
Pour les amateurs de vin, la rentrée rime avec l’ouverture des Foires aux vins. Ce rendez-vous est inscrit dans l’agenda des amateurs, qui partent chaque année à la chasse aux bonnes affaires à réaliser dans les grandes enseignes et chez les cavistes, en ligne ou de quartier. Les Foires aux vins peuvent offrir l’occasion de réaliser de beaux achats, mais les vins proposés s’inscrivent-ils dans la perspective de constitution d’une cave patrimoniale ? Angélique de Lencquesaing, Directrice Générale déléguée d’iDealwine, répondait il y a quelques jours aux questions d’Antoine Larigaudrie, sur BFM Business.
Les foires aux vins, débutent ces jours-ci. Qu’en est-il cette année, les amateurs vont-ils y trouver leur compte, et surtout de belles bouteilles pour constituer une cave susceptible de prendre de la valeur avec le temps ?
Les foires aux vins sont un rituel bien établi qui existe depuis 50 ans, lancé dans la grande distribution pour aider les vignerons (principalement bordelais) à vider leurs chais avant de faire rentrer la nouvelle vendange. L’occasion de proposer des prix attractifs et donc, de belles opportunités pour les amateurs. Qu’il s’agisse de bouteilles à petits prix ou parfois, de très grandes bouteilles.
Une question un peu délicate : dans un contexte où les gens boivent moins de vin, est-il encore judicieux de consacrer une partie de son patrimoine au vin ?
Les amateurs, et particulièrement les Français, ont considérablement réduit leur consommation. Nous sommes passés de 120 litres par an et par habitant dans les années 1960 à moins de 40L/habitant l’an dernier. Et c’est sans doute une bonne nouvelle. Les Français se recentrent sur des vins de plus grande qualité, consommés dans des occasions spéciales, et non plus au quotidien.
Dans le même temps, la consommation de vin s’étend dans le monde à la plupart des pays. 190 consomment du vin. Même si les tendances sont marquées par la modération, certains pays comme le Brésil, l’Inde, et en Asie, Singapour, la Corée du Sud et le Vietnam offrent une belle dynamique.
Donc il n’y a aucune raison de se montrer pessimiste, il faut juste bien choisir ses vins, les plus adaptés aux tendances de consommation qui évoluent.

Parlons des opportunités. L’amateur y fait-il vraiment de bonnes affaires, dans un objectif patrimonial ?
Un investissement patrimonial peut inciter à privilégier les grandes régions classiques, à commencer par Bordeaux. Ça tombe bien, la région est traditionnellement la plus représentée dans les catalogues, ainsi que nous l’indiquions. Mais depuis plusieurs années (avec une accélération depuis le Covid), ces Foires aux vins se sont diversifiées. Et c’est une bonne chose car elles ne se limitent pas à certaines régions, certaines catégories de vins, l’offre est vaste ! Et donc, il est nécessaire de faire le tri parmi les propositions et débusquer les fausses bonnes affaires. Les grandes enseignes organisent, pour la plupart d’entre elles, une Foire aux vins, de même que les réseaux de cavistes ou les sites de vente en ligne. Je ne peux donc pas vous parler de l’ensemble des Foires aux vins, elles sont trop nombreuses, tous circuits confondus.
En revanche, dans la Foire aux vins que nous organisons chez iDealwine jusqu’au 22 septembre, et qui compte 250 cuvées, les avantages sont réels, à commencer par celui des prix. Il ne s’agit pas de brader les vins, ce n’est pas notre politique, nous offrons plutôt des avantages à nos clients qui achètent dans la Foire aux vins, via des réductions selon les quantités achetées d’une même cuvée, auxquelles s’ajoutent des remises sous forme de bons-cadeaux calculés en fonction du panier d’achat.

Retrouvez l’interview intégrale d’Angélique de Lencquesaing sur BFM Business !
Vous avez évoqué les différentes catégories de vin : notre émission étant consacré au placement, trouve-t-on dans les Foires aux vins autre chose que des « petits vins » ?
Oui bien sûr, ce n’est pas parce que les Foires aux vins ont débuté dans les grandes surfaces que la sélection n’est pas qualitative. Le choix est au contraire de plus en plus vaste, chez iDealwine les prix débutent à moins de 9€. Il est donc nécessaire de bien cadrer ses besoins avant de se lancer. Certains amateurs remplissent leur cave une fois par an dans les Foires aux vins et c’est une excellente idée.
Il est nécessaire d’établir une distinction entre les vins à consommer rapidement, y compris au passage de très grands vins, que les enseignes – et particulièrement iDealwine – proposent dans des millésimes matures, prêts à boire. Et, d’autre part, les vins à acheter maintenant pour les conserver et, le cas échéant, en revendre tout ou partie d’ici quelques années.

