Domaine-Porte-Saint-Jean

Nous avions eu la chance de découvrir ce domaine il y a près de 10 ans sur les salons angevins et nous voulions vous en apprendre plus sur cette sublime exploitation, qui demeure encore relativement discrète. Un grand domaine qui mérite votre attention et avec lequel nous sommes très fiers de travailler. Retour sur notre visite avec Sylvain Dittière en décembre dernier.

Un domaine récent… mais dont le nom date du XVème siècle

Le domaine de La Porte Saint-Jean est l’œuvre de Sylvain Dittière, qui s’est installé en 2010 à Montreuil-Bellay, après s’être construit une solide expérience dans des propriétés que vous connaissez tous : les domaines Gauby, Clos du Rouge Gorge, Marc Tempé, les Roches Neuves (Thierry Germain), au château Yvonne et même au Clos Rougeard. Notons d’ailleurs sa parenté avec le Clos Rougeard, puisque son épouse, Pauline, est la fille de Françoise et Charly Foucault (et donc la sœur d’Antoine Foucault, du domaine du Collier). Auparavant, Sylvain Dittière avait étudié en BTS viti-oeno et fait ses armes dans le Muscadet au château de Briacé puis au domaine de l’Ecu. Un CV plus qu’impressionnant donc, alors qu’il n’avait même pas 30 ans, et qui explique sans doute en partie le niveau remarquable atteint très rapidement par Sylvain.

Au-delà de ce « pedigree », il y a à la clef des vins de très haut niveau et qui nous ont tout simplement impressionnés. Et nous ne sommes évidemment pas les seuls puisque bien que ce nom soit resté relativement discret, il est tout de même bien connu des amateurs avertis et largement salué par les critiques professionnels comme l’une des signatures les plus solides de la région. Aujourd’hui, l’exploitation compte quatre personnes, dont un assistant et une apprentie.

Le nom du domaine vient de la magnifique et magistrale porte en pierre datant du XVème siècle, par laquelle on passe pour aller au domaine lorsqu’on vient du centre-ville de Montreuil-Bellay. Une centaine de mètres à peine séparent cette porte vieille de six siècles… et ce domaine vieux de 15 ans !

Un vignoble travaillé selon les principes bio

L’aventure débute en 2011 : « j’ai créé une adresse e-mail lorsque j’ai ouvert le domaine » nous dit Sylvain en rigolant. Il commence à reprendre des vignes en fermage et à acheter des raisins (bio) à un vigneron du coin. L’année suivante, il achète sa première parcelle puis agrandit par la suite progressivement son vignoble. Aujourd’hui, ce dernier s’étend sur 8 hectares (25.000 bouteilles par an environ) et bien que non certifié pour le moment, il est travaillé selon les principes de la bio, les sols sont travaillés en tracteur et avec beaucoup d’huile de coude – à des moments stratégiques, afin de limiter le tassement des sols et préserver leur équilibre biologique – et les vignes bichonnées tout au long de l’année. Les principaux produits utilisés sont : la bouillie bordelaise, du soufre, des décoction de prêle, consoude, ortie et écorce de saule.

Le domaine n’est pas travaillé en biodynamie – ils n’ont pas de dynamiseur -, mais ils suivent le calendrier lunaire pour toutes les interventions en cave ainsi que pour bon nombre des interventions à la vigne. « La biodynamie n’est pas notre religion mais plutôt notre allié« , nous confie-t-on au domaine.

Des vinifications naturelles

sylvain dittière

Les vendanges sont manuelles, avec aucun tri à la vigne, uniquement un tri sévère en cave. Assez logiquement, les vinifications sont elles aussi très naturelles, elles sont même nature : aucun intrant n’est utilisé et les fermentations sont spontanées ; l’usage du soufre est banni mis à part une pincée homéopathique avant la mise en bouteille (moins de 30 mg de SO2 total). On a bien affaire à une boisson 100% jus de raisin fermenté ! « Cela a toujours été un choix comme une évidence. L’intérêt étant de préserver au mieux l’identité de nos vins, leur expression, tout en garantissant une stabilité depuis notre chai jusqu’au verre de notre client. Et le tout sans maux de tête. »

Le vigneron prend son temps pour les macérations (100% des raisins égrappés), environ six semaines, mais sans aucune intervention (pas de pigeage ni remontage, pas même d’arrosage du chapeau). Ces vinifications très douces – un style qu’on qualifie généralement d’infusion – apportent aux vins un style extrêmement élégant et au fruité éclatant. Tout le travail se fait par gravité, avec un décuvage dans les fûts qui une fois remplis ne sont pas soutirés. La fermentation malolactique se fait en barriques. A noter que les blancs du domaine subissent des élevages particulièrement longs, de plus de 20 mois (lorsque nous visitons le domaine en décembre, les 2024 et 2025 sont alors encore en fût et le 2023 en cuve), dans différents contenants : barriques de 3-4 vins généralement, pièces de 500L ou demi-muids. A l’inverse, certaines cuvées comme Les Cormiers sont élevées avec 100% de barriques neuves. Perlées et Pouche, elles, voient également partiellement du bois neuf.

