Domaine Chandon de Briailles, la future star de la Côte de Beaune

Claude-et-François-de-BriailleLe domaine Chandon de Briailles est une véritable merveille de la Côte de Beaune. Une pépite encore un peu cachée mais déjà largement repérée par les professionnels.  On vous explique pourquoi ce domaine est la future super star de la Côte de Beaune et même de toute la Bourgogne. Interview de François de Nicolay à l’appui.

Nous avons découvert ce domaine récemment, au salon des vins d’Angers et ça a véritablement été un ENORME coup de cœur ! Des vins qui nous ont ébloui et profondément marqué. Autant vous dire que nous n’avions qu’une hâte : pouvoir les proposer sur iDealwine pour votre plus grand plaisir (et surtout le nôtre 😉). On vous fait découvrir ce domaine exceptionnel, qui sera à coup sûr l’une des prochaines super stars bourguignonnes.

Une longue tradition familiale

Le domaine Chandon de Briailles, situé à Savigny-Lès-Beaune, à quelques kilomètres au Nord de Beaune, est la propriété de la même famille depuis 1834 ; il appartient actuellement au Comte et à la Comtesse Aymard-Claude de Nicolay et leurs enfants. Le Comte l’a hérité de sa grand-mère la Comtesse Chandon de Briailles. Comme son nom peut le laisser supposer, cette dernière était apparentée à la célèbre maison de champagne Moët et Chandon.

Nadine de Nicolay a repris le domaine familial en 1982, auquel elle a su redonner ses lettres de noblesse et aujourd’hui, ce sont ses enfants, Claude et François de Nicolay qui dirigent ensemble la propriété depuis 2001.

Claude a étudié la viticulture à Beaune puis l’œnologie à Dijon. Après une expérience aux Etats-Unis et en Nouvelle Zélande, elle rejoignit le domaine en 1991 et créa son laboratoire d’œnologie. Son frère François est quant à lui passé par une école de commerce et a exercé dans la distribution de vin à Paris. Au domaine, le duo se répartit bien les tâches (gestion de l’équipe, vignes et commercialisation pour François, vinifications et une partie de l’export par Claude), même si toutes les décisions stratégiques sont prises à deux. Le domaine est également fier de pouvoir compter sur son équipe : « On a une bonne équipe d’une dizaine de personnes, constituée de gens qui s’entendent bien et qui sont impliqués. Certains sont fidèles depuis plus de 20 ans. » , nous explique François de Nicolay.

Un vignoble des plus naturel

Pernand-Vergelesses-Chandon-BriaillesAujourd’hui, le vignoble s’étend sur 14 hectares, répartis entre les communes de Savigny-Lès-Beaune, Pernand-Vergelesses et Aloxe-Corton. Avant l’arrivée de la génération actuelle, le domaine était travaillé en agriculture raisonnée. Progressivement, de moins en moins de produits de synthèse ont été utilisés, les doses de soufre et de cuivre dans les vignes ont été nettement diminuées. Et dès 2005, le nouveau tandem à la tête de la propriété a initié un passage en biodynamie, même si la démarche de certification n’a été entamée qu’à partir de 2008, pour une certification Demeter effective à partir de 2011. C’est François de Nicolay qui a poussé dans cette direction. «  Mon expérience de marchand de vin à Paris et notamment les dégustations à l’aveugle de domaines que je distribuais, comme le domaine Leflaive m’ont intimement persuadé que les vins biodynamiques avaient vraiment quelque chose de supérieur. Un éclat, dans le fruit, dans la minéralité, que les autres n’ont pas. Je retrouvais ça chez Chidaine également et dans beaucoup d’autres domaines biodynamiques on retrouve des éléments communs. C’est un peu la lumière des vins. »,nous raconte-t-il. Et le changement fût un franc succès, « Ça nous a permis de vraiment retrouver l’identité de chaque terroir dans nos différentes cuvées. La biodynamie rend les choses plus évidentes et cela se retranscrit dans les raisins. », poursuit-il.

80% du vignoble est travaillé à la traction animale. Le soufre a été totalement banni des vignes et les doses de cuivre sont relativement faibles, de l’ordre 1 ou 1,2kg en moyenne, même si cela peut monter jusqu’à 3kg pour les années les plus difficiles. Pour rappel, les doses autorisées en biodynamie sont de 3,5kg par hectare lissées sur cinq ans. « Nous avons fait ce choix dans le but d’accroître la qualité et l’authenticité des vins, mais également pour le respect de l’environnement. Nos vignes s’en portent mieux et les raisins sont plus goûteux. Nos employés sont contents également car il n’y a plus aucun produit irritant utilisé. Les vignes sentent bon !« , précise le propriétaire. En complément de ces faibles doses de cuivre, seules des tisanes et décoctions de plantes sont utilisées, avec également une originalité : du lait frais écrémé dilué dans de l’eau, qui est pulvérisé pour remplacer le soufre. Il s’agit d’un traitement à la fois préventif et curatif. « Nous ne travaillons quasiment qu’en préventif. Parfois nous avons des débuts d’attaques de maladie, mais la vigne se défend bien, la biodynamie stimule énormément l’immunité des plantes. C’est en revanche un travail qui nécessite beaucoup plus de main d’œuvre, il faut repasser avant chaque pluie.« , précise-t-il.

