Vins rosés : un marché qui explose

Marche-mondial-vin-roseOn a voulu vous faire croire il y a quelques semaines que vous alliez manquer de vin rosé … fake news ! Vous en aurez tout l’été, c’est sûr. Un point sur ce marché extraordinairement dynamique.

Cette année, le rosé a fait la une de nombreux journaux qui laissaient craindre une pénurie pour cet été ou révélaient une vaste fraude de millions de bouteilles de rosé espagnol maquillées en vin français. Il est vrai que la demande ne cesse d’augmenter, y compris à l’étranger, face à une récolte 2017 relativement faible (en baisse de 12% selon le Conseil Interprofessionnel des vins du Languedoc). Un marché vraiment dynamique, qui mérite que l’on s’y attarde.

La consommation mondiale de vin rosé en plein essor

Depuis 2003, la consommation mondiale de vins rosés tranquilles est en constante augmentation, dans un contexte de stagnation de la consommation globale de vin. Ainsi, la consommation mondiale de vins rosés s’établit à 24 millions d’hectolitres (en 2016), soit une augmentation de 32% depuis 20021.Consommation mondiale rosé

Bien que la consommation de vin rosé soit historiquement surtout ancrée en Europe occidentale et que les rosés sont majoritairement consommés dans leur pays de production, ce marché très dynamique s’internationalise : près de 40 % des volumes consommés dans le monde ont traversé au moins une frontière en 2016.

La France est championne en matière de rosé, tant pour la production (28% de la production mondiale) que pour la consommation (35% de la consommation mondiale). 32% des vins tranquilles consommés en France sont des rosés, contre 19% en Belgique, 12% en Allemagne ou 11% au Royaume-Uni. Seuls des pays comme la Tunisie ou L’Uruguay ont des proportions de consommation de rosé plus élevées, mais il s’agit de cas spécifiques :  70% des vins tranquilles consommés en Tunisie sont des rosés, consommés essentiellement par le tourisme et ce chiffre est de 51% en Uruguay qui a la spécificité de produire des rosés de tannat (foncé et puissants). La France est également le premier pays consommateur de rosés par habitant avec 15,7 litres/habitant/an.

Mais d’autres pays commencent à concurrencer la France dans la consommation de rosé. Les Etats-Unis se placent en deuxième position (14 % de la consommation mondiale) et l’Allemagne au troisième rang (8 % de la consommation mondiale). Le Royaume-Uni est également en forte progression avec 5 % de la consommation mondiale de rosé, et un volume multiplié par presque 4 entre 2002 et 2016. A l’inverse, l’Italie (4 %) et l’Espagne (4 %) consomment de moins en moins de vins rosés. De nouveaux pays comme la Suède, la République Tchèque ou la Slovaquie participent à la diversification de la consommation mondiale de rosé.

Ainsi, en 2016, les vins rosés représentent 10,6 % de la consommation mondiale de vins tranquilles.

Le commerce international du rosé dominé par une demi-douzaine de pays

Les importations de rosés dans le monde représentaient plus de 9 millions d’hectolitres en 2016. Et là encore, la France est à la première place avec 22 % des volumes importés, devant l’Allemagne (14 %) et le Royaume-Uni (14 %). En valeur cependant, les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont les deux principaux importateurs de rosés en 2016. La France représente  22 % des importations en volume mais seulement 7 % en valeur, l’Allemagne 14 et 9%. Ainsi, la France importe essentielement des vins d’entrée de gamme, avec une forte proportion de vrac : des vins qu’elle produit elle-même très peu et dont elle manque.

Côté export, l’Espagne est première en termes de volumes avec près de 40 % des volumes mondiaux en 2016 (environ 75% de sa production de vin rosé), devant la France (16% des volumes) et l’Italie (15%). En valeur cependant, la France redevient première, avec 32 % de la valeur des vins rosés exportés, devant l’Italie (21%) et l’Espagne (15%). Ainsi, les exportations françaises de vin rosé sont essentiellement positionnées haut de gamme, à l’inverse de l’Espagne.

Une production mondiale de rosé en hausse également, un marché de plus en plus tendu

En 2016, 22,5 millions d’hectolitres de vin rosé ont été produits, soit une hausse de 12% par rapport à 2002, malgré une baisse de 4,6% entre 2015 et 2016. Cette croissance de la production est une réponse logique à la hausse de la demande, mais le marché des vins rosés devient de plus en plus tendu, surtout depuis 2016, où la consommation a augmenté alors que la production a diminué.

La France, premier producteur a produit 6,4 millions d’hectolitres de vin rosé en 2016. Vient ensuite l’Espagne avec 19 % de la production mondiale avec 4,3 millions d’hectolitres, puis les Etats-Unis (16 % ; 3,1 millions d’hectolitres) et l’Italie (10% ; 2,3 millions d’hectolitres). De nouveaux pays producteurs commencent à émmerger comme l’Afrique du Sud (5 % de la production mondiale), l’Argentine (2 %) ou encore le Chili (2 %). En France, les principales régions productrices sont l’Occitanie, la Provence, le GVal de Loire et la Vallée du Rhône. 45% de la production française de rosé est en AOP, 45% en IGP et 10% en Vin de France.

Le rosé français : un succès porté par la diversification et la qualité de l’offre

La réussite des rosés français provient sans aucun doute de la qualité de l’offre avec un positionnement milieu et haut de gamme, mais aussi de sa diversité (qu’il s’agisse des terroirs, des gammes de prix, ou des styles de vinification…), allant des rosés de soif, orientés sur la légèreté et la fraîcheur, jusqu’aux rosés les plus puissants, de gastronomie et même de garde.  Le marché des rosés bénéficie également d’une progressive désaisonnalisation : ces vins demeurent les stars de l’été, mais ils sont désormais aussi consommés – dans une moindre mesure – tout au long de l’année.

La première région française productrice de rosés est le Languedoc (320 millions de bouteilles), produisant le double de la Provence et trois fois plus que la Loire.

Focus sur la Provence, terre de rosés

La Provence, qui produit à 90% du rosés demeure le symbole du rosé français. En 2017, les exportations de rosés de Provence ont bondi de + 36 % en volume et + 38 % en valeur par rapport à l’année précédente (226,2 millions d’euros en 2017). Une croissance portée par la très forte demande américaine (43 % des exportations en volume et plus de la moitié en valeur), où le chiffre d’affaires a été multiplié par 40 en dix ans. Les ventes à l’export sont ainsi passées de 60 000 hl en 2008 à plus de 380 000 hl en 2017, tandis que la valeur a bondi de 20,2 M€ à 226,20 M€. Cette success story s’explique en partie par l’amélioration qualitative sensible des vins de la région, par l’évolution des tendances de consommation ainsi que par tout le travail effectué par la profession pour améliorer l’image de ses vins. Certains domaines de la région ont ainsi été rachetés par des américains, parfois célèbres, comme ce fût le cas pour le château de Miraval racheté par Brad Pitt et Angelina Jolie. Naturellement, le cours de ces rosés a aussi progressé : en moyenne 2,56 € départ producteur en 2008, contre 4,44 € en 2017, selon le CIVP. Et, mécaniquement, c’est aussi le prix des vignes qui a évolué. Ainsi, dans le Var par exemple, le prix moyen des vignes a augmenté de 11 % cette année selon la Safer, à 40 000 €/ha ; sur le littoral, c’est une autre histoire, l’hectare s’y négocie aux alentours de 100 000 €/ha et même plus de 150 000 € à Bandol.

1 Source : Synthèses FranceAgriMer  » Observatoire économique mondial des vins rosés », Février 2018

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