Allocation de la semaine | Secrets d’une transmission familiale au Clos Naudin

Vouvray Clos Naudin iDealwine

A Vouvray, un domaine familial fait des émules depuis sa reprise dans les années 1980 par Philippe Foreau. Nous nous sommes entretenus avec lui afin d’en savoir plus sur son travail et sa passion qu’il transmet aujourd’hui à son fils Vincent. On vous raconte.

Mû par cette idée qu’il ne pouvait mettre un terme à l’œuvre de son grand-père et de ses parents, Philippe Foreau fut le seul de sa fratrie à se lancer dans l’aventure en reprenant le domaine viticole familial en 1980. Etude de viticulture en poche, cet amoureux des vins du domaine sait que du travail l’attend. Mais rien n’effraie ce jeune homme de l’époque doté d’un talent inné pour la dégustation et les accords gastronomiques.

En créant le Clos Naudin au début du 20ème siècle, son grand-père avait acquit de belles parcelles aux sols d’argile et de silex baptisés « perruches ». Un trésor inestimable puisque le silex offre aux vins un grande tension ainsi que des notes fumées, épicées et safranées. Quant à l’argile, celui-ci possède un grand pouvoir de rétention d’eau, évitant ainsi tout stress hydrique aux vignes. Ceci, couplé à la lutte d’un enherbement concurrentiel et un travail des sols nécessaire au bon enracinement des vignes confèrent une complexité unique aux grains de chenin.

Toutefois, malgré cette éthique, Philippe Foreau ne recherche pas la certification bio. Il l’avoue sans peine : le climat et le terroir peuvent être capricieux. Les intempéries lessivent les produits bio et les sols deviennent si boueux que l’on s’y enfonce jusqu’à mi-bottes. « Je dois préserver mon vignoble et mon personnel », conclue-t-il.

Son personnel, parlons-en. Aujourd’hui, cinq personnes s’activent au travail des sols, à la commercialisation et à la comptabilité. Un nombre conséquent pour seulement 12 hectares de surface cultivés qui œuvre à la même quête. Celle de produire un vin de caractère, persistant, digeste, harmonieux et prodiguant une émotion. Pour cela, les rendements sont maîtrisés à 35 hl/ha, les malolactiques sont évitées afin de préserver la tension, la sapidité et le pouvoir de garde des cuvées. Certains sceptiques s’y sont frottés : le vin n’avait pas perdu de sa fraîcheur, même après 15 ans de cave. Philippe Foreau nous met toutefois en garde : « Si vous percevez une fatigue dans mes vins (les secs sont beaux à partir de la 7ème année et les botrytisés jusqu’à leurs 40 ans) c’est que, soit l’année était pluvieuse, soit les conditions de conservation étaient défectueuses. »

Le vigneron qui, au cours de sa vie, a connu bien des mutations (des vins qui ont gagné en finesse, en pureté et en longueur grâce à la réduction de sulfite ; des vendanges plus exigeantes que celles des anciens qui ont connu les privations de la guerre et ne jetaient pas les mauvaises baies ; le changement du parc à barriques et la suppression des insecticides en 2004) transmet à son tour son savoir et sa passion à son fils Vincent. L’avenir nous dira si les vins du jeune homme racontent aussi bien les efforts, les sacrifices et l’amour du métier que ceux de ses prédécesseurs.

En attendant cette heure amateurs impatients, n’hésitez pas à faire main basse sur les vins du Clos Naudin en vente sur iDealwine

 

Les vins du Clos Naudin en vente sur iDealwine

Vouvray Sec 2016

Le Vouvray sec est une cuvée d’une grande fraîcheur qui s’associe à merveille avec les saveurs iodées. Elle est élevée en fûts (avec 5% de bois neuf). Elle présente une robe pâle et un nez frais, aux arômes citronnés et minéraux. La bouche est également portée par la fraîcheur, la pureté.

Vouvray Demi-Sec 2016

Ce demi-sec issu du terroir des Perruches offre à la dégustation des arômes d’agrumes (pamplemousse, orange sanguine). Le vin se distingue par une belle fraîcheur et une remarquable longueur en bouche.

Vouvray Goutte d’Or 2011

La cuvée d’exception La Goutte d’Or a été produite uniquement en 1947 et en 1990 et désormais 2011 et 2015, il s’agit d’un des vins les plus rares et mythiques au monde. Elle est élaborée dans les millésimes exceptionnels, quand la richesse en sucres des raisins, botrytisés, est inouïe. Le 1990 donnait 320 g de sucres naturels. Tous les raisins sont issus d’une seule parcelle, sans tri. A la dégustation, elle offre des arômes de fruits blanc et de coing, ainsi qu’une bouche d’une finesse sans égal, fraîche, aux sucres parfaitement intégrés, la matière est aérienne et la longueur exceptionnelle. Un vin d’exception.

Clos Naudin, ce qu’en pensent les guides

Guide Vert de La Revue du Vin de France – 3* sur 3

Les grands vins ont en commun avec les riches esprits de vous rendre intelligent. Ainsi, en dégustant les vouvrays de Philippe Foreau, tout devient clair, lisible dans le chenin ; ce qui est complexe est aussi gourmand, ce qui est bien mûr reste en conséquence tendu, ce qui est précocement bon se confirme et s’amplifie au cours des décennies. Purs, longs en bouche, d’une persistance proverbiale, les vouvrays du Clos Naudin ont la régularité d’un métronome, et ce n’est pas le moindre des compliments quand on connaît les variations du climat ligérien. Les perruches (sols d’argiles à silex) donnent de la typicité aux vins du domaine, tout aussi à l’aise dans les sucres que dans les secs ; même les effervescents sont élaborés avec un soin extrême. Le style de ces vouvrays est souvent assez riche, plus baroque qu’au domaine Huet, et pas moins puissant dans les persistances de bouche. Tous conviennent admirablement à la gastronomie. Philippe Foreau passe désormais les rênes à son fils, Vincent. Une nouvelle page du domaine mythique s’ouvre.

Bettane + Desseauve 2019 – 3 étoiles sur 5

A la tête d’un vignoble de 12 hectares, Philippe Foreau est l’une des figures mythiques de Vouvray. Une grande dégustation depuis 2010 jusqu’au mythique 1921 donne un aperçu des vins grandioses produits sur la propriété. Les vins souvent d’une pureté extraordinaire font apercevoir des finales vibrantes sur les zestes d’agrumes. Attention, jeunes, ils peuvent paraître hermétiques mais dans le temps, ils gagnent toujours en raffinement. Ce sont des vins qu’il faut cadrer dans leur perspective essentielle : la table.

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