Comment évoluera le goût du vin avec le changement climatique ?

Alors que vient de se tenir la troisième conférence à Marbella sur le changement climatique et le vin (13 et 14 avril 2011), une question maintes fois étudiée, reste en suspens : en 2050 quel sera impact des évolutions climatologiques sur la viticulture?

Nous n’avons pas encore les conclusions de la conférence. Très certainement, lors de ce congrès, Kofi Annan a dû tenter de convaincre les divers acteurs du monde viti-vinicoles d’adopter des mesures protectrices durables et rationnelles pour l’environnement.

D’autres acteurs étaient également présents, et notamment Nicolas Joly (précurseur de la biodynamie dans son vignoble de la Coulée de Serrant, à Savennières ) Alfonso de Salas(Cofondateur du journal El mundo) ou encore Claude Bourguignon (microbiologiste des sols).

Leurs interventions portaient sur les enjeux et conséquences du réchauffement climatique sur la vigne et sa culture. Cette conférence m’interpelle, et je me suis prise à réfléchir sur ce thème. Les questions fusent :

Lorsque l’on sait que l’ensoleillement a un effet direct sur la concentration d’alcool dans le vin, nous pouvons nous demander jusqu’à quel taux celui-ci restera acceptable, avant que le vin ne passe dans la catégorie des spiritueux ?

Quel effet les changements climatiques auront-ils sur les techniques de vinification ? Lorsque l’on sait que le temps de maturation des raisins a été réduit de plus d’un mois en 50 ans, les vendanges de septembre (en France) se généraliseront-elles progressivement au mois d’août ?

Les traitements pesticides seront-ils intensifiés pour prévenir le risque de botrytis plus précoce ?

Sur le terroir en lui-même, à l’heure où la migration des peuples est en marche, celle des cépages se prépare. D’après Joël Rochard, de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, le climat serait susceptible de se déplacer de 160 kilomètres vers le nord pour une augmentation de 1°C de la température.

Le pinot noir sera-t-il cultivé dans les pays scandinaves ? Et la disparition du vignoble Bordelais : pure fiction ou risque réel ? Les Pays-Bas ou L’Angleterre, dont certains vignobles comme le Denbies commencent à être reconnu, deviendront-ils d’importants producteurs de vin ?

Comment évolueront l’odorat et le goût, bref l’essence même du vin, sachant que l’acidité sera réduite? Le riesling aura-t-il toujours ces arômes floraux ?

Je souris en pensant au cinsault que j’aime tant (très résistant à la sécheresse) : il gagnera peut-être ses lettres de noblesse et développera un arôme encore plus prononcé de framboise…

Ce congrès n’aura peut-être pas eu la prétention de répondre à toutes ces questions. Mais c’est en y réfléchissant et en accordant nos pensées que nous serons susceptibles d’agir en conséquence et de préserver notre environnement et nos richesses.

En savoir plus sur les travaux de la vigne et la vinfication

 

 

Alfonso de Salas
Claude et Lydia Bourguignon
Denbies Vineyard

 

 

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