Dégustation : “Domaines Familiaux de Tradition” à Paris, le must de la Bourgogne !

vignoble de Bourgogne

Dans le quotidien d’un professionnel du vin, il y a des rendez-vous qui ne se manquent pas. La dégustation annuelle des “Domaines Familiaux de Tradition” en fait incontestablement partie. Une occasion quasi unique de goûter les plus grands bourgognes, de ceux que les amateurs du monde entier s’arrachent sur iDealwine…

Petit changement de décor cette année avec les salons de l’hôtel Bristol à Paris en lieu et place de ceux du restaurant Ledoyen. Mais l’essentiel ne change pas : les domaines présents sont ce qui se fait de mieux en Bourgogne. Jugez plutôt : Marquis d’Angerville, Bonneau du Martray, Bruno Clair, Joseph Drouhin, Henri Gouges, Jean Grivot, Michel Lafarge, Comtes Lafon, Leflaive, Méo-Camuzet, Hubert de Montille, Pierre Morey, Jacques-Frederic Mugnier, Raveneau, Georges Roumier, Armand Rousseau et Trapet Père et Fils pour ne citer que les plus emblématiques. Il s’agit tout simplement de l’occasion unique de l’année pour goûter, par exemple, une gorgée de Chambertin de Rousseau suivie d ‘une gorgée de Musigny de Mugnier. Il y a des jours comme ça…

Faisons un peu les difficiles pour commencer en regrettant que les conditions de dégustation ne soient pas tout à fait à la hauteur de tels nectars. Températures de service souvent trop élevées – rien n’est véritablement prévu pour les ajuster – et crachoirs souvent peu accessibles (même s’il est parfois difficile de recracher certains vins !). Pour le reste, c’est à dire l’essentiel, rien à redire !

Le principe de cette dégustation est de présenter trois à quatre vins par domaine, mais obligatoirement tous issus d’un même millésime pour l’ensemble des vignerons présents. Cette année il s’agissait de 2011. Une opportunité unique pour se faire une bonne idée des caractéristiques du millésime présenté.

Cela ne surprendra personne quand on dira que 2011 n’est pas tout à fait au même niveau qualitatif de l’excellent 2009 et de l’exceptionnel 2010, tant en blanc qu’en rouge. Par rapport à ces deux grands millésimes, 2011 souffre parfois d’une maturité pas tout à fait accomplie mais surtout d’un manque de “niaque” qui rend les vins souvent un peu ternes, faciles d’accès mais manquant d’énergie. Rien de dramatique (on n’est pas du tout sur les mêmes tendances que 2004) mais il faut reconnaître que passer après 2009 et 2010 est un exercice délicat…

Heureusement, ici on a à faire avec l’élite de la Bourgogne et l’ensemble des vins se présentait quand même à un très bon niveau. A notre avis quelques bouteilles ou domaines se goûtaient particulièrement bien ce jour-là. Dans l’ordre d’apparition dans notre verre :

Joseph Drouhin : un Chambolle-Musigny d’un rare premier cru, “Baudes, avec une belle intensité juteuse, beaucoup de goût, une finale saline minérale, très bien vinifié avec des tannins soyeux et un Beaune 1er cru Clos des Mouches blanc d’une belle profondeur de matière, joli gras maîtrisé, de la puissance mais de la buvabilité. A noter au passage le style plus pur et plus minéral (moins “beaunois”) des chablis de Drouhin-Vaudon).

Armand Rousseau : évidemment, comme il se doit, une approche en délicatesse du pinot noir, déjà superbe dans le Gevrey 1er cru Lavaux Saint-Jacques et, cela coule de source, dans le Chambertin, mais ce jour-là le vin qui se goûtait le mieux était le Gevrey 1er cru Clos Saint-Jacques, une bombe de fruit très complexe avec des notes presque orientales et une densité de jus absolument confondante…

Bruno Clair : une très belle gamme dans l’ensemble avec une vinification en délicatesse qui met en avant un fruit net et pur que ce soit sur le Marsannay “Grasses Têtes”, le Gevrey 1er cru Clos de Fonteny, le Gevrey-Chambertin 1er cru Clos Saint-Jacques et surtout sur le Chambertin Clos de Bèze, au fruit particulièrement goûteux dans un style en finesse tout à fait craquant !

Mugnier : que dire de plus sinon que l’on produit ici l’archétype du pinot noir bourguignon, infusé plus qu’extrait, toujours dans la délicatesse du fruit quel que soit le millésime, d’un élevage exemplaire, totalement intégré et jamais en avant. Tous les vins possèdent une texture en bouche incroyablement agréable, douce et veloutée, d’une finesse de tannins exceptionnelle, d’un goût franc et net et, osons le dire pour de tels vins, d’une buvabilité hors norme ! Le Nuits-Saint-Georges 1er cru Clos de la Maréchale est plus marqué Chambolle que Nuits, tout en finesse, sans aucune rugosité de tannin comme on en rencontre bien souvent sur cette appellation, le Chambolle  1er cru Les Fuées, tout en délicatesse soyeuse et un Musigny qui est encore un peu “rentré” en lui-même, mais quelle puissance sous-jacente et quel potentiel ! Une longueur épicée interminable, une corbeille de fruits rouges bien mûrs, une finale délicatement florale sur la pivoine et les fleurs rouges. Magnifique !

Georges Roumier : en général un style un peu plus appuyé que chez son voisin Mugnier, légèrement plus “carré”, des matières un peu plus resserrées, plus difficiles à aborder dans l’extrême jeunesse des vins, mais au potentiel évident au vieillissement. Derrière ce côté serré de la matière on sent des jus délicats aux tannins soyeux et qui donnent l’impression d’avoir besoin d’air et de temps pour se détendre. Les deux vins de Chambolle-Musigny, que ce soit le Village ou le 1er cru les Cras se présentaient assez ouverts ce jour-là et plutôt délicats avec de jolis tannins soyeux

Lafarge : un vrai style traditionnel qui ne fait pas dans la séduction immédiate et qui parfois divise les amateurs, mais une personnalité affirmée. L’Aligoté Raisins Dorés est éclatant de fruit, des raisins très mûrs et des notes presque exotiques au nez et surtout en bouche. Le Volnay générique est bien dans le style du domaine, peu démonstratif, mais sur une finesse de tannins exemplaires et une très belle fraicheur. Un vin de repas qui donne faim ! Le Volnay Clos des Chênes est dans le même style, mais un cran nettement au-dessus en termes de densité de matière et de puissance potentielle. Il évoque un bouton qui va éclore dans quelques années. Une finesse de texture séduisante et des notes d’un joli végétal floral très agréables en finale.

Gouges : le style évolue clairement depuis quelques années, vers des vins plus abordables qu’autrefois dans leur jeunesse. On garde le côté très terrien de Nuits-Saint-Georges, mais avec plus de finesse et de délicatesse qu’auparavant. C’est particulièrement vrai sur les Pruliers au nez très fruité et délicat, à la bouche dynamique, très vibrante, pleine d’énergie et sur les Vaucrains, peut-être un peu plus réservé, mais à la matière fraiche et particulièrement goûteuse, finissant sur une belle fraicheur qui met en appétit !

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