Saint-Vincent Tournante vins Bourgogne

Rendez-vous immanquable des amateurs de vin, la Saint-Vincent Tournante tire ses racines du Moyen-Âge et de l’entraide entre les vignerons à travers les sociétés de Secours Mutuel autour de leur saint patron. Autour du 22 janvier de chaque année, les visiteurs, par dizaines de milliers, se pressent sur les routes de Bourgogne, pour découvrir un village et ses appellations. Après cet article, vous saurez tout de cette plongée d’un weekend en terre de Bourgogne.

  1. Saint-Vincent, le patron des vignerons
  2. Le Moyen-Âge et les sociétés de Secours Mutuel en Bourgogne
  3. La Confrérie des Chevaliers du Tastevin et la naissance de la Saint-Vincent Tournante
  4. L’édition 2026 à Maranges
  5. Les villages à l’honneur depuis 1938 

Saint-Vincent, le patron des vignerons

Commençons par le commencement… Qui est Saint-Vincent et pourquoi est-il devenu le patron des viticulteurs ?

Né en Espagne, il était diacre de Saragosse au début du IVe siècle. Il fut martyrisé par ordre du préfet Dacien à Valence et mourut sous la torture le 22 janvier 304 (c’est le jour de sa fête).

Quant à la raison de son choix par les viticulteurs, le mystère reste entier. De nombreuses histoires entretiennent le mythe, en voici l’une d’entre elles : la légende veut que Saint-Vincent se soit arrêté au bord d’une vigne pour échanger quelques mots avec les vignerons. Pendant ce temps, son âne aurait brouté les jeunes pousses de vigne. Catastrophe pour les vignerons ? Bien-sûr que non ! A la récolte suivante, le pied de vigne brouté par l’âne aurait produit plus que les autres. L’âne de Saint-Vincent serait donc l’inventeur de la taille de la vigne !

Le Moyen-Âge et les sociétés de Secours Mutuel en Bourgogne

Au Moyen-Âge, à l’initiative de l’Eglise, sont créées les sociétés de Secours Mutuel dans les villages viticoles de Bourgogne. L’idée est bien simple : venir en aide aux vignerons malades et aux familles dans le besoin et en détresse. Dans chaque village, les sociétés s’organisent, et se rassemblent traditionnellement le jour de la Saint-Vincent, le 22 janvier, pour célébrer leur saint, rendre grâce pour la récolte passée et confier la récolte à venir. Les familles de vignerons se rendent ainsi à la messe, puis assistent au défilé, précédé par la statue du saint-patron. A chaque saint-vincent, la statue est passée à l’une des familles qui la gardera pendant une année, avant la passation à une autre famille au 22 janvier suivant. Un bon repas accompagne la fête, composé d’un plat de cochon et de délicieux vins (bien-sûr).

Saint-Vincent Tournante vins Bourgogne

Aujourd’hui, ces sociétés de Secours Mutuel existent toujours dans certains villages de Bourgogne, et ont hérité de la plupart de ces traditions. A Meursault, par exemple, voici comment la société de Secours Mutuel s’organise : elle est composée d’une soixantaine de membres actifs (sans compter les membres neutres, les plus âgés, qui ne sont plus valides pour participer à l’entraide), divisés en petits groupes de cinq, appelés des « escouades ». Chaque escouade a son chef, le « caporal », qui change tous les deux ou trois ans. Lorsqu’un membre de la société du village tombe malade, les « corvées » s’organisent pour le soutenir et le remplacer au travail de la vigne : une escouade sera responsable d’assurer une semaine de travail, chaque membre étant responsable d’un jour de la semaine. Si un vigneron meurt accidentellement, la société s’engage à lui faire un an de travail, le temps que la famille se retourne. Chaque village a bien sûr son organisation propre, et maintient traditionnellement les festivités autour de cette fête du 22 janvier.

