Paris By Wine | Quand la Bourgogne s’impose au Parc des Princes

En ce lundi 8 novembre, certains bureaux d’iDealwine à Colombes paraissent bien vides… En effet, c’est journée dégustation, aux quatre coins de Paris, entre la Levée de la Loire au Ground Control, le Nez dans le Verre à la découverte du Jura au restaurant Caché dans le 20ème et Paris by Wine et ses vins bourguignons au Parc des Princes. C’est à ce dernier salon, organisé par Version Vin, que j’ai eu la chance de me rendre, équipée de mon verre et comblée par la vue imprenable sur le stade de vert vêtu. Je vous faire lire quelques extraits de mon carnet de dégustation.

Une fois arrivée aux portes de ce stade historique français, ce sont les escaliers mécaniques blancs très designs que j’emprunte pour me rendre au 3ème étage, j’imagine déjà la vue… Le logo du Paris Saint-Germain et sa Tour Eiffel trônent un peu partout dans ce magnifique hall, nous rappelant que le Parc des Princes symbolise bel et bien la France du ballon rond à travers le monde entier. Si c’est plutôt le verre ballon qui m’intéresse personnellement en cette belle après-midi, ce mélange des genres et des passions est tout à fait à mon goût.

Le domaine des Rois Mages, étoile de Rully

L’on me remet un verre et je pénètre dans la salle de dégustation. Dès l’entrée, un visage ne m’est pas inconnu… Il s’agit bien de Félix Debavelaere du domaine des Rois Mages, en côte Chalonnaise, debout derrière sa table et ses vins. Impossible de l’éviter. Ironie, évidemment car j’apprécie énormément les vins de cette étoile de Rully, et avais rencontré sa mère, Anne-Sophie Debavelaere lors de notre événement avec nos clients Privilège à la Galerie Guillaume. L’occasion est donc trop belle pour ne pas retourner déguster ces nectars, et me présenter auprès de Félix. Celui-ci m’accueille avec un sourire. Après quelques mots échangés, venons-en aux vins : c’est le rully Plante Moraine 2018 que l’on déguste en premier, travaillé sur des argiles rouges, un vin à la fois frais, fruité et gourmand. Il présente un vrai dynamisme et sa bouche est également florale. Les Cailloux 2019 sont l’occasion de parler de cette nouvelle étiquette élégante qui habille le flacon « nous avons la chance d’être proches de nos sommeliers. Ceux-ci nous faisaient part de leur difficulté à présenter nos vins au restaurant, l’étiquette étant trop étendue sur la bouteille. Ni une ni deux, nous avons décidé d’y remédier et de réduire le label qui est désormais plus centré. Nous n’en sommes pas peu fiers. » Outre sa jolie cape, ce vin présente une belle pureté et une minéralité assez frappantes. Il a en effet été cultivé à 300 mètres d’altitude. Comme lors de notre précédente rencontre avec le domaine, nous avons eu cette fois encore la chance de pouvoir déguster cette même cuvée dans le millésime 2000, un vin assez évolué mais toujours fantastique pour les yeux et les sens. Nous terminons sur le rully rouge Les Cailloux 2018, un vin au croquant-gourmand (comme dirait un chef pâtissier apprécié de tous) sans pareille, sans en oublier la profondeur. C’est décidément une cuvée que j’aime !

Le domaine Sérafin, une histoire de femmes

Pour rester dans le thème de Noël, continuons juste à côté avec le domaine Sérafin, tenu par deux cousines, dignes représentantes de la troisième génération de la famille. C’est Frédérique Goulley, en charge de toute la partie technique – de la vigne à la cave, elle a appris le métier pendant dix ans avec son oncle – et (certainement, mon côté Sherlock a reconnu un certain air de famille) son fils qui me parlent de leurs vins.  Notez que ce domaine discret est présent aux meilleures tables françaises comme le Bristol ou le Taillevent. Nous commençons par le chambolle-musigny Les Baudes 2019 élevé à 100% en fûts neufs. Si cette cuvée est encore un « bébé », elle est prometteuse, assez solaire tout en restant fraiche et gourmande. « Le millésime 2021 ? Il est plus froid et donc favorable aux pinots noirs, les raisins qui nous sont restés étaient sains, donc le vin sera très qualitatif. » Passons au gevrey 1er cru les Cazetiers 2013, un vin fruité et témoin d’une année froide. Le morey-saint-denis Les Millandes 2014 est équilibré, plus tannique et structuré, sa finale est épicée.

