Primeurs 2025 analyse millésime

Comment s’est passé l’année 2025 pour le vignoble bordelais ? A quoi va ressembler ce millésime dans le verre ? On vous dit tout !Ne gardons pas le suspens plus longtemps : le millésime 2025 s’annonce superbe ! Analyse détaillée du millésime 2025 à Bordeaux.

Comme chaque année, l’équipe iDealwine sera présente en force dans le vignoble Bordelais pour aller à la rencontre de ce nouveau millésime 2025 et en déguster les vins. Océane et Raphaël, du bureau de Bordeaux, mais aussi Elsa, Angélique, Victor et même Cyrille, notre PDG, ne manqueront pas de vous faire part de leurs impressions à l’issue des dégustations et surtout de leurs coups de cœur.

Nous compléterons donc cet article un peu plus tard, mais pour l’heure, nous vous retranscrivons fidèlement les première analyses déjà sorties et en premier lieu, la très attendue analyse de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux, réalisée par des figures reconnues, le Pr Laurence GENY, Elodie GUITTARD, le Dr Valérie LAVIGNE et le Pr Axel MARCHAL.

Météo du millésime 2025 : une année idéale dans le contexte du réchauffement climatique

Après une année 2024 rude sur le plan climatique et éprouvante pour les vignerons, 2025, qui a connu des conditions météo proches de la perfection, a offert aux vignerons un répit bienvenu.

Un hiver sec et doux

L’hiver a globalement été doux et plutôt sec – la pluviométrie étant légèrement excédentaire en janvier puis plutôt déficitaire en février et mars, avec des températures plus élevées que la moyenne trentenaire. Quelques jours de froid en février ont permis d’éviter un débourrement trop précoce (risqué pour le gel) qui aurait pu arriver étant donné le caractère globalement doux de cet hiver. Le débourrement est ainsi observé au cours de la première dizaine d’avril.

Un printemps sec et doux, gage d’un très bon état sanitaire de la vigne

La vigne a repris son cycle au début du mois d’avril, relativement pluvieux, et rapidement de bonnes conditions – douces et sèches – se sont installées dans la deuxième moitié d’avril, favorisant la bonne croissance des pieds et limitant la pression phytosanitaire (peu de mildiou grâce au bon ensoleillement et aux faibles précipitations).  À partir de la fin du mois de mai, l’augmentation des températures accentuent la précocité du millésime.

Plutôt précoce, la floraison a démarré à la fin du mois de mai et s’est développée rapidement, prédisposant à une maturation homogène, et sans problèmes de coulure (ou perte de certaines fleurs du fait de leur absence ou d’une mauvaise fécondation) ou de millerandage (ce défaut de maturation de la vigne aboutissant à un avortement partiel des raisins). La nouaison (ou transformation de la fleur en fruits) se déroule elle aussi dans des conditions idéales grâce à un début de stress hydrique permettant de limiter la taille des baies et de développer la synthèse de composés phénoliques. A noter tout de même, que dès cette étape, le potentiel quantitatif de la récolte apparaît limité.

Un été chaud et sec, ponctué de pluies salvatrices

L’été s’installe bien et la précocité du cycle phénologique (phases de développements saisonniers) s’accentue. Quelques épisodes orageux parfois intenses et parfois accompagnés de grêle voient le jour au mois de juin, mais n’occasionnent que peu de dégâts dans le vignoble. Globalement, on observe surtout une raréfaction des pluies.

La faiblesse des précipitations accentue progressivement le stress hydrique qui finit par stopper la croissance de la vigne avant la véraison (le moment où les raisins commencent à changer de couleur). Cette dernière débute fin juillet et se déroule là encore de manière rapide et homogène, sur une dizaine de jours. À la mi-août, un épisode caniculaire s’installe, avant les pluies salvatrices de la fin du mois, grâce auxquelles la maturation des raisins s’achève dans de bonnes conditions, évitant toute surmaturation.

