Maladies-vigne reconnaitre et traiter les maladies

Mildiou, oïdium, phylloxéra… Ces noms de maladies vous disent sans doute quelque chose… Mais savez-vous de quoi il s’agit, comment les reconnaître et comment les traiter ? Reprenons ensemble les bases !

Sommaire

  1. Le mildiou (Plasmopara viticola)
  2. L’oïdium (Erysiphe necator)
  3. Le phylloxéra (Daktulosphaira vitifoliae)
  4. La pourriture grise (Botrytis cinerea)
  5. L’esca
  6. La flavescence dorée
  7. Le court noué
  8. Le black-rot
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1. Le mildiou (Plasmopara viticola)

Il s’agit sans doute là de la maladie de la vigne la plus connue et parmi les plus fréquentes. Cette maladie fongique – ou cryptogamique, c’est-à-dire causée par la présence d’un champignon – ne s’attaque pas uniquement à la vigne : elle peut aussi bien toucher les tomates ou les pommes de terre par exemple. Originaire d’Amérique, cette maladie arrive en Europe en 1878 et elle est désormais présente partout dans le monde. Elle peut générer d’importants dégâts dans la vigne, mais se soigne.

Causes

L’humidité est la principale cause de cette maladie, véhiculée par le vent ou les éclaboussures lorsque la température dépasse 11°C. Elle est provoquée par des oomycètes, des algues-champignons microscopiques.

Quels sont les symptômes du mildiou sur la vigne ?

Le mildiou attaque les feuilles de la vigne, leur provoquant des taches brunes ou blanches, une sorte de moisissure à la texture cotonneuse. Si la maladie progresse trop, elle peut faire pourrir les feuilles, voire tout le pied de vigne, les rameaux, les baies.

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Traitement

La bouillie bordelaise est le traitement le plus connu pour lutter contre le mildiou (mélange de sulfate de cuivre, de chaux grasse et d’eau) : le cuivre empêche la germination des spores de mildiou. Depuis quelques années, certains vignerons soucieux de l’environnement essaient d’autres remèdes contre le mildiou, comme l’utilisation de lait écrémé, qui semble être une solution prometteuse, mais aussi l’utilisation de champignons spécifiques qui inhibent la croissance des oomycètes (l’agent pathogène responsable du mildiou).

2. L’oïdium (Erysiphe necator)

Il s’agit là-aussi d’une maladie due à un champignon microscopique, originaire d’Amérique du Nord, qui arrive en Europe au milieu du XIXe siècle (1845).  En France, elle est surtout présente dans la zone du pourtour méditerranéen et touche tous les vignobles, y compris septentrionaux, sans doute à cause du réchauffement climatique. Cette maladie diminue la récolte de manière plus ou moins importante des rendements selon l’étendue et modifie également négativement les qualités organoleptiques du vin (arômes désagréables, amertume, astringence…).

Causes

C’est un champignon qui cause l’oïdium : l’Uncinula necator, aussi appelé Erysiphe necator. Cette maladie peut se développer lorsque le climat est chaud et humide, particulièrement en mai-juin. Elle touche particulièrement les jeunes pousses.

Quels sont les symptômes de l’oïdium sur la vigne ?

La maladie peut s’attaquer à toutes les parties vivantes de la vigne (feuilles, grappes, rameaux), qu’elle recouvre d’une sorte de poussière blanche ou grise, un peu similaire au mildiou et un noircissement des nervures ; lorsqu’elle touche les baies, la maladie se manifeste par une poussière grise qui les recouvre puis les baies finissent par éclater. La contamination des feuilles altère la photosynthèse, ce qui réduit la vigueur de la plante.

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Traitement

En traitement préventif, on peut limiter la vigueur de la plante (travaux en vert…) et lorsque la maladie est là, il faut traiter avec du soufre (fongicide).

3. Le phylloxéra (Daktulosphaira vitifoliae)

Cette maladie rappelle évidemment les cours d’histoire – du fait de la grande crise du phylloxéra qui a décimé le vignoble européen dans la 2e moitié du XIXe siècle (à partir de 1861). C’est un insecte qui la provoque, un puceron ravageur qui parasite la vigne, originaire des Etats-Unis. Il s’agit d’une maladie très grave, mortelle pour la vigne, qui a failli décimer le vignoble européen au XIXe siècle. Le problème a toutefois été « réglé » en recourant à des porte-greffes américains, résistants à la maladie.

Causes

L’insecte s’attaque aux racines de la vigne en les piquant, ce qui créé des infections à cause de la salive toxique des insectes pour la plante et le pourrissement des racines et, in fine, la mort du cep en trois ans.

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Quels sont les symptômes du phylloxéra sur la vigne ?

L’insecte, responsable de cette maladie en attaquant les racines, touche également les feuilles de vigne et provoque un jaunissement de ces dernières ainsi qu’une sorte de galle sur la partie inférieure. Ce sont surtout les racines qui sont les plus touchées, la maladie provoquant des nodosités et de tubérosités, bosses, irrégularités et nécrose.