Le domaine a la chance de bénéficier de superbes caves creusées dans la roche et datant du XIIIe siècle, un endroit idéal pour l’élevage des vins.

cave porte saint jean

Les vins du domaine en vente

Le domaine de La Porte Saint-Jean atteint rapidement un haut niveau. Le millésime 2013, compliqué, fait connaître Sylvain : « Les petits millésimes font les grands vignerons ». Ses vins s’installent alors progressivement comme des valeurs sûres de la région. Des nectars très purs, profonds et complexes, précis, élégants et dotés d’une belle fraîcheur, d’une grande minéralité.

On nous résume le but recherché au domaine : « Nous cherchons à faire des vins que nous aimons boire, nous, en premier lieu. Nos vins doivent être des vins de plaisir avant tout. Nous recherchons la simplicité, et une forme d’authenticité. »

dégustation la porte saint jean

Voir les vins du domaine de la Porte Saint-Jean en vente

  • Vin de France six roses : assemblage de chenin, de sauvignon et de cabernet-franc, ce pétillant naturel rosé a été réalisé grâce à la macération de pétales de roses issues de la plantation du père du vigneron, horticulteur.
  • Saumur-Champigny : cette introduction au vin du domaine provient d’une parcelle au sol d’argile, de limon et de calcaire et a fait l’objet d’un élevage de 20 mois. Un délicieux vin fruité.
  • Vin de France Le Saut Mignon : délicieux jeu de mots que le nom de ce vin soooo mignon ! Cette micro-cuvée est – vous l’aurez compris – produite à partir du sauvignon blanc planté sur des sols calcaires. C’est l’un de nos coups de cœur ligérien, avec un élevage en fût qui apporte tout son équilibre à ce beau vin. La finale est magnifique, avec une grande salinité.
  • Saumur Les Pouches : issu d’une parcelle de silex et d’argilo-sableux, ce chenin est minéral, salin, délicat. 18 mois d’élevage et la définition de la pureté !
  • Saumur-Champigny Les Pouches : ce vin présente des notes fruitées intenses, d’épices et est doté d’une texture soyeuse, tout en finesse. Elevé en barriques pendant 24 mois il est à laisser patienter en cave pour une dégustation optimale. Le millésime 2022 dégusté dévoile un caractère mûr, avec peu d’alcool. Le 2019 est quant à lui plein de fruits rouges et d’épices, avec une grande délicatesse et des tannins fondus.
  • Saumur La Perlée (devient la Berlée lors de son passage en vin de France) : issu d’un terroir argilo-calaire, un pur chenin d’une grande fraîcheur, à savourer dans ses dix ans avec des mets fins comme un poisson noble. Le millésime 2025 dégusté sur fût est très délicat, floral (fleur blanche, sureau), avec des notes fines de poire et pomme. Sa version en 2024 est sur la même trame avec plus de fraîcheur.
  • Saumur-Champigny Les Beaugrands : cette cuvée est un monocépage de cabernet-franc âgé d’une quarantaine d’années et cultivé sur la parcelle éponyme « les Beaugrands ».
  • Saumur Les Cormiers : avec un élevage 100% en fût neuf, ce vin est issu d’une parcelle d’un hectare, avec des vignes de 80 ans. Des notes florales et toastées se dégagent à la dégustation du 2025 sur fût.
  • Saumur-Champigny Les Cormiers : la cuvée de saumur-champigny Les Cormiers est réalisée à partir de vignes âgées de 40 ans récupérées en 2012 sur des terroirs d’argile, de calcaire et de silex. A la dégustation, le millésime 2025 dévoile un végétal noble (eucalyptus, feuille de cassis) et des notes de fruits noirs (cassis). C’est un vin très délicat, aux tannins fins. Magnifique ! Le millésime 2019 en bouteille cette fois-ci se révèle extrêmement gourmand : groseilles, framboises, végétal noble, sèvre, épices douces, début de champignon… les tannins commencent à se fondre !
  • Hors catégorie : Sylvain nous a fait goûter un vin non commercialisé assez unique… un saumur blanc la perlée, issu d’une vendange tardive en 2020 qu’il a baptisé « Sakebon » (entendez « c’est ca qui est bon »). 1 seul fût. Le résultat est extraordinaire : ramassés en surmaturité, les chenins blancs ont réussi à monter naturellement jusqu’à 18 degrés (oui, oui, nous avions du mal à le croire !), dévoilant un vin sec, au nez de noix et d’abricot, à la bouche puissante et non oxydée. Un vin d’un autre monde !

Encore merci Sylvain pour cette visite !

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