Des conditions idéales pour les vendanges, permettant une grande liberté de choix

La récolte des raisins blancs démarre juste avant la mi-août puis se généralise dans la deuxième quinzaine du mois. Ces vendanges précoces permettent ainsi de conserver des niveaux élevés d’acidité des baies (très bénéfiques pour l’équilibre des vins) et un excellent potentiel aromatique.

Du côté des rouges, les premiers merlots sont vendangés au début du mois de septembre dans de bonnes conditions, offrant une grande liberté de choix dans les dates de vendanges des différentes parcelles. Les cabernets sont eux aussi récoltés dans le courant du mois de septembre, confirmant la précocité du millésime. Là aussi, pour les rouges, le potentiel qualitatif apparaît nettement. Les raisins sont parfaitement mûrs et sains.

Pour les blancs, les premiers sauvignons sont récoltés dès le 11 août. Les raisins s’avèrent sucrés, très aromatiques et à l’acidité préservée. Les vendanges des sémillons, très précoce également, débutent le 14 août. Les raisins se montrent eux aussi équilibrés et aromatiques (fruits blancs et jaunes), apportant chair et gourmandise aux assemblages.

Enfin, dans le Sauternais aussi, les conditions de récolte sont idéales – ce qui n’est pas toujours facile, l’apparition du botrytis nécessitant des conditions météo bien spécifiques -. L’alternance de périodes humides et sèches permettent l’installation du botrytis ainsi que la concentration des raisins. À partir du 20 septembre, les vendanges ont pu démarrer et s’effectuer en plusieurs tries ; elles se sont achevées à la mi-octobre. La récolte a atteint un superbe niveau qualitatif – avec des raisins dotés d’un bon potentiel aromatique – et un bon niveau quantitatif.

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En bref, 2025 apparaît comme un grand millésime, qui a bénéficié d’excellentes conditions météo dans le contexte du réchauffement climatique (millésimes plus chauds et précoces que par le passé, vendanges précoces et courtes), mais qui semble avoir miraculeusement échappé aux inconvénients des années chaudes (surmaturation, faibles acidité, degrés alcooliques très élevés…), sans doute grâce aux épisodes de pluies arrivés au bon moment plusieurs fois dans l’année. Pour autant, malgré les excellentes conditions climatiques, le millésime 2025 apparaît limité en quantité : la petite taille des inflorescences (ensemble de fleurs groupées sur un rameau) résultant des mauvaises conditions observées l’année précédente, influe sur le millésime 2025 au travers de l’induction florale 2024 (phénomène physiologique qui fait qu’un bourgeon à feuille évolue en bouton à fleur).

Des vins de grande qualité, dans les trois couleurs

Les rouges atteignent dans l’ensemble un niveau remarquable, avec de légères différences selon les secteurs, qui s’expliquent par les averses localisées durant la maturation et à l’approches des vendanges. Les merlots se montrent extrêmement fruités et frais, sans aucune trace de surmaturation et dotés d’une belle profondeur. Les cabernet-sauvignon se révèlent eux aussi frais et fruités, avec de très bons équilibres sucres/acidité, les pH étant parmi les plus bas de ces dernières années (rappel : un pH bas signifie une acidité élevée) et les degrés d’alcool restent modérés, à environ 13,3 %. Ces qualités observées peuvent étonner étant donné le caractère chaud du millésime. Aucune note végétale n’est perceptible à la dégustation et les vins se montrent également denses et structurés.

Les blancs secs montrent de très beaux équilibres, offrant des vins étonnamment frais, gourmands et dotés de jolies matières amples et moelleuses. En revanche, pour ce très beau millésime de blancs, les quantités sont faibles, avec des rendements excédant rarement 20hL/ha.

Enfin les liquoreux se montrent très aromatiques (fleurs blanches, agrumes confits).

Vous l’aurez compris, 2025 annonce un grand millésime à Bordeaux et cela fait très plaisir !

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