Gel de printemps : la Loire et la Bourgogne durement touchées

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© Keystone/Gian Ehrenzeller

S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan définitif, l’épisode tant redouté du gel de printemps n’a pas épargné le nord de la Bourgogne ainsi que les appellations ligériennes de Chinon, Bourgueil et Saint Nicolas de Bourgueil. Premier état des lieux.

C’était une crainte des vignerons face à la douceur de l’hiver et l’apparition précoce des bourgeons. Cette crainte s’est avérée justifiée : le gel de printemps a durement touché certaines parties du vignoble français, notamment au Nord, mais pas uniquement.

Dans la Loire, les appellations de Chinon, Bourgueil et Saint Nicolas de Bourgueil ont connu un épisode de gel comparable à celui de 1994, voire de 1991 (année où la quasi-totalité de la récolte avait été perdue). Dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 avril, les températures sont descendues jusqu’à -6°C alors que les vignes étaient en plein « débourrage », c’est-à-dire que les bourgeons étaient en cours d’éclosion… autrement dit, un moment extrêmement critique pour affronter un tel phénomène. Près de la moitié de la récolte pourrait être menacée, selon Jean-Martin Dutour, viticulteur et président du syndicat de Chinon. La situation s’annonce compliquée pour les producteurs, d’autant que les petits volumes des millésimes précédents ne leur avaient pas tellement permis de se constituer des stocks de « secours »…

La Bourgogne non plus n’a pas été épargnée. A Chablis, on luttait comme on pouvait avec la technique de l’arrosage, voire l’installation de bougies par certains vignerons. Le gel a touché jusqu’à la Côte Chalonnaise, en passant par plusieurs appellations prestigieuses de la Côte de Beaune et de la Côte de Nuits. Le BIVB (interprofession bourguignonne) a souligné la rare ampleur géographique du phénomène, touchant les plaines comme les coteaux. La nuit suivante c’est même le Mâconnais, au Sud, qui a été atteint par ces gelées.  Bien qu’il soit encore trop tôt pour dresser un bilan définitif, certaines parcelles pourraient être touchées jusqu’à 80%, selon le BIVB.

La maison Joseph Drouhin, l’un des plus grands noms de la Bourgogne, a publié un communiqué faisant le point sur son vignoble. Les vignes de chardonnays notamment, étaient encore très fragiles et sensibles aux températures nocturnes négatives, d’autant plus en cas de forte humidité. « Le secteur de Meursault, Chassagne et Puligny est assez touché, le chardonnay étant plus précoce », rapporte la maison. « A Chablis, probablement 20% du vignoble est affecté malgré les protections de gel qui ont été mises en place ». Le constat est varié sur les rouges, notamment en Côte d’Or où « la colline de Corton et les Chambertin ont plutôt mieux tenu. En revanche, le secteur de Chambolle est lui plus affecté avec des pertes importantes ». Seule bonne nouvelle : le Clos des Mouches, en blanc comme en rouge, a été épargné et ne présente que de faibles dégâts.

Enfin, c’est le Sud de la France qui par endroits a également souffert de ce gel de printemps. Le secteur de l’Aude a été sévèrement endommagé avec, dans le Cabardès et les Corbières des parcelles touchées jusqu’à 100%. Reste à voir si certains bourgeons secondaires pourront donner une nouvelle génération pour assurer la récolte… Enfin, les Coteaux Varois et Côtes de Provence, qui n’avaient pas connu de gel depuis une dizaine d’années, ont constaté des dégâts plus localisés, certes, mais pouvant atteindre 50 à 60%.

Un dicton dans le vignoble dit que « quand la Saint-Urbain est passée, le vigneron est rassuré ». Celle-ci tombant le 25 mai cette année, on croise les doigts avec nos vignerons d’ici là …

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