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Traitement

Historiquement, lors de la crise phylloxérique, les pieds de vigne français ont été greffés sur des porte-greffes américains résistants à la maladie. Il n’y a pas vraiment de traitement en dehors de cette solution, même si de très nombreux autres remèdes ont été testés. A noter tout de même que les sols sablonneux ne sont pas sujets au phylloxéra, ce qui permet à certaines vignes de rester franc de pied.

4. La pourriture grise (Botrytis cinerea)

Tantôt maladie redoutée, tantôt miracle de la vi(gn)e lorsqu’on recherche la pourriture noble dans le sauternais par exemple, le botrytis cinerea est le fait d’un champignon. Il touche la vigne, mais aussi d’autres végétaux comme les tomates ou les fraises par exemple. C’est une maladie très ancienne, connue depuis l’Antiquité et elle fait partie des maladies cryptogamiques les plus fréquentes pour la vigne. Elle diminue les rendements puisqu’elle fait pourrir les baies.

Causes

Ce champignon se développe avec l’humidité et des températures généralement comprises entre 16 et 25°, ainsi que la présence proche de source d’eau. Les blessures de la plante accroissent le risque de contamination (coupure, taille…).

Quels sont les symptômes de la pourriture grise sur la vigne ?

Si toutes les parties de la vigne à l’exception des racines peuvent être touchées, cette maladie s’attaque en prédilection aux fruits, qui se recouvrent d’une sorte de pourriture grise et finissent par se flétrir, les baies pourrissent et brunissent et certaines tombent au sol. Cette maladie est surtout visible à partir de la véraison. Aux autres stades de développement de la vigne, la maladie peut aussi dessécher les bourgeons, provoquer la coulure des fleurs et le dépérissement des feuilles.

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Traitement

La lutte contre la pourriture grise allie actions prophylactiques et traitements curatifs. Pour ce qui du préventif, cela passe par exemple par un enherbement contrôlé (parfois uniquement dans l’entre-rangs pour réduire l’humidité sous le pied de vigne), un effeuillage précoce et modéré pour aérer les grappes et une réduction des apports d’azote. Pour le reste, les traitements actuels sont essentiellement chimiques : il s’agit là encore de la bouillie bordelaise. L’utilisation d’organismes vivants (bactéries, champignons…) et celle des stimulateurs naturels de la vigne est à également à l’essai. Le traitement curatif consiste à limiter les dégâts et la prolifération de la maladie : les grappes atteintes doivent être coupées.

5. L’esca

Cette maladie due à un champignon parasitaire s’attaque au bois de la vigne. C’est l’une des maladies de la vigne les plus anciennes – elle était déjà d’actualité à l’époque romaine. Il s’agit d’une maladie de plus en plus présente.

Causes

Cette maladie est causée par des champignons à dissémination aérienne. Elle attaque la plante en pénétrant les bois via les plaies de la taille ou du rognage (plaies récentes), notamment lors des hivers doux et humides. De manière générale, les éléments propices au développement de la maladie sont la chaleur, l’humidité et l’absence d’oxygène.

Quels sont les symptômes de l’esca sur la vigne ?

Le champignon attaque le bois de la vigne de l’intérieur, le rendant mou et spongieux et le parant d’une couleur jaunâtre. Les baies et les feuilles se dessèchent et des bandes brunes peuvent apparaître sur les feuilles le long des nervures.

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Traitement

Il semblerait que La méthode de taille de la vigne Guyot Poussard permette de lutter contre la prolifération de la maladie. Également, le curetage est utilisé et semble prometteur : il s’agit d’enlever les parties du cep atteinte à l’aide d’une petite tronçonneuse – une sorte d’opération chirurgicale pour retirer une tumeur en somme ! Mais bien souvent, par simplicité, les vignerons préfèrent arracher et replanter.

6. La flavescence dorée

La flavescence dorée est une maladie grave de la vigne, observée en France depuis les années 1950. D’abord localisée dans le sud de la France, elle finit par toucher tout le vignoble. Les pertes de récoltes peuvent être très importantes, voire totales et à terme, le pied de vigne malade finit par dépérir.

Causes

C’est un phytoplasme (bactérie sans paroi cellulaire) qui en est la cause : transporté par les cicadelles (insecte suceur qui se nourrit de la sève des végétaux) et se développe dans la vigne.

Quels sont les symptômes de la flavescence dorée sur la vigne ?

Cette maladie appartenant aux jaunisses du vin peut facilement être confondue avec d’autres. Le feuillage change de couleur (rougissement ou jaunissement selon les cépages) avec l’apparition de la maladie, les feuilles s’enroulent sur elles-mêmes qui peut aussi flétrir les baies. Malheureusement, les symptômes ne sont pas visibles tout de suite, mais plutôt une ou plusieurs années après le début de l’infection.

