Hélène Charbaut Champagne STUDIO-GAILLOT

Hélène Charbaut est l’un des nouveaux visages de Champagne auquel vous devez vous intéresser. Un pied dans le domaine familial Guy Charbaut, l’autre dans ses vins à elle, cette jeune femme a vu sa passion naître du défi lancé chez Pehu Simonet « Hélène, tu vas me faire des champagnes pour apprendre à vinifier ». Sa cave est tantôt un labyrinthe où on se promènerait bien à cheval, tantôt un laboratoire où elle expérimente tout ce qui lui passe par la tête pour que ses vins lui ressemblent chaque jour un peu plus. Luca et Laure ont visité le domaine en décembre 2025.

Hélène Charbaut Luca Charlot
Hélène Charbaut et Luca Charlot lors de notre visite au domaine – décembre 2025

Tombée dedans quand elle était petite

Hélène est tombée dans le vin depuis toute petite, étant la fille de Xavier Charbaut, lui-même issu de deux générations de vignerons champenois, le domaine Guy Charbaut. Hélène s’est passionnée pour le produit avec le temps « au début, je ne voulais pas du tout devenir vigneronne, et je trouvais cela compliqué d’imaginer travailler en famille » : après son école de commerce à Dijon et un double diplôme en vins et spiritueux, elle se rend compte au cours d’une expérience commerciale chez Leclerc Briant qu’elle a besoin de plus de concret. « A ce moment-là, j’écrivais une thèse sur les vins biodynamiques en même temps que de travailler aux boutiques de la maison Leclerc Briant ». Ni une, ni deux, elle se lance dans un BTS viti-oeno et décide de faire son alternance chez Pehu Simonet. Au bout de quelques semaines, le vigneron la met au défi, ce qui marquera un véritable tournant dans sa vie « Hélène, tu vas me faire des champagnes pour apprendre à vinifier ». Sa vocation est née grâce à la confiance accordée par ce vigneron : Hélène se fait aux vinifications spontanées, à l’utilisation des levures conventionnelles ou biologiques, expérimente ou non le SO2…

Entre Guy et Helène Charbaut

De retour au domaine familial en 2020, elle s’applique à travailler avec ses parents mais créé aussi sa société en parallèle, pour produire des champagnes Hélène Charbaut selon ses envies et sa propre philosophie. « Je n’ai jamais travaillé avec mon grand-père, mais je tenais à garder le nom Charbaut ». A champagnes différents, marchés bien distincts : quand les vins du domaine familial sont vendus aux particuliers, Hélène concentre ses ventes à l’export, dans les restaurants et chez quelques cavistes (dont iDealwine fait partie !). Hélène travaille ses vins uniquement dans les vieux bâtiments du domaine que nous avons pu visiter. Quand les champagnes Guy Charbaut sont des assemblages de terroirs, de cépages et des vinifications en cuve inox, Hélène travaille plutôt en mono-cépage, des champagnes millésimés, dans différents contenants (fûts de chêne en majorité, foudres…). En 2020, la vigneronne produisait 3000 bouteilles, en 2024 c’était de l’ordre de 25 000.

Hélène Charbaut domaine

Une passion pour les cépages et les parcelles

Dès ses débuts, elle récupère quelques parcelles à Bisseuil, le village où est implanté son domaine, se passionnant pour ces terroirs et leur singularité. Là, sont plantés les trois cépages principaux de Champagne : les pinots meunier, noir et le chardonnay. Dès 2021, sa gamme s’élargit, elle travaille également des parcelles à Mareuil-sur-Aÿ et Avenay Val d’Or. A chaque fois, la jeune femme fait ses expérimentations pour comprendre quelles sont les vignes qu’elle souhaite vinifier séparément, et quelles sont celles qu’elle préfère assembler… A coup de dégustations ! Aujourd’hui, elle travaille en majorité le pinot-noir par rapport aux autres cépages, qu’elle sait mettre en valeur : vous remarquerez que les jolies étiquettes du domaine, sérigraphiées à la main, ont été travaillées méticuleusement par Hélène et un artiste. Après avoir demandé aux consommateurs quelle forme géométrique et couleur représenteraient au mieux chaque cépage, il s’est avéré que les formes jaunes triangulaires correspondaient plutôt au chardonnay, les formes violettes et carrées au pinot-noir, et les formes bleues et arrondies au meunier… La Charbauterie est une cuvée assemblée des trois cépages et est donc un doux mélange des autres étiquettes de la gamme.

