millesime bordeaux

Des millésimes mythiques du XXe siècle aux grandes réussites du XXIe, Bordeaux a vu naître des vins qui ont marqué l’histoire du vignoble. De 1929 à 2022, retour sur les années qui ont façonné la réputation des grands crus bordelais.

Les années de collection

Vins de légende, flacons de collection, ou, tout simplement, millésimes anniversaire, les grandes années du siècle ont débuté avec le millésime 1929.

Parmi les grandes années anciennes, prenons l’exemple de trois vins exceptionnels :

1929 Château d’Yquem : 1 966 €
1959 Château Mouton Rothschild : 894 €
1961 Château Lafite Rothschild : 1002€

Les grands millésimes du XXème siècle

1982 : un millésime indétrônable

On a tout dit sur le 1982. Depuis le succès incomparable de cette année fabuleuse, les observateurs n’ont eu de cesse de retrouver un millésime équivalent. 1990 est depuis quelques années pressenti pour prendre la relève de cette année mythique. En 2000, et encore plus en 2005, on a comparé les conditions météorologiques à celles de 1982 pour déterminer si l’on avait, on non affaire à un nouveau 1982. D’ici là, les grands crus de ce millésime ont atteint des sommets.

  • Les stars : Latour, Mouton Rothschild, Lafite Rothschild, Margaux, Haut-Brion, Pétrus, Cheval Blanc
  • Les « must-have » : Haut-Bailly, Léoville Las Cases, Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Lynch-Bages, Cos d’Estournel

1985 : tout en séduction

Particulièrement élégants dans leur jeunesse, ces vins sont aujourd’hui veloutés, suaves et d’une grande finesse. Les crus du Médoc, souples aux tannins bien fondus, séduisent par leur tendresse et leur fruité. Les vins de Pomerol et Saint-Emilion allient merveilleusement concentration et finesse. Les blancs secs sont riches et complexes. Les liquoreux sont amples, mielleux et fruités.

  • Les stars : Mouton Rothschild, Margaux, Pétrus, Cheval Blanc, Haut-Brion
  • Les « must-have » : Lynch-Bages, Palmer, Léoville Las Cases, Pichon Baron, La Conseillante

1986 : à redécouvrir

Un millésime exceptionnel en quantité et en qualité. La parfaite maturité des raisins, notamment le cabernet-sauvignon, a contribué à l’élaboration de vins d’une puissance phénoménale, dotés d’un potentiel de garde illimité. Les vins rouges se révèlent d’une extrême richesse et bénéficient d’une structure tannique imposante. Les grands vins du Médoc et de Graves sont majestueux et peuvent rivaliser avec les meilleurs millésimes du siècle comme 1982, 1961 ou 1929. 1982.

  • Les stars : Mouton Rothschild, Lafite Rothschild, Margaux, Latour, Haut-Brion
  • Les « must-have » : Montrose, Léoville Las Cases, Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Lynch-Bages, Cos d’Estournel

1989 : une grande année de garde

Un millésime exceptionnel avec une récolte qui a dépassé tous les records de rendement. Des conditions climatiques frôlant la perfection, associées à des vendanges extrêmement précoces (les secondes après celles de 1893) contribuèrent à élaborer des vins mûrs, d’une concentration parfaite, avec des tannins veloutés. Puissants et très alcooliques (jusqu’à 14°5 pour certains Pomerol), la plupart de ces vins sont dotés d’un formidable potentiel de garde.

  • Les stars : Pétrus, notamment en magnum, Haut-Brion, La Mission Haut-Brion, Cheval Blanc, Lafite Rothschild, Margaux
  • Les « must-have » : La Lagune, Fieuzal, Léoville Las Cases, Lynch-Bages, Pichon Longueville Comtesse de Lalande

1990 : un millésime d’anthologie

Une année d’exception en qualité et en quantité. Deuxième année la plus chaude du siècle après 1947, et la plus ensoleillée après 1949. La plupart des châteaux ont vendangé des raisins d’une exceptionnelle concentration. En raison du volume de la récolte, les vins sont peu acides mais dotés de tannins puissants et veloutés. Les meilleurs vins proviennent de vignobles implantés sur des sols lourds (Saint-Estèphe, Saint-Emilion) et de propriétés ayant pratiqué une sélection draconienne afin de limiter les rendements. En règle générale, les vins de ce millésime sont des modèles de charme et de distinction.

