Interview BFM | Et si on achetait les primeurs 2021 de Bordeaux ?

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Chaque année au printemps, Bordeaux commercialise les vins de son dernier millésime en primeur. Une occasion de se pencher sur ce moyen d’acheter des grands crus, et, pourquoi pas, d’en faire un placement. Il a quelques jours, Angélique de Lencquesaing était l’invitée de l’émission BFM Patrimoine. A l’heure où iDealwine lance un site dédié aux ventes en primeur de Bordeaux, sa co-fondatrice répondait aux questions de Stéphane Pedrazzi.

Angélique de Lencquesaing, pourriez-vous nous décrire le fonctionnement de ce type de vente un peu particulier ?

C’est effectivement un mode d’achat particulier, puisque les amateurs se positionnent sur un produit « futur ». Le vin qui est commercialisé est issu de la dernière récolte, celle de 2021 dans le cas présent. Le produit n’est pas encore « fini », dans le sens où le vin est encore en cours d’élevage. C’est un futur, il sera livré à l’issue de cette période d’élevage, d’ici un à deux ans selon le temps que la propriété va consacrer à cette dernière étape de la production du vin.

Rien à voir, donc, avec les vins de primeurs tels que le Beaujolais nouveau…

Non, rien à voir effectivement. Et d’ailleurs, les vins commercialisés en primeur figurent parmi les plus prestigieux de ceux que produit la région de Bordeaux.

L’intérêt d’acheter ses vins en primeur dépend de la qualité du millésime, tout de même ?

Oui absolument. Le vin est un produit élaboré, et sa qualité dépend de trois facteurs :

  • le terroir dont il est issu,
  • les conditions climatiques qui ont présidé à l’élaboration de la récolte,
  • et enfin les choix effectués par le vigneron au cours des différentes étapes de viticulture puis de vinification.

Certaines années, la climatologie est idéale, facilite le travail du vinificateur. Force est de constater qu’en 2021, cela n’a pas été le cas.

On se souvient des dramatiques épisodes de gel qui ont frappé le vignoble…

Oui, mais pas seulement.

Le réchauffement climatique doit-il être incriminé lui aussi ?

Oui et non, s’agissant de 2021. Car l’hiver s’est montré relativement clément et doux, ce qui a engendré un débourrement précoce (éclosion des bourgeons de vigne). Et c’est ce qui a posé problème au moment des terribles épisodes de gel des 7 et 8 avril, qui ont été dramatiques pour les terroirs les plus froids. Les vignerons ont également dû faire face à des périodes pluvieuses, qui ont favorisé l’éclosion de maladies comme le mildiou. L’été, souvenez-vous a également été anormalement frais et maussade.

Les éléments ont donc été contraires durant une bonne partie de l’année…

Heureusement, l’arrière-saison a sauvé la donne, tout particulièrement pour les terroirs plantés de cabernets, sauvignons et francs. Ceux qui ont été récoltés tardivement ont bénéficié d’un bel ensoleillement qui a favorisé leur maturation.

L’amateur va donc falloir se montrer sélectif dans les achats de primeurs 2021…

Oui, 2021 n’est pas un millésime « chaise longue », où tout est, peu ou prou, réussi, mais ce que l’on appelle un millésime « de vigneron ». Un millésime de travail acharné et d’humilité. Un millésime de terroir aussi, les mieux exposés s’en sont bien sortis.

Les dégustations primeur ont confirmé la réussite de certaines propriétés ?

La dégustation a réservé de belles surprises, notamment pour les assemblages réservant une part significative aux cabernets. Le millésime se révèle frais, élégant, sans excès de puissance, d’alcool, ou d’extraction. Certains vins offrent une trame délicate, signant des bouteilles qui pourront être appréciées dans leurs jeunes années.

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 Quels sont les avantages d’un achat en primeur ?

Trois avantages sont généralement mis en avant dans le cadre d’un achat en primeur.
Le premier consiste à acheter le vin dès sa sortie des chais de la propriété, ce qui permet de maîtriser le lieu où le vin va patienter avant d’être dégusté, sans multiplier les intermédiaires.

Deuxième avantage, qui prend tout son sens cette année où la récolte a été amputée par les incidents climatiques : l’amateur est certain de mettre la main au plus tôt sur les vins qu’il aime, qui sont pour certains rares, et difficiles à retrouver ensuite, une fois mis en bouteille.

Troisième avantage à acheter en primeur : le prix, c’est même le principe fondateur de la vente en primeur, qui permet, en proposant un prix attractif, au producteur de financer la période d’élevage de ses vins. Mais ce point reste encore une inconnue tant que les propriétés n’ont pas encore lancé la commercialisation de leurs vins en primeur.

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 C’est pourtant le prix qui détermine l’intérêt d’acheter, ou pas, en primeur, dans une logique patrimoniale ?

Oui, effectivement. Et compte tenu des caractéristiques du millésime, le prix constitue la dernière inconnue qui permettra de résoudre l’équation. Les qualités du vin, confirmées par le consensus qui s’établit en fonction des notes des grands dégustateurs professionnels, envoient un signal au marché, et viennent confirmer si l’on a affaire à un vin qui pourra classiquement être ouvert, dégusté et apprécié d’ici quelques années.

A cet aspect gustatif vient s’ajouter un autre critère, financier celui-là.  A la condition que le prix en primeur soit jugé attractif, le vin revêtira alors un caractère patrimonial, car, au-delà de ces qualités intrinsèques, la valeur du flacon sera susceptible de s’apprécier financièrement d’ici quelques années.

Combien de temps faut-il attendre pour que la valeur s’apprécie ?

Les augmentations tarifaires pratiquées au fil du temps ont rallongé l’horizon de placement. Aujourd’hui, il faut attendre 8 à 10 ans au minimum pour voir un grand cru bordelais s’apprécier. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons vu passer aux enchères, en 2021, 85% de grands crus bordelais âgés de plus de 10 ans sur la plateforme d’iDealwine… Nous avons affaire à un placement de moyen terme.

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En revanche l’amateur pourra acheter ses vins en primeur très prochainement ?

Absolument. La campagne de vente en primeur dure quelques semaines à compter de la mi-mai. Les propriétés fixent leur prix de vente et commercialisent le millésime 2021 au travers des négociants bordelais. iDealwine fait aujourd’hui partie des acteurs qui proposent l’achat en primeur. L’amateur paie dans un premier temps le montant hors taxes. La TVA est quant à elle réglable plus tard, au moment où les vins ont été mis en bouteille, et sont donc prêts à être livrés.  

Découvrez le site primeurs.idealwine.com

Voir les ventes de vins de Bordeaux sur iDealwine

  • Voir les commentaires (1)

  • zaz27

    Je me souviens avoir acheté en primeur des vins qui, lors de leur sortie voyaient leur tarif moins élevé que le tarif primeur !
    Je me souviens aussi avoir regretté de ne pas avoir acheté certains vins en primeur ; comme quoi… “aucun cour de dés n’abolira jamais le hasard”.

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