Arthur Gras, digne représentant de Saint-Romain

Je me dirige alors vers le côté gauche de la salle, et c’est un autre visage qui ne m’est une nouvelle fois pas inconnu : Arthur Gras, le fils d’Alain Gras, qui reprend ce domaine iconique de Saint-Romain. J’avais discuté plusieurs fois avec lui pour différentes mises en avant marketing, et avais même tenté de réaliser un live à ses côtés (ce jour-là, Instagram n’était pas très coopérant). Je suis donc ravie de le trouver là aujourd’hui afin d’échanger avec lui. L’année 2021 ? « Compliquée, comme partout. Nous avons de moins en moins de vin à vendre, mais il ne faut pas se plaindre. Nous allons déguster le 2020, même si le stock s’amenuise ». Le saint-romain blanc est déjà très accessible, son fruit est frais et la finale est légèrement épicée. Très agréable. Du côté du rouge, cette même cuvée est une explosion fruitée, de la framboise et de la cerise, un vin gourmand et profond à la fois. Partons un peu davantage en direction de Beaune et arrêtons-nous à Auxey-Duresses avec cette cuvée de 2020, un nectar plus structuré et charpenté, avec davantage de corps mais sans en oublier la fraîcheur. « Sur tous mes vins, je mets 30% de futs neufs, et les rouges sont vinifiés à 20% en vendanges entières ». Après quelques échanges amicaux entre bourguignons, je continue mon tour.

Les frères Trapet, un pont entre l’Alsace et la Bourgogne

Une forme de bouteille plus élancée détonne du flacon bourguignon bien installé dans son gros fauteuil. C’est bien sûr le domaine Trapet qui a apporté des vins de ses deux propriétés : Riquewihr en Alsace et Gevrey-Chambertin en Bourgogne. Et l’avantage de ce stand, c’est que lorsqu’un des deux frères est déjà occupé, le second prend le relai. Louis, alors disponible, me parle tout sourire des vins. « Commençons par le côté maternel et l’Alsace ». La mère de Pierre et Louis, Andrée, a en effet décidé en 2002 de reprendre l’œuvre de ses parents, un domaine de 12 hectares implanté dans certaines de parcelles les plus réputées de la région (Sonnenglanz, Schonenbourg, Sporen et Schlossberg). Nous commençons par la cuvée A Minima 2020, un vin sans soufre qui est une unité de lieu (la parcelle Rosembourg) et un assemblage de cépages. Il porte son nom à merveille, son étiquette est des plus épurées, une étendue de blanc et la signature « A Minima Trapet » en bas à droite. Doté d’une belle acidité, une des caractéristiques des vins d’Alsace, ce nectar est frais et tendu, son nez éclatant, plein d’agrumes. Très belle découverte que Louis me conseille d’ouvrir avec de bons amis, à l’apéritif par exemple. Passons au 100% riesling, le schonenbourg 2014. Louis parle de ce grand cru historique comme étant toujours « le dernier », « le dernier à être vendangé, à être élevé et commercialisé. C’est un vin qui a besoin de temps, alors au domaine Trapet, on lui donne ! ».  Ce nectar au nez d’une finesse rare, est précis et complexe. Nous terminons ce tour d’Alsace avec cette cuvée imaginée (et il faut dire qu’ils n’ont pas manqué d’imagination) et produite par Pierre et Louis : Ambre 2020, un vin blanc de macération composé de gewurztraminer issu d’un terroir argilo-gréseux à Pflixbourg. L’idée ? « Contrebalancer l’acidité naturelle du cépage par les tanins des peaux, l’équilibre à atteindre est difficile, nous sommes en constante recherche pour continuer d’améliorer ce vin avec mon frère ». Le nez est citronné et la bouche suave, une belle expérience de dégustation.

Passons ensuite du côté paternel, en Bourgogne. C’est A Minima 2019 que nous goûtons en premier, même étiquette que sa jumelle alsacienne, une cuvée également sans soufre et issue d’un même terroir, la parcelle des Grands Champs à Gevrey, et d’un assemblage de cépages, le gamay (deux tiers) et le pinot noir (un tiers). « Traditionnellement, les vignerons bourguignons produisaient ces cuvées de passetoutgrain qui comme leur nom l’indique, étaient produites à partir de grains différents ». Ce vin gourmand explose au nez, son fruité est aussi présent en bouche, et bien équilibré. Passons ensuite au gevrey-chambertin année 2019, cuvée 1859, un hommage à la date de création du domaine avec l’achat des deux premières parcelles de vignes par l’ancêtre Trapet. Un vin gourmand est d’une profondeur sans pareille, quel dommage que la cuvée ne soit produite qu’une seule fois ! Je salue les deux frères et continue mon tour.

Entre Laurent Roumier et la pause photo

Entre deux stands, je me rends au niveau du bar sur lequel trônent quelques bouteilles. Je reconnais les vins du domaine Laurent Roumier, et m’empresse de déguster les trois bouteilles de 2019 proposées : le bourgogne Hautes-Côtes de Nuits La Poirelotte – sur le fruit, la cerise, frais -, le chambolle-musigny – plus rond et équilibré, d’une belle complexité – et le clos-de-vougeot – un nectar massif, équilibré entre fruits et épices -. Je profite de ce moment pour aller admirer la vue du stade depuis les gradins. Impressionnant ! L’occasion de prendre une petite photo (pas très nette je vous l’accorde) de mon verre devant la pelouse verte. Ce cliché sera le souvenir d’une dégustation dans un lieu plus qu’atypique !