  • Les stars : Petrus, Châteaux Cheval Blanc, Lafite Rothschild, Margaux
  • Les « must-have » : Châteaux La Lagune, Pape Clément, Figeac, L’Evangile

1995 : de belles perspectives de garde

Un millésime exceptionnel dans toutes les appellations du Bordelais. Un été torride et sec profita aux raisins d’une parfaite maturité. Malgré l’abondance de la récolte, de nombreux châteaux pratiquèrent des sélections rigoureuses ainsi que des rendements limités afin d’obtenir une concentration optimale. Très homogènes, les vins sont riches, onctueux et parfaitement équilibrés. Les Pomerol et Saint-Emilion à dominante de merlot, sont d’une concentration hors normes.

  • Les stars : Châteaux Latour (bouteille et magnum), Margaux
  • Les « must-have » : Cos d’Estournel (en magnum), Châteaux Pichon Baron, Palmer

1996 : au début de son apogée

Un très grand millésime en qualité et en quantité. La parfaite maturité du cabernet-sauvignon a engendré des vins d’une extraordinaire concentration. La plupart des vins du Médoc sont pleins, amples, aromatiques et de grande garde. En revanche, les Pomerol, Saint-Emilion et Graves sont de qualité plus irrégulière, le merlot ayant souffert des pluies torrentielles de l’été. Sur le marché des enchères, l’’ensemble de l’année a été favorable aux 1996, un millésime de grande qualité (principalement sur la rive gauche), et qui entame sa phase d’apogée.

  • Les stars : Châteaux Latour, Margaux, Mouton Rothschild, Ausone, Yquem
  • Les « must have » : Lagrange
meilleurs millésimes bordeaux

Les grands millésimes du XXIème siècle

2000 : grandiose et historique

Les Médocs et les Graves sont sublimes. Les conditions climatiques ont été parfaites pour les vins à base de cabernet sauvignon. Ce millésime surpasse les grands millésimes tels les 1996 et 1998. Les meilleurs crus sont issus des appellations Pauillac et Saint-Julien. Les Margaux suivent de très près, surclassant les Saint-Estèphe. Dans le Libournais, certains vins comme Cheval Blanc entreront dans la légende. Les Graves sont superbes. Sur le marché des enchères, après une année 2007 caractérisée par une forte hausse, ce millésime historique a marqué une pause en 2008.

  • Les stars : Châteaux Lafite Rothschild, Margaux, Mouton Rothschild
  • Les « must have » : Sociando Mallet

Quid du millésime 2005 ?

On l’annonce depuis sa sortie comme le digne successeur de 1982. Nous l’avons noté 19/20 pour les vins rouges et 16/20 pour les blancs (secs comme liquoreux).

  • Les stars : Haut Brion, Lafite Rothschild, Troplong Mondot
  • Les « must have »: Léoville Barton, La Gaffelière

2009 : opulent et séducteur

Un millésime solaire, marqué par un été long, chaud et sec, mais ponctué de nuits suffisamment fraîches pour préserver la fraîcheur des cabernets. Les vins rouges de la rive gauche sont riches, mûrs et soyeux, avec une matière ample, des tanins polis et un fruité particulièrement séduisant. Les meilleurs crus du Médoc et de Pessac-Léognan offrent aujourd’hui un équilibre remarquable entre puissance et velouté. Une réussite majeure, plus immédiatement accessible que le très structuré 2010.

  • Les stars : Château Malescot Saint-Exupéry, Château Meyney
  • Les « must-have » : Clos du Marquis, Château Camensac

2010 : puissant et taillé pour la garde

Après un été chaud et sec, les vendanges ont donné naissance à des vins concentrés, profonds et particulièrement structurés. Sur la rive gauche, le cabernet-sauvignon s’est exprimé avec une grande précision, porté par une acidité tonique et des tanins fermes mais mûrs. Plus classique et plus austère dans sa jeunesse que le 2009, ce millésime possède un potentiel de garde exceptionnel. Les grands Pauillac, Saint-Julien et Saint-Estèphe figurent parmi les réussites les plus impressionnantes de l’année.

  • Les stars : Château Montrose, Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande
  • Les « must-have » : Château Brane-Cantenac, Château Haut-Marbuzet, La Chapelle de La Mission Haut-Brion

2015 : charmeur et homogène

Un millésime marqué par une saison sèche et chaude, sauvée par quelques pluies au moment de la véraison. Les raisins ont atteint une belle maturité et donné des vins rouges généreux, suaves et parfaitement polis. Les réussites sont nombreuses à Margaux, Saint-Julien et Pessac-Léognan, avec des cabernets mûrs, parfumés et dotés de tanins fins. Les pluies de septembre ont toutefois rendu le Médoc septentrional plus hétérogène. Dans l’ensemble, 2015 séduit par son équilibre et son accessibilité.

