Languedoc : Alain Chabanon, discret, mais talentueux !

Chabanon

Depuis près de vingt ans, Alain Chabanon trace modestement son sillon dans les beaux terroirs du Languedoc autour de Montpeyroux. Sans rechercher les feux de la notoriété, il produit pourtant des vins au sommet de la région dans un style frais et digeste qui ne renie pourtant pas un joli caractère languedocien.

Fils d’enseignants, Alain Chabanon n’était a priori pas spécialement destiné à devenir un des grands vignerons du Languedoc, même si son père lui a fait partager son goût pour le bon vin. Après son bac il s’oriente vers des études supérieures agricoles (Enita de Bordeaux et Agro à Montpellier) puis le hasard lui fait rencontrer Alain Brumont, le célèbre vigneron de Madiran (Château Montus et Château Bouscassé). Il travaille à ses côtés pendant deux ans et il apprend ainsi le métier de viticulteur à bonne école. De retour en Languedoc, sa terre natale, à la fin des années 80, Alain Chabanon achète ses premières parcelles de vigne entre Jonquières et Montpeyroux et vinifie son premier millésime en 1992. Très vite, à partir de 1995, il acquiert une belle notoriété, tant en France qu’à l’étranger. Le domaine se développe rapidement pour atteindre la vingtaine d’hectares d’aujourd’hui, et les cuvées se multiplient.

Situé au pied du plateau du Larzac, le vignoble est équitablement réparti sur le territoire de cinq communes (Jonquières, St André, Lagamas, St Saturnin et Montpeyroux). Cette disposition permet de profiter d’un grand nombre de micro-climats et de différents types de sols. Un atout bien utile sur les millésimes difficiles…

Les terroirs du domaine très bien adaptés à la culture de la vigne : des sols arides et caillouteux situés sur les contreforts du plateau calcaire du Larzac, des hivers froids et des étés chauds encadrés par des printemps et des automnes doux. La Tramontane, fréquente au printemps, est un vent de nord-ouest dont la fraicheur et la sécheresse sont les meilleurs traitements contre les maladies de la vigne, en particulier le mildiou.

Tout le vignoble est cultivé en bio et les sols sont intégralement labourés. Le domaine est certifié par Ecocert et depuis 2011 il a obtenu la certification biodynamique Demeter. Il faut ajouter que le domaine n’a jamais recours à un apport d’engrais, qu’il soit chimique bien sûr ou même organique. Alain Chabanon pense que la vigne ne doit puiser sa nourriture que dans la minéralité du sol lui-même, même si cela implique évidemment des rendements faibles !

Pour déterminer la date des vendanges, dans les semaines précédant le mois de septembre, l’équipe effectue des visites de chaque parcelle pour estimer cette fameuse date. L’observation de la végétation et des baies, la « dégustation » des pépins et de la peau des raisins aident à y parvenir. Les raisins sont vendangés à la main et uniquement entre 7h et midi, même pour les rouges, pour profiter de la fraicheur matinale. Ensuite, ils sont transportés à la cave dans de petites cagettes , entièrement ajourées. L’élimination des éléments indésirables s’effectue alors durant l’après-midi grâce à un passage sur une table de tri. La méthode de vinification est variable en fonction de nombreux critères, parmi lesquels les plus importants sont la qualité du millésime et le cépage considéré. Pour la fermentation de ses vins, le domaine n’utilise jamais de levures industrielles et préfère faire appel à celles qui vivent naturellement sur la peau des raisins. Les vins sont ensuite élevés généralement assez longuement en cuve ou en bois. Le domaine est référencé dans 14 restaurants trois étoiles Michelin en France, dans 16 deux étoiles et 41 une étoile.

Campredon

Alain Chabanon a un style à lui, d’une élégance folle, qui évoque parfois le bordelais, mais dans une gamme aromatique très sudiste. Cette droiture et cette fraicheur se marieront facilement à tous les types de viandes grillées ou rôties, particulièrement le bœuf, le canard et l’agneau. C’est un vin qui, avec son style frais, ne craint pas d’affronter une viande un peu grasse.

