Carte postale d’été (1) : Trimbach, le riesling en majesté

Domaine-Trimbach
© Domaine Trimbach

C’est au cœur de l’Alsace que nous vous emmenons, plus précisément dans la vallée de Ribeauvillé où Hannah, notre ancienne stagiaire a pu découvrir un monument de la région : la maison Trimbach, l’un des plus anciens domaines d’Alsace. Découvrons ensemble sa première carte postale de vacances.

Installé depuis 1626 dans la vallée, Trimbach est l’un de ces noms qui a contribué et qui contribue toujours à la renommée de cette magnifique région. Ainsi, il a été l’un des précurseurs dans le commerce du vin avec les autres régions de France mais aussi avec les grandes villes étrangères. Aujourd’hui, 91% de la production du domaine est exporté et ce sont les États-Unis, clients historiques du domaine, qui représentent le plus gros marché. Au fil des millésimes, le domaine a pris de l’ampleur et recouvre désormais 53 hectares en propre ; il en exploite une centaine en négoce. Les vignerons avec lesquels le domaine travaille pour cette partie négoce sont de fidèles partenaires dont la collaboration est sans faille depuis de nombreuses années avec notamment un cahier des charges très précis. A la vigne, l’exploitation est d’ailleurs en bio certifié même si la maison ne le revendique pas. Il n’y a que sur les flacons en partance pour la Scandinavie que vous pourrez retrouver le label sur les étiquettes.

Le riesling, cépage roi

Depuis toujours la maison Trimbach met l’accent sur le riesling qu’elle élève en majesté dans ses cuvées les plus prestigieuses. De ce fait, le riesling représente plus de la moitié de l’encépagement du domaine. Ce cépage est roi car il est, pour la famille Trimbach, le fidèle messager des terroirs et de leur grandeur. La vallée de Ribeauvillé s’est construite sur deux failles calcaires, l’une jurassique et l’autre de muschelkalk. Ainsi, les rieslings de la maison Trimbach suivent tous la même ligne directrice, racés, droits et toujours secs. Il s’agit là de la véritable identité du domaine qui perdure au fil des millésimes, de génération en génération. La qualité a toujours été le maître mot dans le travail des Trimbach et c’est ainsi que la cuvée Frédéric Émile a vu le jour. Suite à une recherche constante sur les terroirs et un travail précis, une parcelle avait été identifiée pour élaborer un très grand vin. Cette démarche a été reconnue immédiatement car la cuvée Frédéric Émile, véritable emblème de la maison s’est retrouvée sur toutes les plus grandes tables du monde. En 1975, l’INAO cadastre les grands crus et détermine que les vignes de la cuvée Frédéric Émile sont à cheval sur deux grands crus de Ribeauvillé, Osterberg et Geisberg. La famille Trimbach avait saisi la beauté de ces deux grands terroirs complémentaires. C’est donc pour cette raison que la maison continue de vinifier cette cuvée et renonce à revendiquer l’appellation Grand Cru sur l’étiquette. De la même façon, le Clos Sainte-Hune autre cuvée emblématique signée Trimbach, n’est pas indiqué Grand Cru malgré le fait qu’il soit situé sur le Grand Cru Rosacker. Il s’agit du plus vieux clos d’Alsace dont le premier millésime est le 1919. Cette cuvée est très recherchée par les amateurs car elle est produite en petites quantités et est un monument d’élégance et de raffinement en Alsace.

Trimbach-Osterberg-et-geisberg-(Cuvée-Frédéric-Emile)

Trimbach-Machine-à-filtration

Après avoir quitté les vignes, préparez-vous à pénétrer dans la cave de l’un des domaines les plus iconique d’Alsace. Ici, les vendanges sont pressées dans des pressoirs pneumatiques, et, par gravité les jus descendent dans les cuves en inox pour la fermentation alcoolique. Tous les vins sont vinifiés en foudre, ces énormes tonneaux en bois de chêne de très grandes contenances. Ces foudres sont gardés d’un millésime sur l’autre car c’est la micro-oxygénation (et non le goût boisé) qui est recherchée. Le vin est d’ailleurs très peu en contact avec le bois car il est recouvert de couches tartriques. Certains foudres sont là depuis des dizaines voire une centaine d’années pour certains. Afin de contrôler les températures lors des élevages, un système de drapeau se situe à l’intérieur des foudres pour maintenir des températures aux alentours d’une dizaine de degrés. Le vin est ensuite filtré avec une machine très perfectionnée qui est également utilisé par le domaine de la Romanée Conti. Hannah a également eu la chance d’accéder à la partie stockage du domaine où elle a pu s’émerveiller devant les flacons anciens de Trimbach, l’héritage du domaine. Dans ce dédale de souterrains, 3 millions de bouteilles sont stockées car chaque année, une partie des flacons produits est précieusement conservée.

