Disparition de Vincent Mulliez, propriétaire de Château Belle-Vue

mulliezVincent Mulliez, propriétaire de Château Belle-Vue, s’en est allé à 44 ans, par une magnifique journée de printemps. Cet homme discret et talentueux laisse une empreinte particulière dans l’univers des grands vins.

iDealwine suit attentivement la progression des vins du Château Belle-Vue depuis le rachat du domaine par Vincent Mulliez en 2004. Nous vous avons régulièrement parlé de ce cru du Haut-Médoc dont il avait identifié le terroir de grande qualité, et qu’il avait eu à cœur de hisser au meilleur niveau. Et c’est sur un millésime magnifique que Vincent Mulliez nous quitte, probablement le meilleur produit à ce jour par le domaine. Le Château Belle-Vue 2009 accumule en effet les notes et les commentaires élogieux émis par les plus grands dégustateurs*. Compte tenu de la demande importante dont le vin faisait déjà l’objet auprès des acheteurs avant même sa sortie en primeur, nous avons dû batailler ferme pour que notre allocation reste significative, et nous nous apprêtions avec joie à vous proposer, dans le cadre de notre offre primeur, ce vin plus que prometteur. Ce sera chose faite, bien sûr, d’ici quelques jours, avec un soupçon d’émotion en plus.

128_prvParallèlement à la gestion de ses domaines (Château Belle-Vue, Château de Gironville et Château Bolaire) Vincent Mulliez, ancien banquier chez J-P Morgan pendant 15 ans, était revenu à ses premières amours : il avait créé il y a quelques années une structure de conseil en fusions-acquisitions dédiées au secteur viticole. Le succès avait rapidement été au rendez-vous, avec entre autres la vente de la société Vins Rares Peter Thustrup aux Caves Legrand et la cession des châteaux Charmail, Haut Milon et Rouillac. Mulliez & Associés avait également conseillé la famille Lorenzetti dans le cadre de l’acquisition des châteaux Pedesclaux et Lilian Ladouys, ces domaines étant désormais gérés par l’équipe technique de château Belle-Vue, sous la houlette de son directeur technique Vincent Bache-Gabrielsen. La continuité est aujourd’hui assurée par l’équipe talentueuse qu’il avait trouvée, puis renforcée au Château Belle-Vue, ainsi que dans le cadre de Mulliez & Associés, société de conseil créée avec Frédéric Boisseau.

La finesse de ses analyses, son regard sage, sans concession sur la fièvre qui s’empare actuellement du marché des grands crus, et aussi sa grande modestie vont indéniablement manquer à un milieu en manque de repères. Mais au-delà du producteur talentueux, du gestionnaire avisé et du conseiller financier hors pair, c’est à un ami sincère, fidèle et loyal que nous souhaitons aujourd’hui rendre hommage. Toute notre équipe adresse à son épouse, ses cinq enfants, ses associés et collaborateurs nos très sincères condoléances et nos amicales pensées. Gageons que de là où il nous regarde, il continuera à nous adresser ses clins d’oeil malicieux et ses précieux conseils.

* A lire également :
Primeurs : 90-92/100 Parker pour Château Belle-Vue 2009, bientôt sur iDealwine (04/05/2010)

En savoir plus sur Château Belle-Vue

Le vin du Château Belle-Vue, réputé depuis la fin du XIXème siècle, était, jusqu’en 1995, intégré au Château de Gironville. C’est l’engagement du propriétaire de l’époque, Rémy Fouin, qui a permis à Belle-Vue de devenir un cru à part entière, avec la rénovation du site d’exploitation. Le nouveau propriétaire depuis 2004, Vincent Mulliez, tout aussi passionné, poursuit les mises en œuvre de son prédécesseur, dont il a d’ailleurs fait son conseiller viticole. Très attachée aux méthodes traditionnelles, cette équipe ambitieuse n’hésite pas, en revanche, à recourir aux outils les plus performants. Les dix hectares du domaine s’étendent sur un remarquable terroir qui, situé entre l’estuaire de la Gironde et l’Océan Atlantique, bénéficie d’un micro-climat agissant comme un régulateur de températures. Quant à l’encépagement, pour le moins original, outre le Cabernet Sauvignon (50%) et le Merlot (30%), il compte 20% de Petit Verdot, une proportion particulièrement importante pour ce cépage souvent minoritaire, mais qui confère au vin une élégante acidité. Sans oublier une touche de Carménère, un antique cépage bordelais qui enrichit subtilement la palette aromatique d’un doux arôme épicé.

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  • Voir les commentaires (3)

  • Isabelle

    Bonjour,

    Sincèrement très touchés par cette triste nouvelle…, que nous avons apprise effectivement par le forum BDE.

    http://www.forum.buveursdetiquettes.fr/viewtopic.php?f=6&t=5294#p35282

  • sebastien

    Tres triste nouvelle en effet, Tres bel hommage d’Angélique de Lencquesaing a cet homme passionne qui avait permis aux amateurs de decouvrir un nouveau bijou du Bordelais.

  • vigneras Philippe

    Triste nouvelle – Amités

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