Marthe Henry 2 © Benoit Guenot
Marthe Henry © Benoit Guenot

« Je suis venue m’installer à Meursault car il y avait des vignes familiales ». Découvrez le négoce haute couture de Marthe Henry, ancienne journaliste parisienne et vigneronne depuis une dizaine d’années.

Une histoire de famille

Marthe Henry est née à Paris, a grandi là-bas, y a fait des études de journalisme avant d’y travailler quelques années. « J’allais à Meursault pour mes vacances, comme un enfant qui va chez ses grands-parents. » nous dit-elle.

Son grand-père, Pierre Boillot (fils de Joseph Boillot), était vigneron à Meursault. Lorsqu’il décède prématurément en 2004, Marthe est encore en études et les vignes (moins de 2 hectares) sont confiées à un neveu. En 2013, elle s’installe à Meursault, aux côtés de sa grand-mère. « Je ne connais rien au vin, je n’ai jamais taillé de pied de vigne de ma vie ». Elle s’inscrit à la Viti de Beaune et va travailler en alternance chez Jean-Noël Gagnard à Chassagne-Montrachet. « J’ai envoyé 200 candidatures manuscrites et ai obtenu 3 réponses… à 28 ans, cherchant une alternance, sans aucune expérience dans le vin, je n’avais pas trop le profil. » La néo-vigneronne décide ensuite de rester en Bourgogne car parmi la multitude de cépages existants, il vaut mieux dans le cadre de son projet « commencer par s’intéresser au chardonnay et au pinot noir ». Elle passe sept ans au domaine Rougeot à Meursault, puis va travailler chez Jean-Yves Devevey (Demigny), où elle apprend beaucoup sur la biodynamie notamment.

En parallèle, Marthe Henry commence à faire son propre vin en 2017 en créant sa structure de négoce : 12 pièces pour commencer. En 2020, elle décide de se lancer seule, au gré d’une belle récolte. Son objectif à terme est de récupérer les vignes de son grand-père et y perpétuer l’héritage familial.

Pierre Boillot, dans la cave à Meursault

Un négoce haute-couture

Marthe achète du raisin auprès d’amis ou de connaissances et les vinifie dans la cave de son grand-père. Les vendanges sont bien entendu manuelles.

En cave, la vigneronne mène une approche peu interventionniste. Pour les blancs, les raisins sont pressés et légèrement débourbés avant de fermenter (avec les levures indigènes) en fût de 228 litres et de connaître un élevage de 21-23 mois. Un élevage long mais qui ne marque pas les vins car il n’y a aucun fût neuf dans la cave de Marthe. Aucun autre contenant n’est utilisé (ni cuve, ni amphore, ni wine globe…) pour l’élevage.

Marthe ne cherche pas à maquiller les jus et les terroirs. « Tous les vins blancs sont faits exactement de la même manière » afin justement de pouvoir mieux comprendre (et comparer) l’expression d’un terroir. Pour la question du soufre, Marthe en utilise peu voire pas du tout. « Ça n’est pas une religion, je n’ai pas de problème quand c’est utilisé dans une certaine mesure. » Les vins sont donc légèrement sulfités si nécessaire avant la mise en bouteille (zéro soufre pendant l’élevage), effectuée par la vigneronne elle-même.

Pour les vins rouges, ceux-ci sont réalisés à partir de 100 % de vendange entière. La vinification dure deux semaines environ, avec des remontages deux fois par jour. Là encore, aucun fût neuf n’est visible dans la cave de Marthe. Le vin est élevé 18 mois en barrique avant de finir son parcours une année en bouteille (contre 6 mois pour les blancs).

Cave de Marthe Henry © Benoit Guenot
La cave de Marthe Henry © Benoit Guenot

Les vins de Marthe Henry

A la dégustation, les vins blancs sont purs (pas de fut neuf, peu de soufre), précis, révélateurs de leur terroir. « Tout est une question d’équilibre : de la gourmandise, rondeur, mais aussi une belle tension ! ». Les rouges quant à eux sont délicats, sans pour autant manquer de structure.

Coteaux bourguignon rouge 2021 : assemblage de gamay et pinot noir, 2 072 bouteilles produites

Fleurie 2021 : en raison du gel en 2021 qui a ravagé la Côte de Beaune, Marthe s’est tournée vers le Beaujolais. Une cuvée issue des raisins d’Anne-Victoire Monrozier, du Château des Moriers.

Bourgogne Chardonnay : cette cuvée sans soufre ajouté est une magnifique illustration du savoir-faire de la vigneronne.

Hautes Côtes de Beaune blanc : issue des hauteurs de la côte de beaune, cette cuvée a été tirée à 1189 bouteilles.

Santenay Le Biévaux blanc : un climat situé dans les hauteurs du village, offrant un chardonnay très élégant.

Meursault Sous la Velle blanc 2022 : le climat Sous La Velle est situé en-dessous d »une des deux départementales traversant Meursault. Un joli vin, produit en toute petite quantités (581 bouteilles et 18 magnums)

Pommard Les Vignots : un pommard qui provient du haut du coteau du village, tiré à 4015 exemplaires.

Pommard 1er Cru : un joli premier cru de pommard, produit à 830 exemplaires.

Aloxe Corton 1er cru Les Fournières rouge : une cuvée issue d’un cru situé au pied de la colline de Corton.

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