Retour sur les ventes du mois d’octobre sur iDealwine, où la forte dynamique de fin d’année est déjà enclenchée. Très vieux millésimes, grands formats et vins nature ont notamment tiré leur épingle du jeu.

Les enchères d’octobre en quelques chiffres clés

Chiffres généraux sur la vente

  • 14 780 lots vendus (+ 4,3 % par rapport à septembre)
  • 3,82 M€ d’adjudications au total, commission incluse (+19 % par rapport à septembre)
  • Prix moyen par bouteille (éq. 75 cl) : 158 €
  • 409 lots adjugés plus de 1 000 € la bouteille (éq. 75 cl).
  • Répartition régionale en valeur :
    #1 : la Bourgogne avec1,70 M€ (44 % du total)
    #2 : Bordeaux avec 888 k€
    #3 : la vallée du Rhône 403 k€
    #4 : la Champagne à 238 k€
    Les vins étrangers totalisent 224 k€ : ce mois-ci, la Toscane (75 k€) repasse devant le Piémont (58 k€)
  • Répartition régionale des acheteurs
    Les enchérisseurs français ont acquis 39 % des lots adjugés en octobre. À l’international, les principaux pays acheteurs sont Hong Kong (8 %), l’Italie (7 %), les États-Unis, l’Espagne, l’Allemagne et Singapour.
  • Répartition régionale des acheteurs (montant adjugé)

Les belles enchères (par bouteille, éq. 75 cl)

  • Romanée-Conti 2016, DRC : 17 738 € (+5 %)
  • Romanée-Conti 1974, DRC : 8 429 € (−16 %, trois bouteilles vendues entre 8 177 et 8 429 €)
  • Corton-Charlemagne 1996, Coche-Dury : 6 542 € (+25 %)
  • Meursault Pré de Manche 2007, Domaine d’Auvenay : 6 164 € (+453 %)
  • Puligny-Montrachet Les Enseignères 2013, Domaine d’Auvenay : 5 913 € (+18 %)

Performances remarquables

NB – Les prix sont exprimés à la bouteille (au format équivalent 75 cl,) commission incluse, et l’évolution est calculée par rapport à la Cote iDealwine® du mois précédent.

Bourgogne

  • Meursault Les Narvaux 1999, Domaine d’Auvenay : 4 906 € (+165 %)
  • Vosne-romanée 1er cru Aux Reignots 2010, Comte Liger-Belair : 2 390 € (+264 %)
  • Bourgogne Les Violettes 2011, Bizot : 2 264 € (+162 %)
  • Puligny-montrachet 1er cru Les Pucelles 1988, Leflaive : 1 321 € (+358 %)
  • Mazis-chambertin 1978, Faiveley : 1 135 € (+359 %)
  • Ruchottes-chambertin Clos des Ruchottes 1996, Armand Rousseau : 1 006 € (+187 %)
  • Pommard 1er cru Grands Épenots 1976, Michel Gaunoux : 818 € (+425 %)
  • Bourgogne aligoté 2010, Leroy : 403 € (+163 %)
  • Meursault Vieilles Vignes 2015, Bernard Bonin : 289 € (+274 %). Le Limozin du même domaine fait +251 %.

Bordeaux

  • Petrus 1970 : 3 271 € (+178 %)
  • Château la-mission-haut-brion 1934 : 1 258 € (+345 %)
  • Château gilette Crème de Tête 1937 : 1 082 € (+106 %)
  • Château-margaux 1966 : 818 € (+204 %)
  • Château-mouton-rothschild 1962 : 818 € (+96 %)
  • Château-figeac 1971 : 8 bouteilles vendues entre 365 et 478 €, soit de +217 % à +315 %
  • Château la-conseillante 1967 : 216 € (+288 %)
  • Château certan-de-may 2010 : 257 € (+209 %)

Champagne

  • Cristal 1979, Roederer : 956 € (+91 %)
  • Dom Pérignon 1983 : 755 € (+115 %)
  • Roses de Jeanne Le Creux d’Enfer 2011, Cédric Bouchard : 755 € (+106 %)
  • Moët & Chandon Impérial Brut 1980 : 226 € (+158 %)

Loire, Rhône, Jura et autres régions

  • Trésor d’Aiglepierre 2004, Jean-Marc Brignot (Jura) : 1 195 € (+164 %)
  • Fonsalette 1979, Emmanuel Reynaud : 503 € (+94 %)
  • Jasnières La Coulée 2002, Jean-Pierre Robinot : 327 € (+99 %)
  • Chinon Les Varennes du Grand Clos Franc de Pied 2005, Charles Joguet : 203 € (+263 %)
  • Pays d’Hérault 2018, Maxime Renaudin : 302 € (+205 %)
  • 12 Watts 2021, Benoît Rosenberger (Auvergne) : 1 258 € (+715 %), avec 39 enchères

Vins étrangers

  • Vega Sicilia Unico 1976 : 755 € (+543 %)
  • Brunello Cielo 2018, Stella di Campalto : 533 € (+109 %)
  • Opus One 2013 : 503 € (+94 %)

Le succès des millésimes collectors, une constante aux enchères

Les enchères sont le paradis des amateurs de grands vins, notamment dans des vieux, voire très vieux millésimes. Le mois d’octobre s’est encore illustré en la matière.

