Clos Rougeard : sa cote a explosé en quelques années

Rougeard 2Qui aurait pu croire il y a cinq ou six ans à peine qu’un rouge de Saumur-Champigny atteindrait aux enchères des prix bien supérieurs à de grands crus classés bordelais du niveau de Palmer, Figeac, Léoville Las Cases, Cos d’Estournel ou La Conseillante et même atteindre parfois celui d’un premier grand cru classé comme Mouton Rothschild ! Explications.

Curieux destin pour ce domaine ancestral aux mains d’une famille qui travaille la vigne depuis le 17e siècle, qui a toujours produit des vins d’inspiration « paysanne » et qui se retrouve aujourd’hui au même niveau que les plus grands châteaux bordelais, un univers à mille lieues du leur !

Pour avoir le début d’une explication, il faut avoir la chance de goûter régulièrement les vins produits par Charlie et Nady Foucault, les deux frères qui pilotent le domaine depuis plus de trente ans. Ainsi, lors d’une dégustation rassemblant les meilleurs vins de Saumur-Champigny sur le millésime 2005, on trouvait de nombreux bons vins, voire très bons et puis tout d’un coup un choc, une marche énorme : on vient de mettre en bouche Les Poyeux ou Le Bourg du Clos Rougeard… La sensation qu’on est dans un autre univers, voire une autre appellation : juste maturité, finesse incroyable du grain de tanin, précision absolue de la vinification, sensation d’une matière à la fois riche et merveilleusement étirée en longueur. Cela évoque à la fois la subtilité délicate d’un grand bourgogne et la densité d’un superbe cru de Saint-Emilion (plus tendance Ausone que Pavie). Bourg 2D’ailleurs en 1993, une grande dégustation à l’aveugle de pomerols 1990 fut organisée à Paris, réunissant les plus grands noms de l’appellation comme Petrus, Le Pin, La Conseillante ou Trotanoy, Les organisateurs avaient eu l’idée d’insérer dans le lot un « pirate » (toujours sur le millésime 1990), la cuvée Le Bourg du Clos Rougeard. A la stupéfaction de tous les dégustateurs, le vin arrivé en tête fut le saumur-champigny !

Comment expliquer le niveau atteint par les vins de ce domaine ? Sans doute avant tout par une viticulture extrêmement qualitative et ce depuis les années 1960 où ce n’était pas vraiment la règle. Un des frères Foucault en témoigne : « Dans les années 1960, quand notre père a vu débouler les désherbants et les pesticides, il a tout de suite compris le danger que cela représentait pour la santé et pour la vie des sols. Au début des années 1970, l’agriculture biologique n’était pas reconnue par le ministère et la plupart des vignerons nous prenaient pour des illuminés. Aujourd’hui, c’est l’inverse ! Quand vous les interrogez, tous les vignerons se réclament de l’agriculture biologique et même de la biodynamie, parce que c’est la mode. Nous, nous refusons d’avoir un label. Cela fait des siècles que nous travaillons de la même façon ! Nous ne voulons pas profiter de cet engouement pour le bio, notre priorité, c’est que les amateurs reconnaissent que nos vins sont bons. C’est tout. » Avec une telle durée de viticulture « propre » (leurs parcelles n’ont jamais vu la moindre goutte d’un produit chimique) rien d’étonnant à ce que les très vieilles vignes des Poyeux ou du Bourg expriment en toute liberté la complexité de leur terroir. Avec une telle qualité de raisin, les vinifications sont simples et sans interventions œnologiques particulières. Nady précise que « le but est d’obtenir des vins à la fois concentrés et fins. Et comme nous sommes paresseux, nous intervenons le moins possible au cours de la vinification. » Tous les vins ont droit à un élevage de deux ans au moins dans des caves troglodytes à 12° où les vins évoluent très lentement.

Poyeux 2Les Foucault produisent quatre cuvées. En rouge, toutes issues à 100% de cabernet franc, le cépage emblématique des rouges de la Loire, trois cuvées en appellation Saumur-Champigny : une appellation générique, sans précision de lieu-dit, Les Poyeux, un superbe terroir en pente douce, et Le Bourg, une parcelle de très vieilles vignes dans le village de Chacé où se situe le domaine. En blanc, en appellation Saumur, une cuvée Brézé, un lieu-dit très calcaire, le plus beau terroir de l’appellation pour les blancs (cépage chenin).

La qualité du travail des frères Foucault, tant dans les vignes qu’en cave est telle qu’il n’y a jamais de petit millésime chez eux. Leurs vins sont toujours loin devant tous les autres, même quand l’année est un peu délicate. Parmi les grandes réussites, bien entendu les 1989 et 1990, millésimes légendaires pour tous les vins rouges de Loire, 1995 et 1996 (plus solaire en 1995 et plus tendu pour le 1996), 2002, millésime peu réputé dans la Loire mais qui a donné ici des vins d’une finesse superlative (dans un style très Chambolle-Musigny du même millésime), 2003 (même si les puristes regrettent une touche un peu trop sudiste) et bien entendu le trio 2005, 2009 et 2010, ce dernier étant sans doute un des plus grands produits ici. Il va sans dire que les vins du domaine, particulièrement Les Poyeux et Le Bourg, peuvent se garder plusieurs dizaines d’années dans les bons millésimes. Les rares privilégiés qui sont reçus au domaine savent très bien que les frères Foucault adorent surprendre leurs visiteurs en sortant un 1947 ou un 1959 !

Breze 2

La qualité des vins produits se retrouve dans les cotes : le prix de la cuvée Le Bourg 1990 a subi une hausse exponentielle de ses cours. Ce vin est actuellement recherché par les amateurs français mais aussi européens. Plus récemment, les amateurs venus du marché américain ont eux aussi jeté leur dévolu sur les vins du Clos Rougeard et ce sont eux qui ont véritablement fait exploser les prix.

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Cote iDealwine du Saumur-Champigny Le Bourg 1990 – Clos Rougeard

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La tendance est identique pour le saumur-champigny Les Poyeux du Clos Rougeard, même si les prix s’établissent à la moitié de ceux de la cuvée Le Bourg. Pour ces deux vins, on note que l’engouement a réellement démarré en 2012.

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Cote iDealwine du Saumur-Champigny Les Poyeux 1996 – Clos Rougeard

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Quant à la cuvée de Saumur blanc « Brézé », sa cote iDealwine est longtemps demeurée stable, avant de s’envoler elle aussi, mais avec une année de retard, puisque c’est depuis 2013 que les prix enregistrent une hausse foudroyante.

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Cote iDealwine du Saumur Brézé 2000 – Clos Rougeard

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  • Voir les commentaires (1)

  • Guiard Vincent

    Oui et ce qui est aussi remarquable pour un gars comme moi qui vais au clos Rougeard depuis 20 ans, c’est que les tarifs pratiqués font que je peux acheter quelques bouteilles tous les ans, après un super moment dans la cave et les déguster avec les copains.
    Merci aux deux frères et ceux qui travaillent avec eux.

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