Domaine Ostertag | Quand l’art et le vin cohabitent en Alsace

Installé à Epfig, dans le Bas-Rhin, un ancien village romain situé à une quarantaine de kilomètres au sud de Strasbourg, le Domaine Ostertag n’est pas le plus ancien domaine d’Alsace, mais pourtant l’un des plus prestigieux : le guide de la Revue du vin de France lui décerne tout simplement 3 étoiles (sur 3). Sa renommée s’est pourtant construite en deux générations, c’est désormais Arthur, représentant la 3ème génération, qui en tient aujourd’hui les rênes.

 

Le domaine Ostertag est récent : ce sont Irma et Adolphe Ostertag qui l’ont créé en 1966, avec seulement 20 ares de vignes notamment sur le terroir de Fronholz. « On l’appelle le pionnier de la famille, c’est lui qui s’est lancé dans l’aventure ! ». A l’époque, Adolphe alterne ses journées entre les vignes et la voiture : il continue son travail de professeur d’auto-école pour subvenir aux besoins de la famille. « Mon grand-père a eu l’opportunité d’acheter les parcelles que les plus vieux ne voulaient pas : les vignes pentues, sur les côteaux, qui sont aujourd’hui des plus intéressantes ». Passionné par le travail en vignes, sa volonté le pousse à valoriser toujours plus les terroirs et les parcelles dans l’identité de ses vins.

« La cave est à toi ! ». C’est ce que déclare Adolphe Ostertag à son fils André lorsque celui-ci le rejoint au domaine dans les années 1980. « Mon grand-père avait moins de sensibilité en cave que mon père, celui-ci lui a donc confié les clés de ce lieu dès son arrivée, ce qui lui a permis de créer son propre style de vins. » L’identité du domaine commence alors à se révéler, les vins sont de plus en plus reconnus et gagnent en qualité, ils sont particulièrement purs et élégants. Maîtrise des rendements, conduite soignée du vignoble, vendanges à la main, vinification méticuleuse, élevage pour partie en barriques (sur les pinots gris) : tout est pensé et réalisé pour élaborer les vins les plus purs et les plus complets qui soient. En 1997, il a converti son vignoble en agriculture biologique (certification AB) puis en biodynamie (non certifié). André se bat notamment à l’époque pour la classification de certaines parcelles en grand cru.

André Ostertag et son épouse Christine Colin sont deux artistes qui se sont épaulés l’un l’autre pour assumer cette passion commune, au point de faire du domaine Ostertag un lieu où l’art et le vin cohabitent. André est un homme un peu poète, très proche de la nature, mais en même temps un vigneron extrêmement rigoureux qui sait qu’il ne faut pas se laisser déborder par celle-ci. Fou du riesling, il a écrit ces lignes dans son ouvrage intitulé The Riesling Manifesto : « C’est comme si la vigne reliait le haut et le bas, le ciel et la terre, l’ombre et la lumière. Elle les réunit même, par les racines qui remontent les éléments profonds et par les branches qui redescendent les éléments célestes. Et la sève qui circule de bas en haut et de haut en bas, importe et exporte les éléments d’un corps à l’autre. La vigne est un lien entre le très haut et le très bas, une sorte de pont qui facilite les échanges. Et son fruit, le raisin, est la mémoire vivante de cet échange. Quant au vin, il n’est ni plus ni moins que la transmutation de ce raisin. » De son côté, Christine est une artiste encore assez discrète avant que sa rencontre avec André ne la conforte dans son art. Si vous êtes un jour amené à visiter le domaine à Epfig, vous pourrez visiter l’atelier de cette femme talentueuse – artiste peintre plasticienne à 100% désormais – où les œuvres sont clairement inspirées des formes des ceps, de l’éclat des vins… C’est également à elle que l’on doit les magnifiques étiquettes du domaine, toutes différentes, qui illustrent chacune des cuvées et en révèlent la sensibilité.

Arthur arrive en 2015 dans le domaine pour se former, c’est en 2018 qu’il prend officiellement la suite de son père qui se retire alors. Né à Strasbourg, il se définit comme un « enfant de la ville » : « Enfant, je vivais à Strasbourg et donc bien loin des vignes où travaillait mon père. J’ai mis du temps à comprendre ce qu’il faisait réellement, et me suis donc orienté vers une école de commerce. » Lors de son cursus, il prend l’avion pour la Nouvelle-Zélande afin de réaliser une expérience à l’étranger. Il y rencontre alors James Hilton, un vigneron qui lui parle de la vigne comme une énergie, une façon de travailler qui appréhende la sensibilité de la plante et du viticulteur. De retour en France, c’est décidé, il quitte son école de commerce pour se lancer dans un BTS de viticulture et œnologie à Beaune, et fait son apprentissage chez les Comtes Lafon à Meursault.

