Château Pavie Macquin, une âme de précurseur et d’artisan à Saint-Emilion

C’est en direction de Saint-Emilion que nous vous proposons de partir, à la rencontre de Cyrille Thienpont qui gère aux côtés de son père le fameux château Pavie Macquin. Ce premier grand cru classé bénéficie d’un emplacement de choix sur le plateau de Saint-Emilion et de sols argilo-calcaires exceptionnels. Et la qualité des vins est unanimement reconnue. Cyrille Thienpont, gérant avec son père, nous en dit plus. Interview.

Quand avez-vous rejoint l’aventure Pavie Macquin ?

« Personnellement, je suis arrivé en 2008 à Pavie Macquin, afin de seconder mon père Nicolas Thienpont, gérant du domaine depuis 1995. Les propriétaires sont toujours les descendants d’Albert Macquin, les familles Corre et Charpentier. Avant de venir travailler ici, j’ai eu plusieurs expériences dans différents domaines, et notamment en Italie et en Syrie en 2005. Le duo que mon père forme avec le consultant et conseiller Stéphane Derenoncourt est en quelque sorte l’âme de Pavie Macquin, que tout amateur reconnait et apprécie dans les vins du domaine – le fruité, la profondeur, l’harmonie, la finesse… – c’est comme une recette bien gardée. Là où mon père est davantage porté sur l’instinct et les sens pour écouter le terroir, la vigne, mais aussi pour guider la vinification et l’assemblage, je suis là pour apporter quelques méthodes plus techniques qui nous permettent d’avoir une véritable vigilance vis-à-vis de notre travail, notamment par le biais d’analyses. Rassurez-vous, malgré cela, je garde un sens paysan et artisan qui, je crois, fait aussi partie de l’ADN du château. »

Nicolas Thienpont, père de Cyrille Thienpont et gérant du château

Comment a commencé l’histoire du château Pavie Macquin ?

« L’histoire de Pavie Macquin commence avec celle d’un homme illustre à qui le vignoble de Saint-Emilion doit beaucoup : c’est bien Albert Macquin qui, dans les années 1880 mit en place la technique du plant greffé, permettant ainsi de sauver tout le vignoble contre les ravages du phylloxera. Cet ingénieur agronome en produit ainsi plus d’un million en 1887, installant à Maisonneuve à Montagne sa propre école de greffage afin d’enseigner ce savoir aux vignerons. C’est en quelque sorte ce grand homme qui a sauvé Saint-Emilion de cette crise, et qui donne en partie son nom au château, en plus de « Pavie » qui est le nom de la colline sur laquelle nous sommes implantés. Vous avez sans aucun doute remarqué que plusieurs châteaux portent d’ailleurs cette empreinte du terroir en leur nom : Château Pavie, Château Pavie-Decesse… Le nôtre est en fait un regroupement de plusieurs propriétés acquises par Albert Macquin à partir de 1887 : Peygenestou, Pavie-Chapus, Pavie-Pigasse, aujourd’hui rassemblées d’un seul tenant de 15 hectares de vignes. Cet esprit de visionnaire fait donc partie de notre identité, et nous tentons toujours, par notre travail acharné et celui des 6 personnes présentes à l’année au domaine, d’avoir un coup d’avance sur cet art de faire du vin. Lors de la révision décennale du Classement de Saint-Emilion, en 2006, Pavie-Macquin a accédé au rang de 1er grand cru classé, et confirmé en 2012. »

En quoi est-ce que le terroir du château est si exceptionnel ?

« Le vignoble a ce grand avantage d’être parfaitement situé sur le plateau de Saint-Emilion, à côté de la butte de Mondot et en bordure de la faille de Fongaban, à une altitude variant de 75 à 100 mètres. Les vignes d’un seul tenant, sont entourées d’illustres voisins : château Pavie, château Troplong Mondot… Les sols sont tous argilo-calcaires et ont été finement étudiés pour pouvoir les exploiter au mieux : certains calcaires se situent en effet en très basse profondeur, de l’ordre de 20 cm contre 1,50m pour d’autres. Cette cartographie précise (environ neuf typologies de sols ont été classifiées) permet notamment de décider de l’ordre de la vendange des parcelles, mais est aussi un moyen d’associer des jus similaires dans les cuves, pour que la vinification en révèle les traits et caractéristiques. Les sols exceptionnels du château expliquent notamment la synthèse que font nos vins entre puissance et finesse, par leur minéralité. Aux vignes, il serait faux de dire que nous suivons des principes qui respectent des labels comme celui de la biodynamie, nous ne travaillons pas par exemple selon le calendrier lunaire, ou à partir des préparations biodynamiques très précises. Nous ne sommes pas esclaves de ces certifications, mais avons nos propres techniques pour obtenir le fruit le plus sain et en tirer le meilleur vin : nous préparons nous-mêmes nos tisanes, décoctions et infusions, nous maitrisons nos rendements, aucun herbicide n’est utilisé, la vinification a lieu en grains entiers, les extractions sont douces et la macération est plutôt longue, l’élevage (à 50% en barriques neuves) est réalisé sur lies fines pendant 16 à 20 mois. »

Quels sont les projets à venir ?

