bourgognes vins chers

Le marché des enchères achève un premier semestre empreint de dynamisme, marqué par le retour de flacons d’exception sur le devant de la scène. En point d’orgue de ces six premiers mois de l’année 2026, tandis qu’un trio de grands crus bourguignons enflammait les enchères, le prix des belles signatures de Bordeaux retrouvait une tendance haussière, et les vignerons les plus exclusifs et pointus continuaient à susciter les passions.

Bourgogne : trois flacons adjugés au-delà de 20 000 €

La plateforme d’iDealwine a contribué à nourrir la passion des amateurs tout au long du semestre. Avides de cuvées rares et de millésimes déjà matures, les enchérisseurs se sont âprement disputés les grandes signatures de la Côte de Nuits durant les premiers mois de l’année, et particulièrement en juin. Au sommet, c’est sans surprise une bouteille de romanée-conti qui s’impose : dans le millésime 2015 elle a été adjugée 20 380€ à un amateur français. Le fameux domaine de Vosne-Romanée distance ses deux compétiteurs, car sur le podium ce sont ensuite des grands crus en magnum qui ont franchi ce seuil fatidique des 20 000€, tous deux issus d’un millésime mature, 1985. Un clos-de-la-roche signé Dujac a créé la surprise : livré aux enchères à un prix de départ de 1 635€, le magnum s’est envolé à 20 254€ ! C’est un amateur irlandais qui l’a remporté. Même résultat pour un magnum de chambertin issu du domaine Armand Rousseau adjugé à un amateur britannique. Si l’on excepte la romanée-conti, adjugée à un cours en légère hausse par rapport à sa cote iDealwine (+11%), les deux magnums ont littéralement fait exploser les standards : +61% pour le chambertin de Charles Rousseau, et +1 139% pour le clos-de-la-roche de Dujac. Légèrement plus bas dans le classement des vins les plus chers du mois, un musigny 1995 du domaine Georges Roumier a lui aussi affolé les compteurs, s’envolant vers Macao pour 15 977€ (+87%). Les grands chardonnays bourguignons ne sont pas restés à l’écart de cette frénésie : un meursault 1er Cru Les Gouttes d’Or 2011 du domaine d’Auvenay a été remporté par un enchérisseur américain pour 5 661€ (+50%). Déjà au sommet, le montrachet du domaine de la Romanée-Conti a encore enregistré une légère progression de cours, adjugé 8 177€ à un amateur français dans le millésime 2017 (+6%).

Bordeaux en grand format

Les enchères iDealwine regorgent de flacons exceptionnels, tant par leur qualité que leur rareté. A Bordeaux, en raison de leur superficie et en dépit de la sélection parfois sévère opérée pour réaliser le grand vin de la propriété, les grands crus du Médoc ne se distinguent pas par ce critère de rareté. Le conditionnement dans des formats généreux vient alors créer ce facteur de rareté, susceptible d’attirer des collectionneurs en quête d’exception. C’est ainsi qu’une impériale 2002 du Château Latour a été adjugée 3 774€, un montant qui représente une plus-value de 21% par rapport à la cote de ce vin en bouteille, rapportée au format de six litres (la cote iDealwine s’élève à 376€). Un jéroboam 2010 du Château Léoville Las Cases a atteint 1648€, soit une plus-value de 18% par rapport à la cote en bouteille. Déjà rare en raison de la superficie plus limitée de ce vignoble de Saint-Emilion, une impériale de Château Tertre Roteboeuf 2007 s’est valorisée de +15%, vendue 1 257€. Même à Sauternes, les grands formats remportent du succès, surtout quand le vin est exceptionnel : le mythique millésime 2023 du Château d’Yquem a suscité les passions, un enchérisseur belge remportant un magnum pour 823€, un prix en hausse de 30%.

D’une manière générale, au sommet de la pyramide du classement des grands crus, les beaux millésimes ont fait l’objet d’enchères soutenues. Château Lafite s’est distingué dans de belles années : 1246€ pour le 1995 (+124%), 818€ le 2010 (+12%), 726€ le 2016 (+13%), 704€ le 2005 (+8%). Même le 1991 frappé par le gel et à ce titre rare, a été vendu 767€, en hausse de 19% par rapport à sa cote iDealwine.

Confidentiel, le domaine de la Rochette Jacques Tatasciore, en Suisse

Si l’aura des grands crus classés continue à faire rêver, les amateurs n’en délaissent pas pour autant les signatures pointues, les vignerons talentueux issus des régions confidentielles, et les bouteilles que l’on ne croise à peu près jamais dans un catalogue d’enchères. Le succès du domaine de la Rochette en apporte l’illustration. Jacques Tatasciore est devenu en à peine 30 ans une figure culte de la viticulture suisse. Ses cuvées de pinot noir issues de son vignoble de Neuchatel ne sont produites qu’à quelques centaines de bouteilles. Cette production ultra-confidentielle ne manque pas de fasciner les amateurs qui se sont acharnés sur iDealwine le mois dernier, en quête de ces vins introuvables. Une bouteille de la cuvée Les Rissieux 2018 a ainsi été adjugée 403€ (+7% par rapport à sa mise à prix), tandis que Les Margiles atteignaient 340€ (+9%) dans le millésime 2018, et 289€ dans les millésimes 2019 et 2020. La cuvée La Rochette 2019 a quant à elle atteint 269€ (+39%).  Le succès du domaine de Jacques Tatasciore vient aussi confirmer celui d’un cépage, le pinot noir, dont les amateurs poursuivent la chasse dans tous les grands terroirs du monde susceptibles de donner naissance à des vins d’exception.

D’autres domaines tout aussi difficiles à sourcer ont aussi fait l’objet de mémorables batailles d’enchères. Dans le Jura, les noms d’Overnoy, d’Allante-Boulanger ou du domaine des Miroirs ont fait vibrer les amateurs. En Champagne, tandis que le succès de Selosse ne se dément pas, les cuvées de vignerons tels que Jules Brochet, Ulysse Collin ou Cédric Bouchard remportent les suffrages. Les grandes maisons conservent tout leur attrait cependant, qu’il s’agisse de Krug (2 768€ pour une bouteille de Clos du Mesnil 1985), Salon, Dom Pérignon ou Roederer. Dans la vallée de la Loire des signatures collectors de Xavier Caillard (Jardins Esméraldins, 1195€ pour la cuvée Genèse 2004) ou Eric Calcutt (598€ pour le rosé « Diogène Picrate » 1996) n’ont pas fini de déchainer les passions. Notons le succès d’un liquoreux immortel : le Haut-Lieu 1947 du domaine Huet, à Vouvray, a été adjugé 503€ (+33%) à un amateur français. Les flacons mythiques ont encore de beaux jours devant eux.

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