La Confrérie des Chevaliers du Tastevin et la naissance de la Saint-Vincent Tournante

Dans les années 1930, ces sociétés perdent un peu de leur élan. La Confrérie des Chevaliers du Tastevin, constituée en 1934, décide alors de relancer cette fête conviviale qui met à l’honneur la solidarité entre les vignerons, en créant la Saint-Vincent Tournante, qui n’est autre qu’une réunion et célébration de toutes ces sociétés d’entraide de Bourgogne (vous l’avez compris : chaque société a donc deux rendez-vous autour du 22 janvier : sa fête de Saint-Vincent de village, et la fête de la Saint-Vincent Tournante qui rassemble tous les villages).

Chaque année, l’un des villages est mis à l’honneur, et accueille ainsi le défilé de toutes les sociétés de Saint-Vincent bourguignonnes qui défilent autour de la statue de leur saint. La première Saint-Vincent Tournante a ainsi lieu à Chambolle-Musigny en 1938, avec le défilé de six sociétés. L’événement a vite conquis la Bourgogne puisqu’en 1965 elles étaient 53, et sont plus de 80 aujourd’hui.

La date est choisie autour du 22 janvier, il s’agit souvent du dernier weekend de ce premier mois de l’année, au moment où le travail aux vignes est plus calme. Aujourd’hui, cette fête est très connue par les amateurs de vin qui viennent par dizaines de milliers, pour qui c’est l’occasion de découvrir un village de Bourgogne, ses appellations et ses vins. La tradition est toujours au rendez-vous – procession autour des statues de saints, messe -, le folklore aussi – tenues traditionnelles, décorations dans le village, harmonies et orchestres, bans bourguignons (que chacun fait sur le bout des doigts à l’issue de ce weekend) -… Armés de leur verre de vin, les visiteurs arrivent par bus (même le plus malin n’arrivera pas à se rapprocher en voiture en empruntant les chemins de vignes les plus étroits… Les vignerons organisateurs connaissent par cœur les chemins de leur pays), peuvent aller déguster dans tout le village, et goûter aux bons produits de la région : œufs en meurette, gougères, bœuf bourguignon, escargots, pain d’épices… Une jolie plongée en Bourgogne en un weekend.

La Confrérie des Chevaliers du Tastevin et la naissance de la Saint-Vincent Tournante

L’édition 2026 à Maranges

En 2026, la Saint-Vincent Tournante se tiendra les 24 et 25 janvier dans l’appellation Maranges, marquant le retour de cette grande fête viticole en terroir marangeois après près de 30 ans, la dernière édition dans ces villages remontant à 1997. Les communes de Cheilly-lès-Maranges, Dezize-lès-Maranges et Sampigny-lès-Maranges accueilleront plus de 80 sociétés de Saint-Vincent venues de toute la Bourgogne, dans une ambiance conviviale et festive où traditions, patrimoine et gastronomie seront à l’honneur. La manifestation proposera parades musicales, cérémonies traditionnelles et caveaux de dégustation, autour du thème « Les Maranges en musique », avec une programmation variée et pour toute la famille mêlant jazz, swing, rock et animations contemporaines. Les visiteurs pourront découvrir et déguster les vins rouges et blancs de l’appellation Maranges, dont plusieurs premiers crus, tout en profitant d’une offre de restauration mettant en valeur les produits du terroir et d’événements gastronomiques organisés dans la région. Cette édition 2026 s’annonce comme une occasion privilégiée de mettre en lumière ce vignoble méridional de la Côte de Beaune, entre coteaux et vallons, dans l’esprit authentique et festif de la Saint-Vincent Tournante.