A boire sans précipitation sur les cinq ans à venir.

Syrah 50%, grenache 35%, mourvèdre 15%

Esprit de Font Caude

Quel équilibre en bouche ! On a à la fois une matière dense, mûre, avec de la mâche et une sensation presque aérienne de fraicheur qui donne à ce vin une facilité incroyable à être bu malgré sa matière pleine et dense. La classe ! Déjà prêt à boire avec ses cinq ans et ses arômes qui laissent percer quelques petites traces d’évolution bien sympathiques. Très beau vin de gastronomie avec une belle longueur en bouche.

Encore une fois, la “patte” d’Alain Chabanon fait merveille pour produire des vins d’une remarquable fraicheur malgré leur densité, un style qui évoque forcément le bordelais dans ses meilleurs côtés, c’est à dire avec une facilité à être bus et une digestibilité remarquables… Une belle découverte pour notre comité de dégustation. Servir à 16°.

A boire sans se presser sur les sept ans à venir.

Syrah 50%, mourvèdre 50%.

Ce qu’en disent les guides 

Guide RVF des meilleurs vins de France 2015 (2/3)

Anticonformiste, exigeant et réservé, Alain Chabanon a fait ses classes chez Alain Brumont (château Montus) à Madiran, mais aussi en Corse avant d’installer sa cave à Montpeyroux en 1992. Nous devons nous incliner devant l’étendue et la qualité du travail accompli ici, tant à la vigne (viticulture saine, petits rendements), qu’en cave – élevages longs, jusqu’à trente mois sur les grandes cuvées. Peu de domaines de la région offrent une gamme aussi aboutie et précise. Nous saluons également la capacité de vieillissement des vins, qui n’a que peu d’équivalent. Toujours en décalage de un à deux millésimes avec la production régionale, l’ensemble de la gamme se distingue par sa race et son originalité, ce qui place le domaine parmi l’élite de la région. 

Languedoc Montpeyroux l’Esprit de Font Caude 2009 14/20

Languedoc Campredon 2012 16,5/20

Coteaux du Languedoc  Saut de Côte 2008 17,5/20

IGP Pays d’Oc Le Petit Merle Aux Alouettes 2012 15,5/20

IGP Pays d’Oc Trélans 2010 16/20

Robert Parker

Montpellier-born, though raised deep in France’s Massif Central, Alain Chabanon farms well over 100 acres of vines on his eponymous estate, still widely – but since 2008 no longer officially – known as the Domaine Font Caude, which was founded in 1992 and moved into its current facilities between Lagamas and Montpeyroux in 1999. Chabanon – who cites Alain Brumont of Madiran and Comte Peraldi of Corsica as two profound influences – practices elevages of widely varying length but generally very late release. He never regulates the temperature of his ferments, even for whites. (“The course of fermentation is not for me to decide.”) He farms organically but rejects any use whatsoever of compost. “It’s worked for twenty years!” he says several times during our session with reference to one or another of these unusual practices. Chabanon’s planting of Merlot predates the classification of his parcels as Coteaux du Languedoc, but it is clear that his affection for this grape guarantees its continuance at this address. He was inspired to plant (and graft-over existing vines) to Mourvedre after tasting Laurent Vaille’s results with this grape in 1992. Chabanon’s time in Corsica explains his interest in Vermentino; but he also answered for me the mystery of so much Chenin Blanc around Saint- Saturnin. It seems that the local cooperative hit on this as a novelty thirty years ago. “You can harvest late and ripe, yet retain refreshing acidity and low pH,” says Chabanon of both of his chosen white cepages.

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La nouvelle classification des vins du Languedoc confirmée pour 2011

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Le vin bio et la France : une grande histoire d’amour

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