Le domaine compte aujourd’hui 15 hectares, conduits en biodynamie. « Je suis contre les recettes. Le vivant nous étonne toujours, et ce n’est pas à la vigne et au climat de s’adapter à nous, mais à nous de les apprivoiser. L’on peut avoir des convictions sur la façon de mener au mieux ses travaux sur les vignes et les raisins, mais c’est tous les jours que l’on est étonné par ce qui advient finalement ». C’est véritablement le ressenti qui guide Arthur dans ses vignes, où il ne cesse donc d’être à l’écoute, observateur des moindres éléments ou réactions de la plante. Une des forces du domaine Ostertag vient de justement cette grande liberté de création : l’histoire du domaine est suffisamment récente pour que chacun de ses membres puisse apporter sa pierre à l’édifice et n’ait pas peur du changement, Arthur en est convaincu.

Arthur est entouré de deux personnes au bureau et de 4 personnes aux vignes. Aux vignes, il ébourgeonne à 100%, et tente d’utiliser de moins en moins le tracteur : « C’est simple, chaque passage doit se justifier 3 fois, pour être sûr de ne pouvoir faire sans. Depuis 3 ans, j’ai déjà baissé de 35% son utilisation, je n’en suis pas peu fier ». Le but étant de pouvoir préparer les sols à être plus flexibles au climat de plus en plus extrême. Le domaine Ostertag utilise déjà des chevaux en prestation pour les labours, mais l’idée d’avoir un cheval de manière pérenne est vraiment au cœur des questionnements : « je ne souhaite pourtant pas former une seule personne sur le cheval, je souhaite vraiment que ce projet soit porté par tous, qu’il soit intégré de manière centrale au domaine et à son fonctionnement ». L’idée est de réaliser le plus beau raisin à la base, gage d’un vin de qualité. Après les vendanges, le pressurage est long et doux afin de préserver la finesse du fruit. Les vinifications et fermentations sont longues, entre 8 et 15 mois. Tous les pinots (blanc, gris et noir) sont vinifiés en fûts bourguignons, de plus de 13 ans pour certains, Arthur étant assez peu favorable aux fûts neufs. Le soufre n’est utilisé qu’en quantités minimes (2 grammes) au moment de la mise en bouteilles, ce de manière absolument pas systématique et en fonction de la cuvée. Quelques vins sont nature, et Arthur fait également des élevages dans des amphores. Tous ses efforts ont mené les vins à un niveau de qualité remarquable, faisant du domaine Ostertag un des plus prestigieux d’Alsace.

Ce qu’en disent les Guides

C’est un sans-faute sur la Revue du vin de France, 3 étoiles sur 3 : « 2018 signe un nouveau départ au domaine avec la prise en mains d’Arthur, le fils d’André Ostertag. D’une sensibilité aussi aiguisée que son père pour les blancs, il a apporté sa touche dès 2016 sur quelques cuvées et a notamment fait progresser les rouges. La famille exploite de belles parcelles dans les terroirs de Zellberg et du Fronholz, sur le grand cru Muenchberg, sans oublier le Clos Mathis, sur le Hagel, à Ribeauvillé. Tout amateur d’Alsace se doit de connaître ce domaine, dont les vins magiques procurent beaucoup de plaisir. La tenue dans le temps de l’ensemble des cuvées est indéniable, mais l’accessibilité du fruit reste immédiate pour la gamme Jardins, par exemple. Le résultat, sans doute, d’un travail de la vigne en biodynamie depuis vingt ans, complété d’une vinification toujours précise et pure. »

Bettane & Desseauve accordent 4 étoiles sur 5 au domaine : « André Ostertag est lun des vignerons les plus attachants de la région. Biodynamiste convaincu, en perpétuel questionnement quant à ses pratiques viticoles, il cultive avec un soin extrême ses belles parcelles sur le Fronholz et le grand cru Muenchberg. La gamme régale du début à la fin, le domaine étant lun des tout meilleurs spécialistes du pinot gris, quil réussit comme peu en Alsace, notamment la splendide cuvée de muenchberg A360P, dont le curieux nom vient de la parcelle au cadastre. Arthur, le fils dAndré, est revenu au domaine en 2016, et a vinifié les 2017 avec son père avant d’être seul aux commandes dès 2018, André devant prendre un peu de recul. »

Les vins du domaine en vente sur iDealwine

 

Riesling Les Jardins (blanc) : La définition du riesling selon Arthur Ostertag.

Pinot Gris Les Jardins (blanc) : La signature « pinot gris » d’un des domaines les plus prestigieux d’Alsace.

Riesling Clos Mathis (blanc) : « C’est l’enfant caché du domaine. »

Pinot Gris Fronholz (blanc) : Un pinot gris sec, élancé et épicé qui fera honneur à de nobles crustacés.

Pinot Gris Zellberg (blanc) : Signé par une icône biodynamique, ce pinot gris surprend par son superbe potentiel de garde.

Riesling Grand Cru Muenchberg (blanc) : Un vin aérien aux notes confites et à la finale saline. Une superbe illustration du grand cru Muenchberg !

Pinot Noir Fronholz (rouge) : Un joli pinot noir cultivé sur la parcelle la plus intéressante d’Epfig.

Gewurztraminer Les Jardins Sélection de Grains Nobles (blanc liquoreux) : Une sélection de grains nobles de gewurztraminer qui vous séduira !

Gewurztraminer Fronholz Vendanges Tardives (blanc liquoreux) : Une belle expression du temps et de la surmaturité, produit sur le Fronholz.

 

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