saint-emilion 2025 dégustation

Partons sur la rive droite de Bordeaux pour commencer notre périple des dégustations primeurs du millésime 2025. Cap sur Saint-Emilion et Pomerol !

Le millésime 2025 : rappel des conditions du millésime

Après un millésime 2024 compliqué, Bordeaux a bénéficié en 2025 d’un cycle climatique particulièrement favorable. L’hiver, doux et globalement sec, a permis un débourrement maîtrisé, évitant les risques majeurs de gel printanier. Le printemps, chaud, ensoleillé et peu humide, a favorisé une floraison rapide et homogène, limitant les maladies. L’été, chaud et sec sans excès, a progressivement installé un stress hydrique, concentrant les raisins tout en stoppant naturellement la vigueur de la vigne avant la véraison.

Quelques pluies opportunes ont préservé fraîcheur et équilibre, évitant les dérives des années trop chaudes. Les vendanges, précoces et réalisées sous des conditions idéales, ont offert une grande liberté de choix, avec des raisins sains et parfaitement mûrs. Malgré de faibles volumes, 2025 s’annonce comme un grand millésime bordelais.

Si vous voulez en savoir plus sur les caractéristiques du millésime 2025, lisez notre article dédié.

Qualité et caractéristiques des vins de la rive droite dans le millésime 2025

dégustation la conseillante 2025
Cyrille Jomand (PDG) et Raphaël de Fonscolombe (responsable commercial) à la dégustation de la Conseillante 2025

A Saint-Emilion, le millésime a été chaud et sec comme dans le reste du bordelais. Les précipitations dans l’appellation pendant la période de repos de la vigne (novembre-mars) ont été inférieures de 41,2 % à la moyenne sur 30 ans. Ensuite, de l’éclosion des bourgeons jusqu’aux vendanges, les pluies ont également été très limitées, avec 311mm sur la période (-23,2 %).

Ainsi, les rendements varient beaucoup selon les propriétés. Certains châteaux sont dans les moyennes, à l’image de Canon (40 hl/ha) et Berliquet (42 hl/ha), tandis que certains ont vu leurs rendements amputés, parfois significativement, comme à Rauzan-Ségla (29 hl/ha), Figeac (25 hl/ha) et Cheval Blanc (17 hl/ha, historiquement bas). Au global, dans l’appellation Saint-Emilion grand cru, le rendement moyen est de 34,7 hl/ha.

L’appellation Pomerol a également eu très peu d’eau : trois mois quasiment sans pluies. Certaines propriétés (situées sur le plateau) ont connu au plus fort de l’été des températures dépassant les 50°C. Heureusement, les argiles profondes de l’AOC ont permis de tenir tant bien que mal – grâce à leur excellente rétention en eau – jusqu’aux pluies de fin août qui furent salvatrices. Les rendements ont été largement impactés, avec une moyenne de l’appellation à 25,9 hl/ha (un rendement de 29,2 % inférieur à la moyenne décennale). Les vins sont plus puissants qu’à Saint-Emilion, avec des niveaux d’alcool supérieur.

Globalement, les propriétés ont réussi à conserver de la fraîcheur dans les vins, avec des niveaux d’alcools assez variables (entre 12,5 et 14,5). Les charges tanniques sont particulièrement importantes, mais bien que nombreux, ces tannins sont souvent très bien intégrés. En effet, côté vinification, les propriétés ont cherchées un maximum de fraîcheur au travers de cuvaisons un peu plus courtes, d’extractions douces et à basse température.

Les dégustations de l’équipe

L’équipe a été particulièrement séduite par les vins de Saint-Emilion cette année, raison pour laquelle il y a de nombreux coups de cœur.

Saint-Emilion

  • Château Cheval Blanc : assemblage 51 %, 45 % cabernet franc et 4 % cabernet sauvignon
    12,7°, pH 3,76, 17 hl/ha

Un nez aux arômes floraux (pivoine) relevés de notes fraîches d’eucalyptus. En bouche se découvre une superbe matière à la fois dense et concentrée, dotée de tanins nombreux mais d’une belle finesse et déjà bien intégrés, la fraîcheur participe également à l’équilibre du vin qui s’étire longuement.

  • Château Figeac : assemblage 38 % merlot, 30 % cabernet franc et 32 % cabernet sauvignon

13°, pH 3,64, 25 hl/ha

Le nez, profond et intense livre des arômes de fruits rouges et noirs, des notes florales et épicées (poivre). En bouche les tanins sont bien présents et puissants, la matière est dense, le vin précis ; il se termine par une belle finale saline.

  • Château Canon : 78 % merlot et 24 % cabernet franc
    14°, pH 3,5, 40 hl/ha

Le nez évoque les fruits rouges et noirs, des notes boisées. En bouche, l’attaque est très douce, dévoilant une jolie matière soyeuse, dense, concentrée, dotée d’une fraîcheur calcaire et d’une belle longueur où la puissance monte progressivement.

  • Château de Ferrand : assemblage 71% merlot et 29% cabernet franc.

« Le meilleur millésime jamais produit ici » d’après la propriété. A la dégustation, nous ne saurions les contredire, le vin est d’une grande délicatesse avec des notes de fruits noirs (cassis) et de végétal noble (feuille de cassis, eucalyptus). La bouche est juteuse, gourmande, avec des tannins très fins.

chai ferrand
Le chai du Château de Ferrand
  • Pavie Macquin : 78% merlot, 20% cabernet franc, 2% cabernet sauvignon.

Au nez, des notes fraîches mentholées, d’eucalyptus, de groseilles (fruits rouges acidulés) accompagnent une bouche harmonieuse, souple et profonde, au très bel équilibre et aux tannins délicats.

chateau laroque
Château Laroque
  • Laroque : assemblage de 99% merlot et 1% cab franc.

A la dégustation, le nez nous emmène sur des notes de cerise noire, fraise, violette, une pointe de vanille et de poivre. En bouche, le vin est gourmand, avec une très belle fraîcheur et des tannins délicats.

  • Larcis Ducasse : 90% merlot, 10% cabernet franc. Plus discret au nez, des notes florales (violette) et de fruits rouges et noirs confits sortent du verre. La bouche est riche, avec des tannins présents mais délicats, un très bel équilibre entre fraîcheur et gourmandise.
  • Clos Fourtet : 84% merlot, 10% cabernet franc, 6% cabernet sauvignon. Discret, ce saint-émilion dévoile des notes de rose et de violette, avec en bouche des tannins veloutés, une très belle fraîcheur, de la gourmandise avec des arômes de fraise des bois, cerise rouge et groseille. Un vin tellement élégant qu’on aurait presque l’impression de plonger son nez dans un grand Bourgogne de la côte de nuits.

Pomerol

  • Château La Conseillante : 87 % merlot, 10 % cabernet franc et 3 % cabernet sauvignon (cépage qui fait son retour après 70 ans d’absence dans le vin)

13,5°, pH 3,66, 30 hl/ha

Le nez est particulièrement élégant, doté de subtiles notes florales (violette) et de myrtilles ;  la bouche livre une grande fraîcheur, une belle énergie, une matière très élégante et digeste, presque aérienne, une longue finale toujours porté e par la fraîcheur

  • La Pointe : 88% merlot, 12% cabernet franc. Une belle gourmandise au nez, avec une explosion de fruits rouges (groseille, cerise, fraise) et une touche légère de vanille. La bouche est juteuse avec des tannins délicats, un bel équilibre entre structure et finesse.

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