Château Maison Blanche : « culture sans nature n’est que ruine de l’homme »

C’est notre nouvelle allocation de la semaine ! On vous emmène à la découverte d’une pépite de la rive droite bordelaise : le château Maison Blanche. La famille Despagne y produit de beaux vins biodynamique, très peu soufrés et de longue garde. Notre équipe est fan !

Nous avons déjà eu l’occasion de vous parler du Château Grand Corbin Despagne, à Saint-Emilion. Cette pépite qui appartient à la même famille est exploité par Nicolas Despagne. On vous raconte son histoire ?

Situé en AOC Montagne-Saint-Émilion, le château Maison Blanche fut fondé à la fin du XIXe siècle par Marie Constant et son mari Octave Pineau (sous-préfet de la Vienne). C’est eux qui firent construire la belle maison en pierres blanches provenant de la Vienne (et qui tranchaient alors avec les pierres blondes du saint-émilionnais), ce qui donna son nom actuel au domaine : la Métairie du Château Petit Corbin devînt le Château de La Maison Blanche. En 1938, le domaine est racheté par Louis Rapin, qui l’agrandit, le restructure et rénove les bâtiments. La fille de Louis Rapin, Françoise Rapin, lui succède en 1972 et confia l’exploitation du domaine à son époux Gérard Despagne (propriétaire à Saint-Emilion, issu d’une famille de vignerons, solidement implanté dans la région depuis plus de 500 ans). Ce dernier fait construire un chai souterrain, une grande réserve et un immense chai à barriques.

Nicols Despagne : une ambition proche de la nature dès le départ

A partir de 1995, Gérard Despagne est rejoint par ses enfants. Nicolas Despagne, l’actuel propriétaire, commence à travailler au chai, après des études de droit de la vigne et du vin et une première expérience dans le négoce du vin. Il collabore avec son père durant une bonne dizaine d’années, même si leurs visions du vin et de la manière de le produire divergent assez nettement. Son frère, François Despagne, s’investit quant à lui dans le travail des vignes. Rapidement, Nicolas Despagne souhaite passer à l’agriculture biologique et même biodynamique. Il commence par supprimer le peu d’intrants qui étaient utilisés au chai. Dès que son père l’implique dans les vignes, à la fin des années 1990, il bannit les produits systémiques, pour ne conserver que les pénétrants et les produits de contact. A parti de 2000, il commence à vraiment imposer son style dans les vinifications et dès le millésime suivant, il est seul aux commandes pour cette partie. La même année, il commence à expérimenter la biodynamie sur deux hectares, pour la cuvée Louis Rapin (vignes plantées entre 1943 et 1955). Il poursuivra cet essai durant plusieurs années.

A partir du millésime 2005, il décide avec sa sœur Nathalie de passer intégralement en bio, au château Maison Blanche, mais aussi leur autre propriété La Rose Figeac ainsi que dans un autre domaine, vendu depuis. Il augmente également la part du vignoble cultivée en biodynamie : de deux hectares il passe à 11. Il commence à s’engager dans la certification bio en 2006 et l’obtient en 2009. Enfin, en 2011, c’est l’ensemble du domaine qu’il convertit à la biodynamie. Il demande (et obtient) la certification en 2013 (Demeter). C’est aussi l’année où sa sœur et lui séparent leurs activités : elle récupère La Rose Figeac et lui Maison Blanche. Leur frère François Despagne gère quant à lui le château Grand Corbin Despagne.

Nicolas Despagne

Ainsi, le passage effectif au bio et à la biodynamie s’est effectué progressivement et par petite touche, notamment parce que Nicolas Despagne ne décidait pas seul, mais on sent bien que l’idée germait depuis longtemps. Aujourd’hui, il cherche à résister, modestement et à son échelle, à l’agriculture conventionnelle. Pour lui, il ne s’agit ni de laisser faire la nature, ni de s’opposer à elle, mais bien de l’accompagner. Il reprend d’ailleurs à son compte la célèbre citation de Rabelais en la réadaptant : « Culture sans nature n’est que ruine de l’âme. »

Une viticulture et des vinifications exigeante, le plus naturelles possible

Le vignoble se trouve au sud-ouest de Montagne, sur des versants et un plateau aux sols argilo-sableux et argilo-calcaires. Le domaine compte 40 hectares d’un seul tenant, dont 32 de vignes avec un encépagement composé d’une majorité de cabernet franc (60%), complétée par du merlot (40%). Une partie des vignes est assez âgée, plantée entre 1943 et 1964. Le domaine met un point d’honneur à récolter les raisins au moment le plus juste, il ne recherche ni la légère sous-maturité, ni la sur-maturité, avec des rendements compris entre 25 et 45 hl/ ha. Comme beaucoup de vignerons, Nicolas Despagne trouve l’agriculture bio largement insuffisante -du fait notamment de l’autorisation de nombreux intrants, artifices et technologies -, il pratique donc une biodynamie poussée et sincère. En accord avec la biodynamie, sa vision de l’agriculture consiste à dire qu’il est nécessaire de se reconnecter à l’équilibre général, mêler les hommes, les animaux, les minéraux… « On a oublié le lien essentiel qu’on a à la terre, et ce manque d’humilité nous conduit dans une impasse, alors comme nous sommes reliés à la nature. » Il veille à recréer un certain équilibre. Comme dans la permaculture, le but est de ne pas traiter uniquement les conséquences d’un problème, mais toujours d’en chercher les causes et de recréer un micro environnement qui soit autonome. Le domaine suit également le calendrier biodynamique.

Il s’est également engagé dans une certification peu connue, le label Bio-Cohérence. Ce dernier va plus loin que le bio en intégrant l’obligation qu’une personne physique (le vigneron) soit détenteur de plus de la moitié du capital de l’exploitation, afin d’être réellement décisionnaire à la vigne et au chai, mais aussi l’obligation de consacrer au moins 10% de la surface du domaine à d’autres culture que la vigne (forêts…), ainsi qu’une obligation de résultat : celle de contenir moins de 5 μg / L de vin de résidus de pesticide de synthèse (par comparaison, 5 000 μg  sont autorisés pour les raisins, 10 μg  pour la nourriture pour bébé et 0,1 pour l’eau). Le domaine a ainsi réservé 8 hectares à la mise en œuvre de cette bio-diversité (ruisseaux, mares, jachères fleuries, rosiers, prairies, potager, arbres fruitiers, haies, sous-bois, Bois, abeilles, volailles, bovins…). Les seuls produits utilisés dans les vignes sont le soufre et le cuivre, en plus des traitements bio et des préparations biodynamiques spécifiques.

La philosophie de Nicolas Despagne consiste à produire des vins les plus naturels possibles, qui soient bons pour la santé et au maximum composés à 100% de raisins : « Nos vins sont vivants. Ils recèlent la force de la Nature que nous avons préservée, aussi bien que nous l’avons pu, de la terre à votre verre.« , peut-on lire sur la présentation du domaine. Il soutient d’ailleurs l’association européenne TOWA (Transparency for Organic wine Association) qui milite pour la transparence et la traçabilité sur les étiquettes du vin, afin que les consommateurs sachent réellement ce qu’il y a dans leur verre.

Nous avons dégusté les millésimes 2005, 2009, 2010, 2015 et 2016 de ce domaine et nous sommes tombés sous le charme ! Des vins fruités, puissants, aux tanins fins et élégants, avec une grande fraîcheur, de la densité et une belle longueur. On vous les recommande chaudement, d’autant que de grands vins de Bordeaux, biodynamiques et sains, à ce prix-là, ça ne court pas les rues !

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