Puisque nous nous adressons à la deuxième catégorie, celle qui voudrait s’adonner au placement vin, quelles sont vos recommandations pour bien acheter ?
Pour ce qui concerne l’investissement dans le vin, bien sûr, septembre est un moment rêvé pour faire de belles affaires dans cette perspective. Pour cela, trois principes méritent d’être respectés.
En premier lieu, retenons que « le vin n’est pas un placement de néophyte ». Si vous voulez faire de vos achats de vin un investissement, choisissez des bouteilles que vous rêvez de boire un jour, et que vous n’osez pas vous offrir. Sélectionnez-les soigneusement, avec passion, et qui sait, vous aurez peut-être un jour la joie de les ouvrir, plutôt que de les revendre ? En revendant leur cave aux enchères, ceux qui ont réalisé les plus belles plus-values sont précisément les amateurs qui l’avaient constituée dans le but de boire chaque bouteille acquise. En d’autres termes, pour réussir, ne considérez surtout pas le vin comme un placement, mais comme un graal à atteindre…
C’est un profil d’investisseur particulier que vous présentez là. Un néophyte ne peut pas se lancer dans l’achat en vue de faire un placement ?
Si, bien sûr, mais a minima, l’acheteur doit s’informer. De remarquables parutions décortiquent chaque année les Foires aux vins, du Point, le précurseur, à la Revue du vin de France, le magazine des amateurs, en passant par les choix des grands dégustateurs de l’équipe Bettane et Desseauve. Le Monde et le Figaro effectuent aussi un travail remarquable de sélection parmi les vins présentés. Tous fournissent d’excellentes pistes de choix.
Quelle est la deuxième idée sur laquelle vous souhaitez alerter les amateurs ?
« Le vin n’est pas un placement de court terme ». Ce n’est pas avec le vin que vous allez faire une « culbute » en claquant dans les doigts, et rapidement. Le vin demande de la patience, 8 à 10 ans avant de s’épanouir sur le plan gustatif. En termes de prix, c’est pareil.
Dans les Foires aux vins, vous allez trouver pour l’essentiel des millésimes jeunes. Attention de choisir les belles années, les millésimes dotés de belles perspectives de garde. Par exemple, à Bordeaux, privilégiez dans les catalogues les vins des très belles années récentes, 2022, 2020, 2019 quand vous les trouvez. Dans notre Foire aux vins, j’ajoute qu’iDealwine propose aussi des millésimes plus matures, prêts à boire, plus rares, donc plus susceptibles de se valoriser.
Huit à dix ans… les amateurs seront-ils suffisamment patients ? Ne risquent-ils pas se décourager s’il faut attendre aussi longtemps ?
La patience n’est pas la vertu cardinale du consommateur, et cette tendance ne fait que s’accélérer depuis la sortie du Covid. Il faut tout, tout de suite. Le vin est l’inverse de cela.
A moins d’opter pour une stratégie d’achat plus pointue, plus risquée : chaque année, iDealwine publie un baromètre des ventes aux enchères de vin. Une analyse poussée qui livre un guide des 1000, 1100 vins les plus recherchés de l’année dans les ventes aux enchères. Parmi ceux-là, certains sont rares, confidentiels. Je ne suis pas certaine qu’ils figurent dans beaucoup de sélections Foire aux vins mais une chose est sûre : ces vins rares, généralement produits en petites quantités, sont appelés à se valoriser rapidement. Mais encore une fois, nous nous éloignons de la catégorie des vins que l’on trouve dans les Foires aux vins. Lors de ces opérations commerciales l’amateur va plutôt trouver des valeurs sûres, « père de famille », qui vont se valoriser doucement dans le temps.

Les Foires aux vins ont longtemps fait la part belle aux grands crus de Bordeaux. Est-ce toujours le cas, et quelle part faut-il leur consacrer ?
La troisième idée à combattre est la suivante : souvenez-vous qu’il n’y a pas qu’une seule catégorie de vin qui peut s’apprécier. Les grands crus de Bordeaux disposent d’atouts incomparables en matière de placement : ils sont dotés de fabuleuses capacités de garde, ils sont renommés, ils s’appuient sur une distribution mondiale. Mais attention, les temps, les goûts changent. Très vite. Les occasions d’ouvrir une bouteille ont radicalement changé ces dernières années, et l’épidémie de COVID 19 a encore accéléré cette tendance. Les grands repas familiaux et amicaux se font plus rares, places aux apéritifs, aux soirées tapas informelles, aux nourritures plus légères, moins carnées. Attention à bien prendre en compte ces évolutions dans vos choix.
Vous voulez dire que Bordeaux n’est pas nécessairement le meilleur choix pour constituer une cave de placement dans les Foires aux vins ?
Avant tout, privilégiez les vins que vous appréciez. Mais aussi, considérez les tendances de consommation, que nous observons et suivons de près depuis 20 ans sur iDealwine dans les ventes aux enchères : la part des vins de Bordeaux demeure significative, elle représente près de la moitié des volumes adjugés dans nos ventes aux enchères, c’est un indicateur solide de la demande.
Toutefois, la part des autres régions progresse, en lien avec les tendances décrites (plus de vins blancs, des vins plus légers, adaptés aux effets du dérèglement climatique). Le succès de la Bourgogne en est l’une des illustrations mais pas la seule. Regardez aussi du côté de la Loire, de la vallée du Rhône, de l’Alsace… Ne négligez pas les grands vins blancs produits dans ces régions, le blanc est aujourd’hui la couleur préférée des Français. Et n’oubliez pas d’élargir le spectre aux vins étrangers, qui présentent de formidables opportunités, tant sur le plan gustatif que patrimonial !
Pour finir, quel prix minimum faut-il consacrer à l’achat d’une bouteille dans un objectif de placement ?
C’est une bonne question, car un grand vin nécessite de la patience. Vous allez devoir le conserver dans d’excellentes conditions, et attendre plusieurs années avant de le revendre avec bénéfice. C’est le moment d’aménager une belle cave pour accueillir vos bouteilles, et débuter une collection d’amateur. L’espace, et le temps ont un coût. Donc il est préférable de se fixer un budget entre 30 et 50€ par bouteille au minimum. Ce qui ne signifie pas que des vins moins chers ne se valoriseront pas eux aussi…
Excellente Foire aux vins à tous !
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