« Au château Pavie Macquin, il y a toujours beaucoup de projets en cours… Nous sommes actuellement en train de grandement restructurer le vignoble : nous allons densifier un peu le nombre de pieds par hectare de vigne. Sans perdre en qualité, nous allons pouvoir gagner en régularité de production mais aussi en excellence grâce au matériel végétal issu de nos sélections massales. Nous allons également planter davantage de cabernet franc sur les sols plus calcaires, afin de continuer de magnifier ce cépage qui a une place très importante dans nos assemblages. S’en suit donc la construction d’un nouveau chai à barrique qui sera cette fois-ci enterré. Beaucoup de projets en cours donc ! »

Merci pour cet entretien !

 

Le château Pavie Macquin, qu’en disent les guides

Bettane+Desseauve : 4 étoiles / 5

Stéphane Derenoncourt et Nicolas Thienpont, deux des consultants vedettes de la rive droite savent adapter au mieux les vinifications. Le vin présente toujours un profil d’une grande générosité, avec une bouche corsée et charnue, avec toujours un fruit vivifiant. Il gagne en finesse et en harmonie à chaque nouveau millésime, avec l’inimitable saveur de truffe et la tension minérale. Il n’est jamais aussi bon qu’après une dizaine d’années… Incontournable !

La Revue du vin de France : 2 étoiles / 3

Pavie Macquin a conservé son rang de premier grand cru classé dans le classement de 2012. Une juste récompense qui vient saluer le travail remarquable réalisé au château par son gestionnaire, Nicolas Thienpont, et son conseiller Stéphane Derenoncourt. Ce duo a métamorphosé la propriété en s’inspirant largement de la biodynamie (non certifiée) depuis la fin des années 1990. Une série de vins fantastiques, combinant une magnifique intensité du fruit et une grande profondeur de bouche, est venue couronner ce travail de fond. Des vins qui se distinguent de leurs voisins Pavie et Pavie-Decesse par une matière à la fois plus en retenue et plus en souplesse, un jus profond mais toujours très vif. Valeur sûre bien connue des amateurs, Pavie Macquin n’a commis aucune fausse note ces dernières années. Le style demeure fidèle au terroir, marqué à la fois par la puissance de la partie argileuse et la minéralité des calcaires affleurants. S’il reste un vin d’évolution lente, introspectif, exigeant, il se dirige insensiblement vers davantage d’épure.

Les vins du Château Pavie Macquin en vente

Château pavie-macquin 2011 (rouge) : Ce millésime est composé à 85 % de merlot, 14 % de cabernet franc et 1 % de cabernet sauvignon. Les vendanges ont eu lieu entre le 20 septembre et le 5 octobre. Il se révèle particulièrement élégant, présente une belle fraicheur équilibrée par la puissance. Ce millésime déjà de belle garde s’apprécie dès à présent.

Château pavie-macquin 2012 (rouge) : Le pavie-macquin 2012 est également composé à 85 % de merlot, 14 % de cabernet franc et 1 % de cabernet sauvignon, vendangés entre le 13 et le 18 octobre. C’est un vin assez tannique, qui tend à se fondre avec l’âge. Sa finale est ample. Ce millésime a été très favorable au merlot.

Château pavie-macquin 2014 (rouge) : Le millésime 2014, qui sublime le terroir si particulier du château, est composé à 85 % de merlot, 14 % de cabernet franc et 1 % de cabernet sauvignon. Les vendanges ont eu lieu entre le 6 et le 14 octobre. On y retrouve une très belle minéralité ainsi qu’une fraicheur.

Château pavie-macquin 2015 (rouge) : La météo du millésime 2015 a été plus que bénéfique pour le château, une année reconnue comme incroyable pour nombre de vignobles français : hiver froid, printemps pluvieux et doux, été très chaud jusqu’à fin juillet. La magie du millésime en 5 a opéré ! Les baies sont petites et concentrées, vendangées entre le 29 septembre et le 17 octobre. Ce millésime est composé à 84 % de merlot, 14 % de cabernet franc et 2 % de cabernet sauvignon.

 

Tous les vins du Château Pavie Macquin en vente

Tous nos vins de Saint-Emilion en vente

Tous nos vins de Bordeaux en vente

  • Voir les commentaires (0)

Your email address will not be published. Required fields are marked *

commentaire *

  • name *

  • email *

  • website *

Vous aimerez aussi

Jean-Marie Guffens-Heynen, l’orfèvre du Mâconnais

Réputé parmi les meilleurs vinificateurs de chardonnay, l'emblématique Jean-Marie Guffens a réussi à porter son domaine au sommet des vins du Mâconnais.

Château Bourgneuf, la bonne affaire de Pomerol

Production morcelée entre de nombreux petits domaines, forte demande mondiale pour une appellation dont le nom « sonne » bien dans toutes les langues, les pomerols atteignent parfois des prix ...

Les cabernets gourmands de Pierre et Catherine Breton

Au cœur de la Touraine, non loin de la confluence entre la Loire et la Vienne, Catherine et Pierre Breton ...