Vieux-millésimes-Trimbach

Suite à cette visite complète, une dizaine de vins a été dégusté, retour sur nos impressions :

Muscat Réserve personnelle 2018

Paré d’une robe cristalline, ce vin dévoile un nez exubérant de raisin frais rehaussé par des notes de citronnelle. En bouche, la matière est juteuse et l’ensemble vif.

Riesling 2017 (négoce)

Voici l’archétype d’un riesling : des arômes d’agrumes (citron) et d’hydrocarbure émanent de notre verre. L’attaque est vive et l’on retrouve les arômes de citron déjà présents au nez. La tension et la minéralité, signature du domaine, ne manquent pas et en sont la véritable colonne vertébrale du vin. La finale est saline.

Riesling Réserve 2017

Ce riesling est composé à 20% du grand cru Kirchberg de Ribeauvillé dont le sol est composé de calcaires du jurassique. Cela se ressent directement avec ses notes fines et minérales, presque « caillouteuses ». Ces dernières s’accompagnent de notes d’agrumes. A la dégustation, l’attaque est vive, le vin droit avec des touches de citron et d’épices. La finale est assez courte et saline.

Riesling Sélection Vieilles Vignes 2016

Cette sélection vieilles vignes est réalisée à partir de 40% du grand cru Rosacker. Le nez est frais, délicat avec des arômes de citron. En bouche, le vin est pulpeux, un peu plus rond car 2016 est un millésime extraordinaire, ce qui se ressent dans le verre. Il s’agit d’un vin équilibré entre la tension et la rondeur, un vrai coup de cœur !

Cuvée M 2015 (change de nom avec le millésime 2016= Alsace GC Mandelberg)

Voici un vin printanier aux notes florales, véritable délicatesse. A la dégustation, le vin est d’un équilibre parfait avec de la rondeur et de la gourmandise, le tout soutenu par une belle trame acide. La finale dévoile des arômes de sureau et de fleur d’oranger. Un régal, produit malheureusement en très faibles quantités…

Alsace Grand Cru Schlossberg 2016

De ce grand cru émane un nez complexe et gourmand où s’entremêlent les notes citronnées et gourmandes, presque beurrées. En bouche, le vin est doté d’une belle vivacité contrebalancée par des arômes beurrés là encore. On est bien là sur un terroir ou le granit domine. La finale est sublime, tout en fraîcheur. Un vin que l’on peut faire vieillir quelques années pour en apprécier pleinement toutes les subtilités.

Cuvée Frédéric Émile 2011

Un vin fin précis et élégant aux arômes intenses de fruits murs et d’acacia avec des touches d’hydrocarbure. L’équilibre est parfait entre l’acidité et le sucre (3 grammes de sucres résiduels sur le 2011, car un peu de botrytis avec l’été indien) et le tout est soutenu par une tension fabuleuse. Cela en fait un vin d’une grande pureté.

Cuvée Frédéric Émile 2007

Dégusté après 12 ans de garde, ce 2007 ne perd rien de sa superbe et a encore de belles années devant lui. La tension et la fraîcheur emblématique de cette cuvée sont toujours présentes avec une finale ronde et saline à la fois. L’équilibre parfait est toujours présent.

Clos Sainte-Hune 2013

Nez avec des arômes de bonbon acidulé et de fleurs. En bouche, on retrouve une trame acide mais fine qui est accompagné de notes de grillé et de beurré. Un vin élégant qui doit attendre plusieurs années afin d’en exprimer toute la complexité.

Cuvée Frédéric Émile 1995

Paré d’une robe dorée aux reflets ambrés, on retrouve les senteurs familières du riesling ainsi que des notes légèrement oxydatives de grillé et de miel. La bouche est d’abord ronde, avec un milieu de bouche aux notes épicées. Puis, l’acidité et la fraîcheur reviennent en bouche. Les sensations sont complexes et agréables. Un vin plein de surprises qui accompagnera parfaitement les mets les plus raffinés comme un poulet aux morilles ou un turbot poché à la béarnaise.

Voir tous les vins en vente du domaine.

 

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