
Été ne rimerait-il pas avec vins rosés ? Oui, mais pas n’importe lesquels. Retour sur les domaines qui se sont imposés sur iDealwine lors des ventes aux enchères 2025. Découvrez le palmarès des plus grands rosés, dressé par les amateurs eux-mêmes au travers des ventes de l’année.
Le marché du vin est toujours en quête de nouveauté, d’exclusivité et de raffinement. À mi-chemin entre l’accessibilité du blanc et la complexité du rouge, le rosé a trouvé sa voie, et certains amateurs sont aujourd’hui prêts à dépenser, pour s’offrir les plus belles expressions de cette couleur.
Quels sont donc les rosés les plus chers du monde ? Quelles cuvées atteignent (ou dépassent) les sommets des enchères et des boutiques spécialisées ? De la Champagne à la Bourgogne, voici le classement des 10 rosés les plus prestigieux et onéreux du marché.
Pour mémoire, dans ce palmarès, un seul vin est retenu par domaine, le plus cher, afin de donner une vue la plus large possible des domaines qui ont enflammé les enchères.
La quintessence du pinot noir
Maison Glandien, Aurélien Lurquin, Prieuré Roch ; un trio gagnant ! En effet ces trois domaines sont postés dans le top 5 des enchères 2025, non seulement grâce aux cuvées citées ci-dessous mais aussi grâce à de nombreuses autres – rappelons que les prix affichés sont unitaires, par bouteille de 75cl – dépassant les 200€.
Le pinot noir est la star de ce classement : cinq des 10 bouteilles du TOP sont issues de cépage noble. Qu’il s’épanouisse sur les terres bourguignonnes ou les coteaux champenois, ce cépage délicat y est vinifié, toujours avec un soin extrême.
Les enchères de 2025 voientt la Bourgogne s’imposer avec force en tête du classement. Maison Glandien, le négoce de Tino Kuban, formé aux côtés de Bernard Van Berg et animé de la même exigence artisanale, s’installe en première place avec son Vin de France adjugé à 588 € l’unité. L’héritier spirituel de Van Berg confirme ainsi que les vignes de Puligny-Montrachet n’ont rien perdu de leur aura, même entre de nouvelles mains. Une ascension remarquée, qui fait écho à la légende de son mentor.
En cinquième place, le rosé 2017 du domaine Prieuré Roch s’impose à 200 € conserve sa présence dans ce palmarès avec cependant un recul de trois places. Ce domaine emblématique de la Côte de Nuits, réputé pour ses vinifications et vendanges sans soufre, sur des parcelles d’appellations prestigieuses comme Vosne-Romanée ou Nuits-Saint-Georges, continue de proposer un rosé d’exception, structuré comme un rouge délicat.
Dans tous les esprits, la Champagne rime avec vins effervescents, mais pas seulement… En 1974 naît l’appellation Côteaux Champenois, avec des vins fins et faciles à déguster. Aurélien Lurquin prend rapidement ses marques avec sa cuvée Les Forcières 2019 (#4, adjugé 376€). Vinificateur naturel, en biodynamie, Lurquin est désormais incontournable dans les catalogues d’enchères de nos amateurs éclairés.
On retrouve ce même profil dans les cuvées des Horées avec le Rosé Bonheur à la septième place du classement (158 €) ou à la neuvième place Élise Bougy avec ses Coteaux Champenois Les Mesneux 2021 (150 €). Tous défendent une approche minimaliste, avec peu de soufre, des élevages précis et une expression fine du pinot noir, souvent en rosé de macération ou clairet de grande intensité.
Ce que révèle ce palmarès, c’est que le pinot noir n’est plus seulement roi en rouge. Il devient aussi le cépage noble du rosé haut de gamme, capable d’exprimer autant la délicatesse que la structure. Dans un contexte de réchauffement climatique, sa fraîcheur naturelle séduit, tandis que les vinifications longues (rosés de saignée, macérations) permettent de créer des vins à la fois tendus, fruités et complexes, souvent aptes au vieillissement. Cette orientation stylistique, très éloignée des rosés pâles de consommation immédiate, explique aussi les prix élevés atteints.
l’Auvergne, la Loire, le Rhône et la Rioja: les surprises du classement
Si la Bourgogne et la Champagne dominent par la rareté et l’élégance de leurs rosés, l’Auvergne, la Loire, le Rhône et l’Espagne font entendre une autre voix, peut-être plus forte et intense. Moins attendus dans ce type de palmarès, ils y entrent cependant avec des cuvées à forte personnalité, souvent portées par des démarches naturelles, et commencent à s’y faire une place.