  • Les stars : Château Montrose, Château Léoville Las Cases, Château Pontet-Canet
  • Les « must-have » : Château Léoville Barton, Château Grand-Puy-Lacoste, Château Giscours, Château Chasse-Spleen

2016 : un grand classique de la rive gauche

Après un printemps très arrosé, l’été particulièrement sec a favorisé une maturation lente et régulière des cabernets. Les vins sont profonds, frais, aromatiques et dotés d’une trame tannique solide, tout en conservant une remarquable énergie. Le Haut-Médoc, et notamment les appellations Saint-Estèphe, Pauillac et Saint-Julien, concentre les plus grandes réussites. D’une grande précision, les meilleurs 2016 s’inscrivent parmi les millésimes de référence du XXIe siècle et nécessitent encore de nombreuses années de garde.

  • Les stars : Château Pontet-Canet, Château Haut-Bailly, Château Grand-Puy-Lacoste
  • Les « must-have » : Château Léoville Poyferré, Château Branaire-Ducru, Château Langoa Barton, Château d’Armailhac

2018 : solaire et puissant

Le millésime a commencé dans des conditions difficiles, avec un printemps humide favorisant une forte pression du mildiou. L’été chaud et sec a ensuite permis de sauver la récolte et d’atteindre une maturité remarquable. Les meilleurs vins rouges de la rive gauche sont denses, riches et tanniques, avec une belle profondeur de fruit et une grande longueur. Leur degré alcoolique est parfois élevé et leur acidité plus modérée, mais les plus grands crus conservent une fraîcheur et une définition remarquables.

  • Les stars : Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Château Pichon Longueville Baron, Château Les Carmes Haut-Brion
  • Les « must-have » : Château Léoville Barton, Château Calon-Ségur, Château de Fieuzal, Château Talbot

2019 : riche et élancé

Un été très chaud et sec, ponctué de pluies bienvenues, a permis d’éviter le blocage de la maturation. Les cabernets, récoltés tardivement après les pluies de septembre, présentent une belle richesse de fruit, une structure affirmée et une fraîcheur préservée. Les meilleurs vins de la rive gauche, notamment dans le Médoc septentrional, associent concentration, éclat aromatique et tanins précis. Le millésime est toutefois assez hétérogène et privilégie les propriétés ayant réalisé une sélection rigoureuse.

  • Les stars : Château Palmer, Château Léoville Las Cases, Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Château Ducru-Beaucaillou
  • Les « must-have » Château Lynch-Bages, Château Haut-Bailly, Château Saint-Pierre, Château Brane-Cantenac

2020 : intense et contrasté

Après un hiver et un printemps très arrosés, qui ont entraîné une forte pression du mildiou, l’été chaud et sec a accéléré la maturation et les vendanges. Les petites baies ont donné des vins concentrés, tanniques et généreux, avec une belle intensité aromatique dans les meilleures propriétés. Le millésime se montre néanmoins hétérogène, certains vins manquant de précision ou présentant une texture plus granuleuse. Les plus belles réussites se trouvent notamment à Pauillac et dans les crus ayant su préserver fraîcheur et équilibre malgré la précocité de la récolte.

  • Les stars : Château Pichon Longueville Baron, Château Cos d’Estournel, Château Pontet-Canet, Château Léoville Las Cases, Château Les Carmes Haut-Brion
  • Les « must-have » : Château Haut-Bailly, Château Pape Clément, Château Grand-Puy-Lacoste, Château Branaire-Ducru

2022 : solaire, profond et étonnamment frais

Millésime parmi les plus chauds et les plus secs de l’histoire récente de Bordeaux, 2022 a connu des vendanges exceptionnellement précoces. Malgré ces conditions extrêmes, les meilleurs terroirs de la rive gauche ont produit des vins rouges d’une grande fraîcheur, grâce à des rendements faibles, à de petites baies concentrées et à une viticulture particulièrement précise. Les vins sont très colorés, riches et puissants, avec des tanins imposants, une texture ample et une acidité souvent modérée. Les plus grands crus affichent toutefois une énergie remarquable et un potentiel de garde considérable.

  • Les stars : Château Montrose, Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande, Château Cos d’Estournel, Château Les Carmes Haut-Brion
  • Les « must-have » : Château Pichon Longueville Baron, Château Grand-Puy-Lacoste, Château Smith Haut Lafitte, Château Haut-Bailly, Château Léoville Barton, Château Calon-Ségur

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