Des vinifications nature, pour des vins éclatants

Domaine-Chandon-Briailles-caveAucun soufre n’est utilisé dans les vignes donc, et aux chais, ce sont uniquement des doses homéopathiques qui sont utilisées à la mise (1 ou 2 g), soit entre 15 et 40 mg/l de S02 total. Certaines cuvées sont également déclinées dans une version 0 sulfites ajoutés. Le domaine s’est orienté vers la diminution du soufre en cave en même temps que le passage vers la biodynamie, avec un réel pas en 2011. « Le graal est évidemment pour un vigneron d’arriver à avoir 0 intrant, on a une grande satisfaction quand on arrive à ça, mais ce n’est pas toujours possible selon les millésimes.  »

La vendange, minutieusement triée et en partie en vendange entière, en partie en vendange éraflée, est mise en cuve ouverte. Toute la vinification se fait par gravité ou par pression de gaz inerte. Les proportions varient selon les millésimes et les climats. Mise à part un peu de soufre, aucun produit œnologique n’est utilisé et les fermentations démarrent naturellement, avec les levures indigènes. Il s’en suit des remontages quotidiens au départ, puis des pigeages manuels. Les vins sont ensuite élevés entre 14 et 18 mois dans les vieilles caves datant du XIIIème siècles, situées sous la cuverie. Durant l’élevage, il y a très peu de dégustation sur fûts et pas de soutirage, afin de protéger au maximum les vins de l’oxygène. « Après la malolactique, on essaie vraiment de conserver les vins de manière presque hermétique, même s’il y a une micro-oxygénation avec les fûts, afin de les protéger au mieux. » Les vins sont ensuite mis en bouteille sans filtration ni collage.

Le résultat ? Des vins éblouissants, profonds, complexes, d’une grande finesse, épurés et très séduisants avec leur toucher de bouche si soyeux. Ils retranscrivent fidèlement les spécificités de chaque terroir et chaque millésime. « Je suis avant tout un dégustateur et un consommateur de vin, rappelle François de Nicolay, je bois du vin tous les jours. Et pour moi, il faut qu’un vin soit digeste, et la biodynamie, la diminution de l’utilisation du soufre et du cuivre aident énormément dans ce sens. L’autre qualité nécessaire selon moi, c’est qu’un vin doit exprimer son terroir. Ce sont les deux points cardinaux de notre action. Un vin doit faire du bien à celui qui le boit. »

Le domaine produit environ 50 000 bouteilles par an, qui sont exportées à 60%. En France, ces vins se retrouvent sur les tables des plus grands restaurants étoilés comme l’Ambroisie, Pierre Ggnaire, le Bristol, Guy Savoy, l’Astrance…Labourage-cheval-Chandon-Briailles

Ce qu’en disent les guides

  • Le Revue du vin de France (**)

Propriété familiale depuis 1834, Chandon de Briailles est un des rares domaines de ce rang à avoir converti l’intégralité de ses 14 ha à la culture biodynamique sans transition (en 2011). Les vinifications sont ici très traditionnelles, avec une forte proportion de vendange entière pour les vins rouges et une utilisation très modérée du fût de chêne neuf. Ces vins peuvent parfois dérouter durant leur jeunesse, mais ils révèlent leur expressivité après quelques années en cave. Le vieillissement leur rend grâce et ils déploient alors toute la complexité des grands pinots floraux et raffinés.

Les vins : Le corton Clos du Roi offre un nez somptueux avec une touche très fraîche et un végétal noble. La bouche poursuit ce sentiment d’élégance et de complexité. Un vin magistral par la précision et la distinction de son fruit. Le corton-bressandes paraît un rien plus solaire en comparaison. Il exprime la force tellurique de ce terroir mais avec moins de raffinement que le Clos du Roi. Le nez très doux du blanc évoque la croûte de pain ; aéré, une note intense de pierre à feu domine. Dans la bouche ciselée, intense, citronnée, puissance et vivacité font jeu égal.

  • Bettane+desseauve (****)

Cette superbe bâtisse du XVIIIe siècle posée sur des caves cisterciennes abrite un domaine familial créé en 1834. Géré par depuis 2001 par le duo sœur-frère Claude et François de Nicolay, celui-ci s’étend sur près de 14 hectares intégralement conduits en biodynamie depuis 2005. Les vinifications sont des plus traditionnelles : raisins entiers, températures de fermentation n’excédant pas 30°C, et pas ou très peu de bois neuf. Un trio de conditions qui résume l’identité des vins, dont l’extraction colorante est aussi limitée que leur expression est intensément florale et raffinée. Le style des vins a beaucoup évolué en peu d e temps. Timides dans leur jeunesse et se révélant au vieillissement, ils sont désormais beaucoup plus expressifs jeunes sans rien perdre de leur capacité à fort bien évoluer. 2016 voit une incroyable délicatesse des rouges dès le bourgogne, en passant par le superbe aloxe-valozières et avec le clos-du-roi en point d’orgue.

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