Hélène Charbaut bouteilles champagne

Une attention de la vigne à la vinification

Hélène Charbaut vignes

Aux vignes, Hélène fait des tests de couverts végétaux depuis 2024. 2025 a été également l’occasion de s’essayer à la vigne tressée, et aux vignes hautes. « L’objectif est de modifier la cuverie, pour pouvoir travailler à 100% par gravité ». La vigneronne laisse les vinifications se faire spontanément (même si elles sont longues en raison de la température des caves). Les vins ne sont ni collés, ni filtrés. La vigneronne ne déguste pas ses vins clairs avant le mois de juin, car avant elle y perçoit quelques défauts liés à l’oxygène. Les assemblages ont donc lieu en juin. Les vins sont parfois ouillés, débourbés à froid pendant 12h.

Hélène Charbaut cuverie

A chaque tonnelier son cépage

Les champagnes vieillissent majoritairement dans des fûts de chêne, pour la plupart vieux et achetés en Bourgogne. « J’ai testé différents contenants… Entre la cuve et le tonneau, j’ai eu plus de sensations en dégustant mes vins élevés en fûts. Ils bougent, sont plus vivants, je crois que le bois aide le vin à s’épanouir ». Aujourd’hui, étant donné que son parc est grand (92 tonneaux garnissent sa cave, elle ne veut pas aller au-delà de 100), elle s’est lancée dans l’achat de fûts neufs en chêne de 228 litres (en faisant des essais sur d’autres formats). Hélène est méticuleuse (l’a-t-on déjà dit ?) : à chaque cépage (et parfois parcelle), un tonnelier ! Les fûts Damy sont dédiés aux meuniers, ceux d’Atelier Centre France aux chardonnays, les Tremeaux ou Rousseau aux pinots noirs… Hélène élève ses vins pendant environ trois ans, sur lies pendant 9 à 10 mois, sans bâtonnage.

1,5 km de galeries pour faire vieillir les vins

Hélène Charbaut cave foudres

Nous avons pu nous perdre avec Hélène dans ses caves qui datent de début 1800… D’impressionnantes galeries, de 1,5 km de long, qui appartenaient à l’époque au Château de Mareuil, et étaient reliées grâce à des chevaux – on y voit encore le lieu où ils pouvaient faire demi-tour sur leur circuit. Un mur sépare la cave du domaine d’avec celle de Philipponnat, à l’origine le tout faisait 3km à 25 mètres sous la craie. Ici, la température ne varie pas, restant autour de 10 degrés, avec une humidité à hauteur de 85 à 100%. Environ 600 000 bouteilles sont stockées dans ces caves, sachant que la vigneronne cherche à développer l’œnothèque du domaine, pour compléter la collection qu’elle a depuis les flacons de son arrière grand-père.

Hélène Charbaut cave bouteilles

Pour le remuage, Hélène utilise des gyropalettes, même si quelques formats spécifiques sont encore manipulés manuellement. Le dégorgement et le tirage en bouteille (en capsule, pour Hélène, le liège apporte un côté trop crémeux à ses vins) est opéré par un prestataire.

Hélène s’amuse également avec un foudre dans lequel elle élève une réserve perpétuelle, contenant un assemblage de cinq parcelles de Bisseuil, avec les trois cépages, depuis 2021. Chaque année, un peu de vin y est ajouté.

Les champagnes

  • La Charbauterie Premier Cru Extra Brut : Cette cuvée fait le pont entre les deux projets qu’Hélène mène en parallèle : un pied au domaine familial, un autre dans son propre domaine.
  • Les Pinailleuses Premier Cru Extra Brut : Honneur au pinot noir, travaillé par une vigneronne rigoureuse… ou pinailleuse. A vous de voir !
  • La Crayère Premier Cru Extra Brut : C’est un vin plein d’énergie qui rend hommage au premier village où Hélène a récupéré des vignes à vinifier elle-même.
  • La Meunière Premier Cru Brut nature : C’est le grand-père d’Hélène qui surnommait ainsi cette parcelle. Assez rare : ce meunier est issu d’un sol à majorité de craie.
  • La Pirouette Premier Cru Brut nature : Un vin issu des plus vieilles vignes de Bisseuil, ce pinot noir très flatteur se sert à table.

Tous les vins du domaine Hélène Charbaut en vente

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