Les notes du millésime 2018 : les régions viticoles du centre de la France

Millesime-2018-Bourgogne-Loire-Beaujolais

La semaine dernière, nous vous livrions nos analyses du millésime 2018 dans l’Est de la France (Champagne, Alsace, Jura et Savoie), cap désormais sur le centre ! Poursuivons notre analyse du millésime 2018 avec nos notes et commentaires dans la Loire, la Bourgogne et le Beaujolais.

Le millésime 2018 dans la vallée de la Loire

Rouges : 16/20
Blancs : 17/20
Blancs moelleux : 17/20

Encore un millésime loin d’être simple et homogène dans la Loire, cela devient une habitude ! Rien de dramatique comme le gel ou la grêle des années 2016 et 2017 mais une somme de petits détails qui rendent le travail du vigneron plus difficile, en particulier de grosses poussées de mildiou qui ont impacté fortement les rendements de nombreux domaines et un été très (trop ?) chaud. Heureusement, la fin du cycle s’est déroulée dans de très bonnes conditions climatiques, comme en septembre, avec beaucoup de soleil pour les vendanges et par conséquent une récolte très saine.

Une partie des vins rouges aura un caractère un peu “sudiste”, parfois à l’excès, avec des tannins puissants, des jus très sombres et une matière qui demandera du temps pour se détendre et s’arrondir. Grâce à ses sols très calcaires, le secteur de Saumur et Saumur-Champigny, semble avoir gardé plus de fraîcheur. Il faut également commencer à s’intéresser sérieusement aux vins rouges d’Auvergne, en gros progrès ces dernières années, avec une tendance “nature” assez marquée.

En blanc, il faudra surveiller l’acidité dans certaines cuvées de chenin dont c’est une des qualités gustatives. D’une façon générale les différents muscadets (les crus et les autres) s’en sortent très bien, mais il faut souligner que c’est sans doute un des vignobles qui a le plus progressé qualitativement depuis une décennie. Les liquoreux, essentiellement liés à un joli passerillage, paraissent d’un très bon niveau, avec une belle structure et suffisamment de tension pour faire de belles cuvées de garde.

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Le millésime 2018 dans le Beaujolais

Rouges : 15/20

Avec ce millésime très ensoleillé, voire solaire, il était assez facile de faire de produire des vins plutôt bons, mais plus difficile de produire de très bonnes cuvées. Avec un impact mildiou assez faible et de très bonnes conditions climatiques au moment des vendanges, la récolte a été abondante et saine d’où la facilité de produire des vins simples et faciles, avec beaucoup de fruit, du moins chez les vignerons les plus exigeants. Chez les moins attentifs, on a parfois eu des raisins en surmaturité et avec des rendements pléthoriques : les vins sont alors chargés en alcool et manquent d’acidité, le comble pour un beaujolais… Il conviendra donc être attentif dans ses achats, tout spécialement pour les simple beaujolais ou les beaujolais-villages, souvent thermo-vinifiés, ce qui n’arrange rien dans ce cas…

Pour ce qui concerne les crus, Côte de Brouilly s’en sort particulièrement bien (mieux que sont voisin immédiat Brouilly) en ayant gardé une belle fraîcheur. Morgon, comme toujours, domine un peu les débats, avec des vins plus puissants que d’habitude, qu’il faudra sans doute laisser reposer un peu en cave. La plupart des Fleurie sont au même niveau, même si là encore une certaine puissance se révélera parfois un peu “atypique” par rapport à l’habituel côté délicat du cru. Les autres crus sont plus irréguliers que d’habitude, Chiroubles et, pour une fois Régnié (plus en altitude) dominant sans doute les autres d’une courte tête pour la moyenne, mais, dans chaque cru, les vignerons les plus reconnus ont sorti de jolis vins, en particulier à Moulin-à-Vent.

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Le millésime 2018 en Bourgogne

Rouges : 16/20
Blancs : 16/20

En Bourgogne, le millésime 2018 s’est globalement plutôt bien déroulé avec de bonnes pluies en hiver, un printemps sans excès et un été chaud, parfois même très chaud et assez sec. Le mildiou a été moins virulent ici qu’à Bordeaux ou dans le sud et les rendements ont été élevés, ce qui réjouit le vigneron après plusieurs années peu abondantes, mais malheureusement ces rendements ont parfois été un peu excessifs chez les vignerons les moins exigeants…

Du côté des rouges, comme dans toutes les années très chaudes, les vignobles les plus septentrionaux produisent de très jolies cuvées. Ce sera le cas cette année pour les rouges de l’Yonne, comme à Irancy. En Côte de Nuits, la richesse des vins en alcool et en tannins déroutera peut-être parfois les amateurs de pinots noirs en dentelle et peu colorés. Les vins vont un peu ressembler ici à ceux de 2015, voire de 2005, et il faudra être patient en les gardant longtemps en cave. Des appellations moins emblématiques comme Marsannay sont à privilégier car leurs prix restent plus raisonnables. En Côte de Beaune il fallait résister à la tentation de vendanger tôt pour conserver cette (mauvaise) acidité de la sous-maturité, quitte à avoir des vins plus chargés en alcool que d’habitude, même si cela va à l’encontre de la réputation d’appellations comme Volnay. Et il y aura de belles affaires en Côte Chalonnaise où le niveau progresse, notamment à Givry.

Une année avec un été très chaud comme en 2018 n’est généralement pas la plus favorable aux blancs bourguignons. À Chablis, lorsque les rendements ont été maîtrisés, il y aura de très jolis vins, sans doute un peu moins tendus que la plupart des années, mais peut-être aussi un peu plus mûrs… C’est sans doute dans les blancs de la Côte d’Or que les excès solaires du millésime (et de certains rendements…) risquent le plus de se faire sentir avec des déficits d’acidité pouvant alourdir certaines cuvées. Et, une fois de plus, le choix de vendanger tôt n’apporte pas une solution satisfaisante, les vins manquant alors de chair et de densité. Paradoxalement, le Mâconnais, pourtant la plus sudiste des appellations bourguignonnes, propose des blancs mieux équilibrés qu’on aurait pu le craindre, en particulier dans les différentes appellations de Pouilly, mais aussi à Saint-Véran et à Viré-Clessé. Sans doute parce qu’il y a ici une viticulture en moyenne plus exigeante qu’un peu plus au nord…

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Lire aussi :

Les notes du millésime 2018 : les régions viticoles du nord-est de la France

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