Le domaine Henri Boillot, de Volnay à Puligny

Continuons notre tour. C’est le domaine Henri Boillot que je visite alors. Décidément la nouvelle génération s’est donnée rendez-vous pour cette belle journée à Paris puisque je rencontre alors Guillaume, le fils d’Henri, aujourd’hui chef de culture et vinificateur des vins rouges de la propriété. Ce domaine est LE spécialiste de deux appellations en particulier : Volnay et Puligny-Montrachet, deux couleurs bien distinctes et deux villages où la famille Boillot possède des parcelles réputées. Nous commençons par les blancs avec le puligny-montrachet 2017, un vin rond et énergique, qui se termine par une finale légèrement saline. Le Clos de la Mouchère est une parcelle que le domaine possède en monopole. Son 2019 s’équilibre entre une belle acidité et une rondeur riche, un vin qui possède aussi une certaine minéralité. Pour les rouges, le bourgogne pinot noir 2019 a été cultivé sur les bas de Volnay, de Pommard et de Monthélie. Du fruit, de la gourmandise, des notes de cerise et de framboise très délicates. Nous terminons ce moment sur un premier cru de Volnay, les Caillerets 2018, qui a bénéficié de 14 mois d’élevage et témoigne d’une profondeur incroyable, c’est un nectar structuré.

Nicolas Rossignol, le baroudeur-viticulteur

Comme pour beaucoup de domaines viticoles, l’histoire de celui de Nicolas Rossignol est familiale. Après avoir baroudé en Afrique du Sud et fait ses classes auprès de domaines de différentes régions, Nicolas Rossignol créé le sien en 1997. C’est lui-même qui m’accueille avec un grand sourire qui m’est étonnamment familier, pour me faire déguster ses pommards et ses volnays. Commençons par la cuvée de pommard Les Noizons dans son millésime 2017. Ce vin truffé est d’une rare complexité, sa finale est finement épicée. Le volnay 1er cru Clos des Angles 2017 porte bien son nom : cette vigne est placée au carrefour de trois routes. Vinifié à 50% en vendanges entières, c’est un nectar séduisant et souple, aux arômes de fruits et d’épices. Le troisième et dernier vin est une parcelle réputée de Volnay, le 1er cru Les Santenots (du bas) 2017 mais étonnamment située sur la commune de Meursault. Déjà accessible, ce vin massif et tannique peut encore vieillir quelques années, il est d’ores et déjà charmeur avec ses notes de fruits rouges et de cannelle. Un véritable coup de cœur pour les vins de ce baroudeur-viticulteur (et non pas gentleman-cambrioleur).

Quand la Loire s’invite en Bourgogne, domaine Michel Girard

Parmi les quelques domaines non bourguignons invités, j’ai la joie de découvrir les vins du domaine Michel Girard qui partage son stand avec Belargus que vous connaissez déjà. Tenu par deux frères, Philippe et Benoît Girard, ce vignoble d’une vingtaine d’hectares est implanté à Sancerre. C’est Philippe qui me parle de ses vins, avec beaucoup de passion. Nous commençons avec le sancerre 2020, un vin avec une certaine acidité, des arômes d’agrumes et de la pierre à fusil, très frais. « Cette cuvée est issue de trois terroirs, on l’a d’ailleurs inscrit clairement sur le bas de son étiquette, de silex, caillottes et de terres blanches. Nous avons ensuite voulu produire des cuvées plus spécifiques pour comprendre un peu mieux chacun des sols, comme Silex 2020 que je vous propose de déguster ensuite. Ces deux vins sont travaillés en cuve inox pour garder tous leurs arômes ». Ce nectar minéral est délicatement citronné et termine par une belle finale iodée. Le Silex 2019, lui, a été travaillé sur fûts, et est plus rond et charmeur, doté de notes de vanille et de fruits jaunes. Passons désormais aux rouges, reliés au thème du salon par leur cépage : le pinot noir. Le 2020 et le 2019 sont en effet des assemblages de raisins issus de parcelles différentes, des vins souples, gourmands et frais.

Comblée par tant de découvertes, je redescends les escaliers mécaniques pour dire au revoir au Parc des Princes. Par hasard, je franchis la porte avec François-Xavier Demaison et lui demande s’il est en révision pour sa pièce Di(x)vins qui s’ouvrira à Paris en janvier. Après avoir rit à ma remarque (je ne sais si c’est sincère ou par politesse), je lui promets de m’y rendre dès son ouverture.

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