
Que s’est-il passé dans les enchères du mois de septembre ? Un mois particulièrement dynamique, qui augure la montée en puissance de fin d’année, et où les grandes stars bourguignonnes mais aussi certaines pépites nature d’Auvergne se sont distinguées. Analyse.
Les enchères de septembre en quelques chiffres clés
Chiffres généraux sur la vente
- 14 170 lots vendus (+11,4% par rapport à N-1)
- 3,57 M€ d’adjudications au total, commission incluse (+16,7% par rapport à N-1)
- Prix moyen par lot : 252 € (médiane : 113€)
- 405 lots adjugés plus de 1 000 € la bouteille
- Répartition régionale en valeur :
. #1 : La Bourgogne, largement en tête avec 1,66 M€ (46 % du total).
. #2 : Bordeaux, avec 772 k€
#3 : la Vallée du Rhône, avec 405 k€
. #4 : la Champagne, 244 k€ - Les acheteurs français ont acquis 40 % des lots vendus
Plus gros prix
- Romanée-Conti 2017, DRC : 17 235 € (+11 %)
- Chambolle-Musigny 1er Cru Les Amoureuses 1990, Georges Roumier, 2 bouteilles : 13 712 € (+40 %)
- Musigny Grand Cru 1988, Georges Roumier : 12 832 € (+70 %)
- Richebourg 1982, Henri Jayer : 10 316 €
- Hermitage Cuvée Cathelin 1991, Jean-Louis Chave : 9 309 € (+48 %)
Belles performances
- Clos de la Roche 1993, Dujac, 2 bouteilles : 8 806 € (cote doublée, +100 %)
- Chablis Grand Cru Clos 2002 en magnum, Raveneau : 4 655 € (+117 %)
- Clos Saint-Jacques 1985, Armand Rousseau : 3 397 € (+141 %)
- Cheval Blanc 1947 en demi-bouteille : 5 158 € (+81 %)
- Volnay 1er Cru Les Caillerets 1990, Pousse d’Or : 1 258 € (+253 %)
- Chassagne-Montrachet 1er Cru Clos Saint-Jean 1996, Michel Niellon : 503 € (+517 %)
- Barolo 1974, Giacomo Mascarello : +504 %
- Richebourg Grand Cru 1979 en magnum, DRC : 5 094 € (+70 %)
- Morey-Saint-Denis 1er Cru Clos de la Bussière 1990, Georges Roumier : 1 321 € (+321 %)
- Richebourg Grand Cru 1990, Jean Gros : 2 038 € (+197 %)
La Bourgogne, une région à part dans les enchères
3 762 lots de Bourgogne ont été adjugés au mois de septembre, soit 5 587 flacons (31 % du total des lots vendus). 267 lots ont été vendus à plus de 1 000 € la bouteille, c’est de très loin la région qui en compte le plus et cela représente 42 % du montant total des vins de Bourgogne adjugés, cette région étant ainsi largement tirée par quelques lots très chers (7 %) ; le prix moyen de la bouteille (rapporté au format 75 cl.) est de 253 €, contre 104 € pour l’ensemble des autres régions (Bourgogne exclue). Cette prépondérance de quelques lots les plus chers dans le total s’observe également via la classification des vins : les Grands Crus représentent 21 % des lots, mais 42 % du montant. Enfin, en termes de domaines, sur les 912 domaines vendus, les 10 premiers représentent 50 % du montant total ! Il s’agit sans surprise des signatures illustres des domaines Coche-Dury, Armand Rousseau, Georges Roumier, DRC, Leflaive, Dujac, Raveneau, Bizot, Prieuré-Roch et Comtes Lafon.
Parmi les plus belles performances de la région, citons notamment une romanée-conti 2017, adjugée 17 235 € à un amateur portugais (+ 11 %) ; un musigny 1988 de Georges Roumier vendu 12 832 € (+ 70 %), ou encore un chambertin 1990 d’Armand Rousseau à 4 403 € (+ 26 %). A des prix un peu moins élevés, citons les belles dynamiques d’un nuits-saint-georges 2019 d’Arnoux-Lachaux, à 409 € (+ 40 %) ; d’un chambertin Clos de Bèze 2009 de Pacalet à 503 € (+ 147 %) et d’un gevrey-Chambertin En billard 2023 du domaine Si tu sais à 141 €, micro-négoce nature créé en 2020.
Les pépites auvergnates particulièrement dynamiques

L’Auvergne, qui a particulièrement le vent en poupe ces dernières années, portée par le mouvement des vins nature qui est particulièrement prépondérant dans son vignoble mais également par la diversification à l’œuvre dans les régions prisées des amateurs, s’est une fois de plus distinguée dans les enchères du mois de septembre.
Un magnum du Vin de France A la Natural 2017 de Patrick Bouju a en effet été adjugé 1 321 € ! Il s’agit d’une cuvée rare, fruit d’une collaboration culte entre Patrick Bouju et Action Bronson (rappeur américain). Dans le détail, le vin est un assemblage de 80 % de gamay du Beaujolais et 20% chardonnay, vinifié en vendange entière.
En dehors cette bouteille rare, nous retrouvons les stars auvergnates habituelles aux enchères : Pierre Beauger avec par exemple un vin de France SB 2017, adjugé 428 € (+ 70 %) ; Aurélien Lefort avec son Vin France KatZo 2024, vendu 302 € ou son Vin de France Coeur Brisé 2022 à 189 € (+ 7 %) ; ou encore l’Arbre Blanc avec le Vin de France Ma Carotte 2018 , adjugé 95 € (+ 25 %).
Citons également des vins encore plus rares, rarissimes aux enchères (et d’ailleurs à peu près introuvables) comme le Vin de France Cépage saint Georges Domaine de Peyra, adjugé 619 €. Il s’agit d’un négoce nature porté par Stéphane Majeune, Jean Maupertuis et Boris Garnier, qui a existé seulement quelques années, de 2000 à 2007. Les vins de Thierry Renard commencent eux aussi à se distinguer de plus en plus souvent aux enchères, à l’instar du Vin de France Renards des Côtes 2020, adjugé 170 €, ou encore ceux de Benoit Rosenberger, comme le Vin de France Rat de Cave 2022, à 88 €.
Les enchères iDealwine apportent décidément la preuve que plus aucune région viticole n’échappe à l’appétit des amateurs, quand le talent et la vision des vignerons se conjugue avec la rareté des vins produits.
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