
Le récent rapport de l’OIV (Organisation Internationale de la vigne et du vin) dresse l’état des lieux du secteur viticole, en termes de production, de consommation et de commerce. Dans le contexte actuel, le déclin du vin est-il inexorable ? Quelles conclusions l’amateur doit-il en tirer pour gérer sa collection avec discernement ? Décryptage.
L’OIV, organisation intergouvernementale scientifique et technique, constitue une référence pour les acteurs du secteur viticole. Ses études et analyses, toujours attendues, dressent à l’issue de l’année 2025 un panorama de la situation du secteur viticole qui peut à première vue sembler pessimiste, qu’il s’agisse de la production, de la consommation ou du commerce international. Pour autant, ainsi que le souligne John Barker, Directeur Général de l’OIV, le secteur fait preuve d’une résilience et d’une capacité d’adaptation remarquables. « Au cours des dernières années, le secteur du vin s’est adapté à des défis climatiques, économiques et sociétaux persistants. En 2025, les perturbations du commerce international dues aux politiques tarifaires ont constitué un nouvel impact externe que les producteurs, exportateurs et acteurs de la chaîne d’approvisionnement ont dû gérer. »
Production : des surfaces viticoles en très légère baisse
Le déclin de la vigne est-il inexorable ? Certes, les récentes campagnes d’arrachages de vignes dans certaines régions peuvent laisser penser que le déclin du secteur viticole s’accélère. Un dispositif d’accompagnement mis en place en 2024 en France a donné lieu à la suppression de 27 500 ha de vignes, dispositif auquel s’est ajouté un plan spécifique dédié au vignoble de Bordeaux, pour atteindre un total de 36 000 ha. Initiée en début d’année 2026, une nouvelle campagne devrait conduire à l’arrachage supplémentaire de 28 000 ha. Notons toutefois que seuls un tiers des dossiers déposés sont liés à un arrêt définitif de la production viticole, tandis que pour les autres demandes il s’agit d’adapter la production à l’évolution du marché. Dans ce contexte médiatique certes anxiogène pour la filière, le rapport de l’OIV précise que, sur le plan mondial, la diminution des surfaces viticoles a finalement été très limitée en 2025 (-0,8%). Rappelons que la vigne est plantée dans 99 pays, les superficies les plus importantes se situant en Espagne (13% du vignoble mondial), en France (11%), en … Chine (10%) et en Italie (10% également).
De nouveau impactée par de sévères incidents climatiques, la production mondiale est demeurée en 2025 à un niveau historiquement bas, à peine supérieur à celui de la petite récolte de 2024 : elle s’est établie l’an dernier à 227 millions d’hectolitres (+0,6%). L’Italie conserve sa position de premier producteur (avec 20% du total) ; viennent ensuite la France (16%), l’Espagne (14%), les USA (9%), suivis de l’Australie, de l’Argentine et de l’Afrique du Sud. A noter que la production a crû l’an dernier au Brésil (+81% !), mais aussi en Australie, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande, et dans certains pays d’Europe (Moldavie, Grèce), ainsi… qu’en Russie.
La baisse de la consommation au niveau mondial s’est quant à elle poursuivie en 2025, diminuant de 2,7%. 208 millions d’hectolitres de vin ont été absorbés. Cette diminution est marquée dans les pays où la consommation est historiquement partie intégrante de la culture, à l’instar des USA, premier pays consommateur au monde (-4%), de la France (-3%), de l’Italie ou de l’Allemagne (-4%). D’autres, dans le même temps, progressent, à l’instar du Portugal, du Brésil, du Japon ainsi que certaines régions d’Europe de l’Est et d’Europe centrale. De nouveaux pays consommateurs émergent ainsi, venant partiellement compenser la diminution observée dans les pays les plus consommateurs.
En France : le vin comme boisson alcoolisée préférée des Français
Dans l’Hexagone, deuxième pays consommateur au monde, le vin conserve sa position de boisson alcoolisée préférée des Français (c’est le Baromètre SOWINE 2026 qui le dit). En 2025, les Français de plus de 15 ans ont dégusté 39,7 litres de vin par tête. Faut-il s’inquiéter de la baisse de ce chiffre pour l’année 2025 (-3%, en ligne avec la tendance observée dans le monde), ou plutôt se réjouir d’une évolution vers une consommation plus occasionnelle, mais plus qualitative aussi, car réservée à des moments choisis ? Rappelons qu’en 1995, il y a trente ans, chaque habitant consommait 58 litres de vin… Car d’après l’enquête SOWINE, le vin conserve une image positive, 59% des Français associant les vins tranquilles à un caractère festif. Cette proportion monte à 67% pour les vins effervescents, le champagne conserve toute sa place lors des moments de célébration. Autre fait marquant, si 60% des Français associent encore le vin avec un bon repas, cette association recule de 5 points par rapport à l’année précédente. Les habitudes de vie changent, la typologie des repas aussi, mais ce qui compte, c’est le goût du vin, classé premier moteur de consommation par les amateurs.
