Château Meyney | Une propriété historique de Saint-Estèphe

Le château Meney est une « main de fer dans un écrin de velours » dixit David Launay, le directeur commercial de cette propriété de Saint-Estèphe, qui sublime depuis plus de trois siècles les baies de son vignoble, afin de produire des vins à la fois puissants et délicats. Si ce cru n’est pas classé, il n’a rien à envier aux plus grands. Immersion.

Un château historique à la personnalité marquée

Si l’étiquette des flacons indique 1662, date à laquelle les Pères Feuillant, moines cisterciens, ont fini les travaux de reconstruction du monastère, le vignoble a en réalité été planté en 1625. Les vignes, plantées en polyculture, s’épanouissaient dés lors sur ce terroir d’exception. Après la Révolution française, le vignoble a atteint sa taille actuelle, 51 hectares.

Ce clos est situé face à la Gironde. C’est d’ailleurs l’un des rares châteaux à profiter de cette vue époustouflante. Le terroir est constitué d’un sol argilo-graveleux, tranché par une veine d’argile bleue (à l’instar du célèbre château Petrus), qui traverse le domaine et confère au vin une bouche crémeuse, pomerol-esque.

Si le vin du château est si particulier, c’est en partie grâce à son encépagement, assez unique. En effet, le vignoble est planté de 55% de cabernet franc, 30% de merlot et 15% de petit verdot. C’est ce dernier cépage qui marque tout « l’ADN Meyney. »  Les vieux pieds de petit verdot, plantés dans les années 50, s’épanouissent sur la partie basse du vignoble, composée d’une mosaïque de sols différents, qui leur donne un caractère tout à fait remarquable.

C’est aussi pour toute ces rasions que le vignoble a été classé « cru bourgeois » dès la naissance de ce classement. Depuis 2008, mais le domaine le domaine s’en est retiré, afin de s’affranchir des contraintes que cela peut induire, et pour définir ses propres lignes de conduite.

Une propriété en conversion biologique

Depuis une bonne vingtaine d’années, le domaine s’efforce de mener une agriculture respectueuse de l’environnement, pour la terre, mais aussi pour les Hommes qui y travaillent. Le domaine peut se vanter d’avoir été l’un des premiers à utiliser la confusion sexuelle afin de limiter l’usage d‘insecticides. Cette année marque leur premier millésime en viticulture biologique totale. Le château s’inscrit donc dans une démarche de certification, qu’il espère obtenir pour 2024 et ainsi entrer dans une « démarche vertueuse » autours de la biodiversité, de l‘économie énergétique et du respect du terroir.

Le château emploie 17 personnes à l’année, dont le maitre de chai Thomas Hernandez et le responsable de production Fabien Faget, qui veillent avec précaution sur les étapes de réalisation de ces précieux nectars.

Lors des vendanges, réalisées manuellement, une soixantaine de personne viennent prêter main forte à l’équipe permanente. Les grappes sont traitées avec le plus grand soin. Une attention digne des crus classés. Les baies sont éraflées, puis triées deux fois, à la vigne, puis au chai, et depuis 2011, le tri optique est pratiqué afin de sélectionner les meilleures. La macération dure entre deux et trois semaines. Le jus est dégusté quotidiennement ; afin d’assurer un suivi parfait. Les baies offrant une « générosité incroyable en termes de couleur et de tannins, », cette surveillance permet de maitriser parfaitement les extractions et d’’équilibrer les jus.

Anne le Naour, l’actuelle directrice générale de château Meyney , arrivée en 2010 , a permis d’apporter un « regard diffèrent et nouveau sur la fabrication des nectars, notamment sur les dates de récolte. Précise et méticuleuse, elle a partagé son expérience et sa précision, pour le meilleur de Meyney » nous rapporte David Launay.

Des vins époustouflants et riches :

Le soin apporte à la terre, aux vignes et à la vinification se retrouve indéniablement dans les flacons.

Le château Meyney est connu et reconnu pour ses robes aux couleurs éclatantes. Ces nectars, frais et équilibrés, offrent aussi une palette aromatique absolument incroyable, emplie d’épices et de poivre blanc.

La personnalité de chaque millésime est parfaitement retranscrite au cœur du jus.

Les 2008, qui se rapprochent des vins de Pomerol, offrent des notes truffées et traduisent particulièrement l’argile bleue présente sur son terroir. Les millésimes 2009 et 2010, quant à eux, sont puissants, et le parfait reflet de l’année ensoleillée qui leur a donné naissance. Ce sont, selon David Launay, des vins capables d’être gardés cent ans.  Définitivement des millésimes à avoir en cave, pour les amateurs des grands vins de Bordeaux ! 2012 est pour sa part porté sur le fruit et sur la gourmandise, avec un bel équilibre. Le 2011, qui va fêter ses dix ans, est un vin à ouvrir sans attendre, en le laissant s’aérer pendant deux heures au moins.

Le second vin du château, le prieur de Meney, représente un tier de la production du domaine. Loin d’être un vin de seconde catégorie, il est réalisé dans le plus grand soin. Issu de vignes plus récentes, il subit les mêmes étapes de vinification, et passe de longues semaines en barriques, dont 10 à 15% de neuves.

 Un château qui s’ancre dans l’avenir  

En termes de projets, le château se concentre sur sa démarche sociétale et environnementale, mais aussi sur le développement d’une démarche oenotouristique. Viti-pasteurisation, biodiversité et polyculture sont au cœur de la philosophie du domaine.  La boucle est bouclée, puisque cette philosophie de viticulture tend à se rapprocher de celle utilisée… en 1625 ! Un projet ambitieux, mais défendu avec ferveur par le château, plein de conviction !

Château Meyney :

Ce grand vin de Saint-Estèphe est issu d’un vignoble planté sur un sol composé de graves garonnaises et d’une veine d’argile bleue de trois mètres, enfouie profondément dans le sous-sol. Bien qu’il ne soit pas certifié en agriculture biologique, le domaine mène une agriculture raisonnée, dans le plus grand respect des baies. Les grappes de cabernet sauvignon, merlot et petit verdot à l’origine de ce nectar sont récoltées manuellement, et triées deux fois, à la vigne puis au chai. Elles sont ensuite vinifiées en cuves inox et béton thermorégulées, afin de préserver l’intégralité de leur fraicheur.
L’élevage varie selon les millésimes, oscillant entre 16 et 18 mois, et est réalisé dans des barriques de chêne, en parties neuves. En fonction des années, la proportion des cépages dans l’assemblage final évolue.
Au nez, ce nectar est marqué par des notes empyreumatiques de sous-bois, de boîte à cigare et de cèdre. En bouche, le vin se montre ample, charnu, doté d’une belle structure tannique. Il peut se prévaloir d’un grand potentiel de garde mais nécessite d’être attendu une dizaine d’années pour s’exprimer pleinement.

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