Les grands classiques de Bordeaux anciens ont ainsi brillé aux enchères avec par exemple un château-la-mission-haut-brion-1934 adjugé 1 215 € (+ 300 %), un château-gilette – Crème de Tête 1937 à 1 045 € (+ 91 %), un château-mouton-rothschild- 1947 vendu 2 916 € (+ 31 %) ou encore un petrus-1970 vendu 3 159 € (+ 169 %).

Quelques grands vins de Bourgogne très matures ont aussi séduit les amateurs comme ce nuits-saint-georges 1er cru Aux Boudots 1962 de Charles Noëllat, adjugé 352 € (+ 45 %) ou un flacon de la-tâche 1972 (DRC), vendu 3 548 € (+ 109 %).

Les vieux madères et portos sont également recherchés et bien valorisés : un madère de 1905 s’est ainsi vendu 608 € (+ 163 %), tandis qu’un porto de 1916 a atteint 486 €.

Mais ce sont presque toutes les régions qui sont concernées par le succès des vieux millésimes : vieux italiens, vins jaunes, champagnes, rhônes…

Les formats atypiques ont la cote

Les formats atypiques – donc plus rares – et notamment les grands formats sont aussi habituellement des lots prisés aux enchères. L’on observe surtout la surcote à partir des formats supérieurs au magnum, ce qui peut s’expliquer par leur rareté d’une part et d’autre part par leur remarquable capacité de vieillissement. Quelques exemples au mois d’octobre :

  • Un magnum de vosne-romanée 1er Cru Au Cros Parantoux Méo-Camuzet 1996, adjugé 4 131 € (+ 23 %)
  • Un magnum de corton-charlemagne Grand Cru Bonneau du Martray 2015, adjugé 1 594 € (+ 135 %)
  • Une impériale du grand vin de Trévallon 2016, adjugée 1 094 € (+ 21 %)

Des vins nature parmi les plus disputés des enchères

Si, en moyenne, un lot vendu sur iDealwine reçoit 3 enchères (hors mise à prix à 1 € ou le prix monte naturellement beaucoup plus haut), certains vins se retrouvent sous le feu des projecteurs, avec plusieurs dizaines d’enchères différentes. En octobre, trois des quatre lots les plus disputés étaient des vins nature ou du moins, produit par des vignerons à tendance très faiblement interventionniste. Cette dynamique à l’œuvre depuis quelques temps déjà vient confirmer que le segment des grands vins nature s’est durablement installé comme l’un des plus dynamiques aux enchères.

Palmarès d’octobre :

  • le magnum de Chambertin Clos de Bèze de Clair Daü, avec 50 enchères, pour 4 739 €, acheté par un américain ; il s’agit là du seul domaine « classique » de la liste, un domaine bourguignon disparu en 1985 – démembré, et notamment repris par Bruno Clair
  • le 12 Watts 2021 de Rosenberger, avec 39 enchères ; pour 1 258 € acheté par un amateur américain.
    il s’agit là de l’archétype du vin nature plébiscité aux enchères : un flacon auvergnat – région qui a le vent en poupe depuis quelques années dans le milieu des vins naturels – confidentiel, produit à partir de vieilles vignes de gamay, par un vigneron installé relativement récemment en Auvergne (2011) sur un micro-domaine (3 ha)
  • le Chemin de Chalons 2020 de La Rogerie, avec 37 enchères ; 342 € à un amateur hong-kongais
    Une signature champenois récente, fondée en 2015 par Justine Boxler (du domaine alsacien) et François Petit-Boxler (originaire d’Avize) sur un micro-domaine de moins de 3 ha, livrant des champagne bio et peu interventionnistes
  • un magnum de Ploussard 2015 d’Adeline Houillon et Renaud Bruyère, avec 36 enchères à 691 €, remporté par un amateur américain
    Ce domaine jurassien fondé par Adeline Houillon (sœur d’Emmanuel Houillon du domaine Overnoy-Houillon) et Renaud Bruyère en 2011, sur un vignoble de moins de 5 ha se positionne traditionnellement parmi les vins les plus chers du Jura. Biodynamie et vinifications nature au programme

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