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Traitement

En France, la lutte contre la flavescence dorée est obligatoire et réglementée depuis 2001. Les modalités de lutte sont définies chaque année au niveau départemental par arrêté préfectoral. Les ceps contaminés doivent être arrachés au plus vite et détruits par le feu – si plus de 20% des pieds d’une parcelle sont atteints, c’est toute la parcelle qui doit subir ce sort ; le vigneron doit aussi lutter via des insecticides contre la cicadelle ; enfin, les pieds utilisés doivent être traités à l’eau chaude.

7. Le court noué

Le court noué est une maladie grave virale de la vigne. Elle s’est développée dans tous les vignobles du monde après la crise du phylloxéra.

Causes

Cette maladie est causée par un virus (en France le GFLV – Grapevine Fan Leaf Virus – ou plus rarement l’ArMV – Arabic Mosaïc Virus) lui-même transmis par le nématode (vers parasite) Xiphinema index qui pique les racines de la vigne pour s’en nourrir. Les sols les plus favorables au développement de ces nématodes sont les sols argileux, à l’inverse des sols sableux qui ne permettent pas leur développement.

Quels sont les symptômes du court noué sur la vigne ?

Cette maladie se manifeste par des anomalies de couleur (jaunissement) et de forme (asymétries, feuilles doubles ou irrégulièrement découpées ou avec une indentation plus marquée, excroissances sur la face intérieure…) des feuilles de la vigne, mais aussi des anomalies du bois (raccourcissement des entre-nœuds, nombreux bourgeons secondaires, double-nœuds…). La maladie peut aussi entraîner coulure et millerandage (avortement partiel du raisin). Les vignes malades produisent moins du fait de leur affaiblissement. Sur le long terme, le court noué fait dépérir la vigne et cette maladie est incurable. Notons que les symptômes et leur intensité sont très variables selon les cépages et les secteurs, ce qui rend parfois difficile l’identification de la maladie ; il convient donc de doubler l’observation des symptômes d’une méthode sérologique ou un indexage biologique par exemple.

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Traitement

Il n’existe pas de traitement curatif contre le court-noué, on ne peut qu’agir en préventif ou limiter les dégâts sur ses parcelles en arrachant les pieds malades. Pour un arrachage efficace, il faut commencer par les dévitaliser (les traiter avec un herbicide systémique, comme le glyphosate), extirper un maximum de racines, laisser reposer les sols contaminés de 7 à 10 ans avant de replanter et éliminer les repousses de vigne sur ces parcelles au repos et enfin utiliser un nouveau matériel végétal sain et certifié. D’autres solutions moins nocives pour l’environnement que l’utilisation d’herbicides sont à l’essai comme l’utilisation de plantes à effet nématicide, de la résistance naturelle de certains cépages comme le riesling…
Les nématodes peuvent survivre pendant encore plusieurs années après l’arrachage des vignes, se nourrissant des bouts de racines restant dans le sol. Ils peuvent même rentrer en quiescence et ne pas se nourrir durant plus de cinq ans, puis de se réactiver si les conditions lui sont plus favorables.

8. Le black-rot ou pourriture noire (Guignardia bidwellii)

Cette maladie cryptogamique de la vigne est originaire de l’est de l’Amérique du Nord ; elle fût importée en France via l’importation de boutures (qui servaient à la reconstitution du vignoble européen après la grande crise du phylloxéra) et identifiée vers 1885. La maladie s’est rependue en Amérique, Europe et Asie. En France, il sévit surtout dans le Sud-Ouest et l’Ouest. Ce n’est pas considéré comme une maladie grave, mais elle peut tout de même causer des dégâts non négligeables sur le vignoble et un impact négatif sur les qualités organoleptiques du vin.

Causes

Cette maladie est causée par un champignon phytopathogène ascomycète : le Guignardia bidwellii. Elle sévit essentiellement à partir du redoux de printemps – le champignon étant actif dès 9°C et jusqu’à 32°C, avec un optimum entre 20 et 26°C – accompagné d’une bonne humidité. Le champignon se dissémine localement par le vent qui transporte les spores.

Quels sont les symptômes du black-rot sur la vigne ?

Cette maladie s’attaque à tous les organes verts de la vigne : grappes, feuilles et rameaux. Sur les feuilles, le black-rot se manifeste via des tâches brunes ou rouges de quelques millimètres avec des petites pustules noires brillantes. Les tâches et pustules peuvent aussi toucher les rameaux. Les baies atteintes prennent une teinte rougie, se flétrissent et se dessèchent.

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Traitement

S’il n’y a pas de traitement spécifique au black-rot, les traitements anti-mildiou ou anti-oïdium fonctionnent également sur cette maladie. Cela peut également être, pour des traitements bio, des préparations à base de cuivre et de soufre.

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