un beau succès pour les vendanges tardives.

Les vins du domaine Guffens-Heynen  :

Le mâcon-Pierreclos En Crazy provient de jeunes vignes de Chavigne, ainsi que des presses des autres cuvées, donnant une cuvée séduisante et gourmande, avec une certaine richesse et une agréable minéralité. Elle se déguste très bien avec des entrées de jambon persillé, des volailles à la crème ou des fromages de chèvre. Le nez est élégant, avec des arômes de fruits blancs et de fruits exotiques, ainsi que de légères notes épicées. La bouche révèle une grande minéralité, de la puissance et de la richesse, et une superbe longueur.

Chavigne, c’est une parcelle de 4,5 hectares, un terroir à part, des coteaux abrupts et de la caillasse. Jean-Marie Guffens en possède 3,5 hectares, plantés de vignes de 10 à 80 ans, exposées sud-ouest. Une parcelle qui se confond avec l’appellation Mâcon-Pierreclos, dernière enclave avant le Beaujolais, les ultimes cailloux avant les terres brunes, marquée de la mémoire du poète Lamartine, né à 2 Km de là et qui chérissait déjà ces « champs de vignes ». C’est sur ces derniers substrats argilo-calcaires que les vins puisent leur minéralité, et se forgent cette enveloppe affûtée que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Les vins y sont riches, consistants et de très belle longueur.

La cuvée Mâcon-Pierreclos Tri de Chavigne est issue des parcelles les plus hautes des coteaux et de vendanges relativement tardives, effectuées en plusieurs tris successifs, ce qui donne un vin riche, concentré, riche et frais, au bouquet marqué par des notes d’agrumes, de pêche blanche et de miel. En bouche s’affirme un équilibre et une harmonie remarquables.

Cette cuvée est un assemblage de jeunes vignes plantées en 2003 sur un terroir très pauvre et caillouteux (nommé Juliette), donnant des rendements très faibles, et des très vieilles vignes du domaine – d’où le nom de la cuvée. Cela donne un vin extrêmement concentré, à l’acidité élevée, à la bouche très pure. Un vin « hors normes » selon les mots de Jean-Marie Guffens (dans le bon sens du terme !).

La Cuvée Unique témoigne de la qualité du terroir de Saint-Véran, une cuvée qui porte bien son nom avec un chardonnay digne des grands blancs beaunois. Au nez, les arômes fruités sont très présents (pêche, abricot), des touches beurrées qui signent un élevage vraiment judicieux, subtil. Le palais affiche une grande ampleur, de la fraîcheur et un beau volume. Ce vin s’accorde à merveille avec les viandes blanches (volailles crémées, rôti de veau).

Sur le millésime 2016, cette cuvée est d’autant plus unique du fait de sa production quasi-inexistante (du fait de la grêle). Par ce rendement très bas, ce vin est très riche et rappelle les 2015.

Le pouilly-fuissé C.C revêt une robe or clair. Le nez livre des arômes fruités (agrumes, fruits à chair blanche, fruits exotiques selon l’opulence du millésime) ainsi que des notes florales. La bouche dévoile des saveurs épicées qui se marient harmonieusement avec le fruité. Ce vin se distingue également par une belle acidité minérale.

Le pouilly-fuissé – Tris des Hauts des Vignes livre des arômes de fruits blancs (pêche, poire), de fruits jaunes (mirabelle) et de fleurs blanches avec des notes minérales. En bouche, les arômes se concentrent autour des fruits à chair blanche, alliés à beaucoup de fraîcheur, de vivacité et de minéralité ; l’ensemble est très équilibré. Ce vin dispose d’un bon potentiel de garde.

Le domaine Guffens-Heynen, ce qu’en disent les guides :

* La Revue du vin de France (trois étoiles /3)

Un des meilleurs vins de France est produit par un couple de Belges, Maine et Jean-Marie Guffens-Heynen, qui sont venus s’installer dans le mâconnais en 1976. Après des études en architecture et en théâtre, Jean-Marie Guffens-Heynen se lance dans une formation viticole au lycée de Davayé, pendant que Maine travaille chez les vignerons du village. Ils deviennent ensuite régisseurs d’un petit domaine, avant de décider en 1979 de voler de leurs propres ailes en achetant des parcelles à Pierreclos. Aujourd’hui le domaine possède notamment des vignes en Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Mâcon-Villages et Pierreclos (3,3 hectares). Jean-Marie Guffens-Heynen est aussi négociant à travers la maison Verget. Les vins du domaine Guffens-Heynen font le ravissement des amateurs de blancs. Principalement vendus à l’export, ils sont difficiles à trouver, notamment le Mâcon 1er Jus de Chavigne et le Pouilly-Fuissé C. C.

Guide Vert

Doté d’un caractère bien trempé, Jean-Marie Guffens maîtrise mieux que tous l’art de vinifier et sublimer le chardonnay. On lui doit d’avoir révélé le potentiel des meilleurs terroirs du Mâconnais et développé l’intérêt à leur égard. Ses grands vins font l’unanimité, traversent le temps. Une « success-story », débutée en 1979. Déguster une des cuvées élaborées par cet artiste-vigneron hors norme constitue toujours un grand moment. Il partage son temps entre les vinifications haute-couture de ce domaine qui l’a fait connaître et sa magnifique propriété du Château des Tourettes, à quelques kilomètres d’Apt, dans le Luberon. Il y réalise depuis 1997, avec l’aide de son épouse Maine, une gamme accessible de vins de cépages mais aussi d’assemblages aux noms originaux qui rencontrent un franc succès. Les bouteilles sont rares, les visites au domaine Guffens-Heynens ; les amateurs peuvent toutefois tenter d’acquérir une caisse panachée pour découvrir un panel de quelques cuvées.

Les vins : le domaine nous a proposé un trio de premiers jus des 2015. Le mâcon-pierreclos 1er Jus de Chavigne correspond au premier jus du pressoir Coquard, élevé en fût 18 mois avec 25 % de bois neuf. Puissance, boisé toasté-grillé avenant, précision, pureté : il est remarquablement vinifié. La bouche est généreuse, minérale, ample. Aucun autre mâcon ne peut rivaliser. Le saint-véran offre de l’amplitude, un boisé précis, complété d’un relief acidulé inouï, livrant, la puissance et la quintessence d’un chardonnay hors du commun. Un grand vin qui vieillira merveilleusement bien, dépassant de loin les standards de l’appellation.

* bettane+desseauve (cinq étoiles /5)

Jean-Marie Guffens est un artiste capable de produire un « simple » mâcon digne des plus beaux vins de la Côte d’Or, sans adhérer au système « terroir-caisse ».

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A lire également dans le blog d’iDealwine :

Jean-Marie Guffens s’installe dans le Sauternais

Jean-Marie Guffens : « Je bois du blanc avec presque tout ! »

 

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