Les villages à l’honneur depuis 1938 

  • 1e 1938 Chambolle-Musigny
  • 2e 1939 Vosne-Romanée
  • 3e 1947 Gevrey-Chambertin
  • 4e 1948 Nuits-Saint-Georges
  • 5e 1949 Meursault
  • 6e 1950 Marsannay-la-Côte
  • 7e 1951 Savigny-les-Beaune
  • 8e 1952 Morey-Saint-Denis
  • 9e 1953 Pommard
  • 10e 1954 Chambolle-Musigny
  • 11e 1955 Beaune
  • 12e 1956 Flagey-Echezeaux, Gilly-les-Cîteaux et Vougeot
  • 13e 1957 VoInay
  • 14e 1958 Fixin et Brochon
  • 15e 1959 Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses
  • 16e 1960 Gevrey-Chambertin
  • 17e 1961 Puligny-Montrachet
  • 18e 1962 Mercurey
  • 19e 1963 Santenay
  • 20e 1964 Saint-Romain
  • 21e 1965 Chorey-les-Beaune
  • 22e 1966 Auxey-Duresses
  • 23e 1967 Nuits-Saint-Georges
  • 24e 1968 Monthélie
  • 25e 1969 Vosne-Romanée
  • 26e 1970 Chassagne-Montrachet
  • 27e 1971 Rully
  • 28e 1972 Meursault
  • 29e 1973 Morey-Saint-Denis
  • 30e 1974 Beaune
  • 31e 1975 Marsannay-la-Côte
  • 32e 1976 Chablis
  • 33e 1977 Hautes Côtes de Nuits
  • 34e 1978 Savigny-les-Beaune
  • 35e 1979 Chambolle-Musigny
  • 36e 1980 Gevrey-Chambertin
  • 37e 1981 Pommard
  • 38e 1982 Couchey
  • 39e 1983 Gilly-les-Cîteaux et Vougeot
  • 40e 1984 Ladoix-Serrigny
  • 41e 1985 Mercurey
  • 42e 1986 Volnay
  • 43e 1987 Nuits-Saint-Georges
  • 44e 1988 Aloxe-Corton et Pernand-Vergelesses
  • 45e 1989 Santenay
  • 46e 1990 Hautes Côtes de Beaune
  • 47e 1991 Puligny-Montrachet
  • 48e 1992 Vosne-Romanée
  • 49e 1993 Marsannay-la-Côte
  • 50e 1994 Fixin
  • 51e 1995 Chorey-les-Beaune
  • 52e 1996 Auxey-Duresses
  • 53e 1997 Les Maranges
  • 54e 1998 Rully
  • 55e 1999 Chablis
  • 56e 2000 Gevrey-Chambertin
  • 57e 2001 Meursault
  • 58e 2002 Montagny
  • 59e 2003 La Saint-Vincent Tournante de Bourgogne
  • 60e 2004 Monthélie
  • 61e 2005 Beaune
  • 62e 2006 Hautes Côtes de Nuits
  • 63e 2007 Nuits-Saint-Georges
  • 64e 2008 Saint-Romain
  • 65e 2009 Saint-Vincent Tournante des Mâcon
  • 66e 2010 Chassagne-Montrachet
  • 67e 2011 Saint-Vincent Tournante des Cotes de Nuits Villages à Corgoloin
  • 68e 2012 Les Climats de Bourgogne à Dijon, Nuits-Saint-Georges et Beaune
  • 69e 2013 Les Crémants de Bourgogne à Châtillon sur Seine
  • 70e 2014 Saint Aubin
  • 71e 2015 Gilly-Lès-Cîteaux et Vougeot 
  • 72e 2016 Irancy 
  • 73e 2017 Mercurey
  • 74e 2018 Saint-Véran
  • 75e 2019 Vézelay
  • 76e 2020 Gevrey-Chambertin
  • 77e 2021 Château du Clos de Vougeot en raison du covid
  • 78e 2022 Puligny-Montrachet, Blagny & Corpeau
  • 79e 2023 Couchey
  • 80e 2024 Chambolle-Musigny et Morey-Saint-Denis
  • 81e 2025 Ladoix-Serrigny
  • 82e 2026 Maranges

Laisser un commentaire