Le commerce mondial du vin impacté par le contexte géopolitique
Même si le volume des échanges reste nettement supérieur aux niveaux d’avant-COVID, le commerce mondial subit les effets d’un contexte géopolitique adverse. Entre tensions commerciales, politiques tarifaires et conflits dans plusieurs points du globe, l’incertitude pèse sur les échanges. Sans surprise, les Etats-Unis ont vu les volumes importés baisser de 12% par rapport à 2024, conséquence directe de l’instauration des « tariffs » imposés par l’administration Trump. Les exportations mondiales ont ainsi reculé de 4,7% en volume et de 6,7% en valeur. Pour autant, il est intéressant de noter que la proportion de vin faisant l’objet d’échanges au niveau mondial demeure élevée, elle concerne près de la moitié des vins produits (46%). Par ailleurs, en volume les chiffres de 2025 (94,8 Mds €) correspondent à un retour à des niveaux du début de la décennie 2010. Mais en valeur, les exportations conservent un niveau élevé (33,8 Mds€), très supérieur aux niveaux d’avant-Covid. La correction en valeur s’entend par rapport aux niveaux records atteints au cours de l’année 2022, jamais égalée depuis. Le marché continue à s’apprécier en valeur, signe que les tendances de consommation tirent vers le haut en termes de qualité.
Quel vin pour le monde d’aujourd’hui et de demain ?
Dans ce contexte, l’industrie du vin fait preuve de résilience et de créativité pour s’adapter à ce contexte, mais aussi et plus encore à l’évolution des modes de vie et de consommation. Une nouvelle approche du vin se dessine ainsi au gré des évolutions que ces chiffres décrivent. Les amateurs boivent moins régulièrement, et moins souvent autour d’un repas ? Le vin devient un produit recherché pour son goût, pour sa qualité, pour son caractère hédoniste, sa faculté à accompagner des moments de partage convivial. Depuis une dizaine d’années, le style des vins évolue pour répondre à ces attentes qui changent. Le Baromètre des enchères qu’iDealwine publie chaque année peut en témoigner. Et c’est sans doute l’une des raisons pour laquelle des régions demeurées longtemps sous les radars connaissent une destinée extraordinaire. Les vins du Jura, de Savoie, du Beaujolais, les terroirs volcaniques d’Auvergne, les recoins de la vallée de la Loire passionnent une frange croissante d’amateurs en quête de vins accessibles dans leur jeunesse, sans qu’une longue garde soit nécessaire pour les apprécier.

Les grandes régions classiques continuent cependant à fasciner les grands collectionneurs et les amateurs du monde entier. Si la Bourgogne remporte tous les suffrages, s’établissant au premier rang des échanges dans les ventes aux enchères d’iDealwine, Bordeaux conserve son avance, en tant que première région dans les adjudications pour les volumes échangés. La Champagne est l’un des segments les plus dynamiques du marché secondaire, le plus valorisé après la Bourgogne en termes de prix moyen adjugé (201€ la bouteille, +16%). La vallée du Rhône conserve sa position de valeur sûre, troisième pilier du trio Bordeaux, Bourgogne et Rhône qui continue à agréger la majeure partie des échanges aux enchères (72% en volume). Pour autant, les amateurs ne cessent d’élargir le spectre de leur quête, c’est ainsi que des régions telles que l’Alsace, la Corse, ou encore le Sud-Ouest se développent dans les ventes aux enchères. Les vins étrangers, Italie en tête, connaissent eux aussi un succès croissant – 30 pays producteurs étaient représentés dans les enchères iDealwine en 2025 ! -, signe de la curiosité et de l’ouverture d’esprit des amateurs, perpétuellement en quête de découvertes.
Parmi les attentes des amateurs, celle d’accéder à des vins « digestes » prime. Le degré d’alcool devient un critère de choix. Les producteurs l’ont bien compris, faisant évoluer leurs pratiques de vinification pour aller vers des techniques d’extraction plus douces, ces fameuses « infusions » qui permettent de préserver l’élégance et la délicatesse des vins. La récolte 2025 de Bordeaux, actuellement commercialisée en primeur, peut en attester : les vins ont conservé une fraîcheur remarquable, saluée par la critique… et par les dégustateurs d’iDealwine ;).
L’amateur l’aura compris : un éventail extraordinaire de cépages, de vins, de régions viticoles reste à découvrir et même, au sein des régions qui peuvent à première vue sembler les plus classiques ou traditionnelles, les lignes bougent, les pratiques évoluent. C’est toute la magie du monde du vin que de s’adapter depuis plusieurs millénaires aux spécificités culturelles du public auquel il destine le fruit de son travail.
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