Un champagne vieux de 170 ans, ça a quel goût ?

© Veuve Clicquot

Les bouteilles de champagne de la mer Baltique – vieilles de 170 ans – retrouvées en 2010 ont été goûtées et analysées par des scientifiques. Les résultats sont riches d’enseignements grâce à l’excellent état de conservation des flacons.

Souvenez-vous, en juillet 2010, cent soixante-huit bouteilles avaient été retrouvées près d’une épave au large des îles Åaland, en mer Baltique, à 55 mètres de profondeur. A l’époque, la découverte avait fait le tour du monde, tant est si bien qu’elle avait inspiré un certain nombre de maisons1 (voir photo). La cargaison était composée de bouteilles signées Juglar (ancienne maison de champagne passée dans le giron de Jacquesson & Fils depuis 1829), Veuve Clicquot Ponsardin et, pour quelques-unes, Heidsieck.

Lundi 20 avril, les analyses de ses bouteilles ont été publiées. Les travaux de recherche étaient menés par Philippe Jeandet (professeur de biochimie alimentaire de l’unité de recherche vignes et vins de Champagne de l’université de Reims) et Philippe Schmitt-Kopplin (université de Munich). Leurs conclusions soulignent le fait que ces champagnes étaient très bien préservés et qu’ils « ont conservé les caractères intrinsèques des vins de Champagne en termes d’alcool, de sucres, d’arômes, d’acides organiques, de glycérol ».

La qualité de ces champagnes était déjà connue suite aux différentes dégustations qui ont eu lieux, mais des analyses plus poussées s’étaient avérées nécessaires afin d’étudier la composition exacte ainsi que le procédé de fabrication de ces champagnes datant du milieux du XIXe siècle – les plus vieux champagnes conservés à ce jour -.

Pour mener à bien leurs analyses, les scientifiques ont eu un échantillon de deux millilitres de ce précieux nectar et seuls 100 micro litres – environ deux gouttes – ont été dégustés par Philippe Jeandet. Selon lui, « C’était un très beau vin, c’était impressionnant. J’ai gardé l’arôme longtemps dans la bouche. Il avait un goût de tabac et de cuir« . Les œnologues qui ont dégusté davantage d’échantillons ont souligné sa fraîcheur et ses notes fleurales et fruitées. Les analyses chimiques quant à elles, ont révélé une assez grande similitude avec la composition des champagnes contemporains. Ainsi, la teneur en acide acétique2 n’était que légèrement supérieure à celles d’aujourd’hui ; les quantités de cuivre étaient également un peu plus élevées qu’aujourd’hui (sulfitage des vignes). Concernant le degré d’alcool, la différence est tout de même notable avec une moyenne de 9,5° pour ces vieux champagnes (contre environ 12,5° aujourd’hui). Enfin, comme nous le savons bien, les anciens champagnes étaient beaucoup plus sucrés (ici, environ 150 g de sucre par litre), en accord avec les goûts de l’époque – le premier champagne brut de l’histoire, signé Pommery, ne datant que de 1874 -.

Rappelons qu’en juin 2011 lors d’une vente aux enchères organisée à Mariehamn, capitale des îles d’Åland, une bouteille de Veuve Clicquot et une bouteille de Juglar de ce lot avaient été adjugées respectivement à 30 000 et 24 000 euros. Et qui sait, peut-être verrons-nous un jour l’une de ces bouteilles sur les ventes aux enchères d’iDealwine !

 

1  Les maisons Veuve Clicquot et Drappier ont fait l’expérience d’immerger des bouteilles en mer pour comparer le vieillissement des vins.

2  Acide volatil présent dans le vin et responsable du goût acide et de l’odeur piquante

 

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  • Voir les commentaires (1)

  • Fanny Raymond

    Incroyable histoire que celle de ces bouteilles, peu de personnes malheureusement pourront y gouter…

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