Que doit-on vraiment penser du millésime 2013 à Bordeaux ?

tomi lupe 2013

Si certains châteaux bordelais ont annoncé qu’ils ne produiraient pas de millésime 2013 ou pas leur premier vin, faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain et dire que tout le millésime 2013 est mauvais ?

Certains châteaux bordelais ont déjà annoncé qu’ils ne commercialiseraient pas leur vin du millésime 2013. Les propos de Stéphane Derencourt dans un entretien au Figaro avaient fait l’effet d’une bombe lorsqu’il avait annoncé début février que  le Château Malescasse ne produirait pas de millésime 2013, il avait alors qualifié le millésime 2013 de « déficient…sans potentiel de garde… de qualité moyenne et parfois médiocre ». A sa suite, Caroline Frey qui dirige le Château La Lagune avait évoqué ses hésitations à produire le premier vin du Château, sans toutefois, remettre en cause la sortie d’un second vin. De même, à Pomerol, le Château Gombaude-Guillot a annoncé qu’il ne produirait pas de premier vin.

Si certains châteaux font ce choix, cela veut il dire pour autant qu’aucun vin de Bordeaux ne sera bon ?

Olivier Bernard, président de l’Union des Grands Crus de Bordeaux (UGCB) a déclaré que « Le millésime 2013 n’est pas moins bien, ni mieux que 2011 et 2012« . Il précise que « Dans un millésime comme 2013, il faut mettre beaucoup de moyens pour faire un grand vin. »

En effet, le millésime 2013 se caractérise par des rendements très faibles. Mais les châteaux qui auront les moyens financiers de faire une sélection rigoureuse pour le premier vin devraient pouvoir sortir d’assez belles choses.

La qualité de ce millésime dépendra beaucoup de la capacité des hommes à avoir limité les effets des caprices naturels. Nicolas Lesaint du Château de Reignac, à la suite des propos de Derencourt déplore ce 2013-bashing,  « Je pensais pourtant avoir réussi à conduire mes vignes comme je le souhaitais en adaptant mes rendements et en rentrant 40 hl/ha de raisin, comme d’habitude. Je pensais avoir réussi à m’arrêter une semaine en pleines vendanges pour parfaire la maturité de mes cabernets haut de gamme. Je pensais qu’en dégustant mes vins après malo j’avais eu le sentiment que ce 2013 avait l’air de se rapprocher très sérieusement de 2011 qui pour nous était un bon millésime, me rappelant sans cesse que de toute manière 2009 et 2010 n’étaient que des monstres d’équilibre auxquels il ne faut pas se référer en permanence car ce sont eux les exceptions. »

La qualité des vins du millésime 2013 dépendra également de la santé financière et de la politique des domaines. En effet, dans certains cas, il faudra que les domaines aient des ressources nécessaires pour baisser leur production de premier vin, et donc baisser considérablement leurs revenus.

Olivier Bernard précise par ailleurs qu’environ la moitié des 50 crus les plus connus parmi les 240 châteaux produisant des grands crus de Bordeaux devraient baisser leurs prix de « 20 à 30%« .

Rappelons que si ça n’est pas une chose courante, ça n’est pas la première fois que des Châteaux bordelais préfèrent renoncer à produire un millésime afin de ne pas baisser la qualité de leurs vins. Le Château d’Yquem a, par exemple, pris cette décision concernant le millésime 2012 et le millésime 1992.

Sans oublier aussi que Bordeaux ne détermine pas la qualité d’un millésime dans l’ensemble du vignoble français ! Il y a déjà des régions où 2013 s’avère globalement comme un bon ou un très bon millésime comme dans les appellations du nord du Rhône ou en Champagne.

 

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  • Voir les commentaires (1)

  • Marc

    Il faut peut-être noter que Bordeaux paie aujourd’hui des années de communication trompeuse, auto-satisfaite et racoleuse essentiellement émise par les grands crus et négociants et qui se retourne malheureusement contre les petites propriétés maintenant.

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