Aurélien Lefort, vigneron d’Auvergne, s’empare de la deuxième place avec son Vin de France Coeur Brisé (551 €), signe que le pinot noir n’est plus le monopole bourguignon ou champenois pour atteindre les sommets.
La Loire fait également son entrée fracassante avec Les Jardins de la Martinière et leur cuvée X/RS15 millésime 2015, adjugée à 501 €, une preuve que les amateurs s’intéressent désormais à des terroirs moins balisés pour le rosé de garde.
La Vallée du Rhône se hisse à la sixième place avec L’Anglore et son Tavel (163 €), l’un des rares rosés d’appellation à entrer dans ce type de classement. Appellation historique dédiée exclusivement au rosé, Tavel confirme ici que structure et complexité ne sont pas l’apanage des seuls vins de macération bourguignons.
Du côté de la Rioja, R. Lopez de Heredia ferme ce palmarès avec son Gran Reserva Rosado Viña Tondonia (#10, adjugé 144 €). Ce domaine mythique fondé en 1877, reconnu pour ses élevages interminables, produit un rosé puissant, structuré, d’une remarquable capacité de garde, aux antipodes des rosés de consommation immédiate.
Le Roussillon, fidèle au poste
Dans le Roussillon, Alain Castex est une figure culte du vin naturel en France, connu pour son travail d’artisan pur et sans compromis. Après avoir co-fondé le Casot des Mailloles à Banyuls, il a lancé Les Vins du Cabanon à Latour-de-France. Ses vins sont faits à toute petite échelle (souvent moins de 2 000 bouteilles par cuvée), et sont donc extrêmement rares et prisés. C’est ainsi que le Canta Manana d’Alain Castex a pu s’envoler au prix de 150€.
Quand Provence et Bandol brillent… par leur absence
Ce classement met en lumière des rosés parfois rares ou produits en quantités microscopiques, ce qui explique les niveaux atteints aux enchères. Mais certains noms emblématiques brillent ici… par leur absence du top 10.
On pense notamment aux grands vins de Provence et Bandol, régions plus connues du grand public et historiquement associées aux « grands » rosés. Les domaines comme Château Simone (Palette), Tempier (Bandol), Emmanuel Reynaud (avec son vin de France Parisy), Sylvain Pataille (Fleur de Pinot) ou château d’Esclans (Côtes de Provence, qui signe notamment la cuvée whispering angel) avec son iconique Garrus, figurent peut-être plus bas dans le classement, mais gardent des cuvées aux prix plus que respectables, souvent entre 70 et 150€.
Ces prix, plus « raisonnables » traduisent en aucun cas un manque de prestige, mais plutôt un équilibre entre accessibilité et durabilité. Leur absence du sommet ne doit pas masquer leur importance. Ces domaines jouent un rôle central dans la construction de l’image du rosé haut de gamme auprès du grand public. Garrus reste l’un des rosés les plus luxueux et médiatisés de Provence, Simone un classique absolu, et Tempier un pilier du rosé de garde à Bandol. Même s’ils ne sont pas dans les plus haut classés lorsqu’on parle d’enchères, ces domaines restent des valeurs sûres pour tous types d’acheteurs, pour les plus grands amateurs certes, mais aussi pour un public plus large.
| Rang 2025 | Description du lot | Prix adj lot TTC | Prix unit. TTC (éq. 75cl |
| 1 | 1 bt – Vin de France – Origine La Terre Maison Glandien 2022 | 588,44 € | 588 € |
| 2 | 1 bt – Vin de France – Coeur Brisé Aurélien Lefort 2022 | 550,88 € | 551 € |
| 3 | 1 bt – Vin de France – X/RS15 Les jardins de la Martinière 2015 | 500,80 € | 501 € |
| 4 | 1 bt – Coteaux Champenois – Pinot Noir Les Forcières Aurélien Lurquin 2019 | 375,60 € | 376 € |
| 5 | 2 bt – Bourgogne – Prieuré Roch 2017 | 400,64 € | 200 € |
| 6 | 1 bt – Tavel – L’Anglore 2012 | 325,52 € | 163 € |
| 7 | 2 bt – Bourgogne – Rosé Bonheur Les Horées 2022 | 315,50 € | 158 € |
| 8 | 1 mag – Vin de France – Canta Manana Les Vins du Cabanon – Alain Castex 2015 | 300,48 € | 150 € |
| 9 | 1 bt – Coteaux Champenois – Les Mesneux Elise Bougy 2021 | 150,24 € | 150 € |
| 10 | 2 bt – Rioja – Gran Reserva Rosado Vina Tondonia R. Lopez de Heredia 2010 | 287,96 € | 144 € |
Les grands oubliés du classements
La cuvée Garrus du Château d’Esclans (château qui signe la cuvée whispering angel)
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