Domaine des Marrans, 50 ans d’histoire, 20 hectares, 2 générations

Matthieu Mélinand,

Tout commence en 1970, avec l’acquisition de quatre hectares de vignes à Fleurie, au lieu-dit du Clos des Pavillons. Jean-Jacques Mélinand s’installe à l’époque dans le chai voisin pour y vinifier ses premières cuvées, puis au fil des années continue de développer le domaine, acquérant d’autres parcelles à Fleurie et bientôt dans d’autres crus du beaujolais, à Chiroubles en 2004 et Morgon en 2009. En 1989, un nouveau chai est construit au lieu-dit les Marrans, à 500 mètres du Clos des Pavillons, donnant son nom au domaine. L’affaire devient également un projet familial avec l’arrivée de Liliane Mélinand auprès de son mari en 1994, se dédiant à la commercialisation et à la gestion de gîtes sur le domaine, puis de leur fils Mathieu. Après une expérience de deux ans dans des vignobles étrangers, en Australie et Nouvelle Zélande, ce dernier rentre à Fleurie pour prendre les rênes du domaine en 2009. En 2019, il est rejoint par son frère Camille.

En un peu plus de 50 ans, le domaine des Marrans a donc vu deux générations se succéder, et le vignoble passer de quatre à 20 hectares aujourd’hui, sur six appellations : la moitié en Fleurie, le reste se répartissant entre 2,5 hectares à Chiroubles, 2 hectares à Morgon, et 3,5 en Beaujolais et Beaujolais-Villages.

Travailler les vignes pour limiter les interventions en cave

Sur ces maigres terroirs granitiques, le gamay à jus blanc est roi. Les vignes d’une quarantaine d’années taillées en gobelet, sont plantées en haute densité, entre 9 000 et 10 000 pieds à l’hectare. Cette forte concurrence entre les ceps produit de faibles rendements de baies juteuses et concentrées. Depuis quelques années, Mathieu Mélinand a entrepris un travail de renouvellement des pieds de vignes, replantant 20 à 30 ares par an, toujours en sélection massale pour préserver le patrimoine génétique du vignoble. Sans être certifié, le domaine travaille au plus près du naturel, favorisant le travail du sol et effectuant la majorité des travaux à la main. Le vigneron l’avoue volontiers, l’essentiel du travail se passe à la vigne, pour limiter ensuite au maximum les interventions sur le vin.

Au chai, le respect des traditions est de mise. Lors de l’une de ses expériences chez un gros faiseur en Australie, Mathieu Mélinand a vu tout ce qu’il ne fallait pas faire, et est rentré à Fleurie bien décidé à privilégier une approche peu interventionniste : Les baies vendangées à la main sont méticuleusement triées puis encuvées en grappes entières pour une fermentation semi-carbonique, de huit à vingt jours, ponctuée de quelques remontages, pour des extractions tout en douceur.  Pour favoriser l’expression du terroir, le domaine laisse les levures indigènes enclencher les fermentations, et bannit le soufre tout au long de la vinification. Avant la fin de la fermentation alcoolique, les moûts sont pressés puis remis en cuve ciment pour laisser tous les sucres se transformer en alcool. Le vin repose alors environ une semaine pour une clarification naturelle puis rejoint de larges foudres pour un élevage d’environ douze mois pour les crus, ou poursuit sa maturation en cuves béton pour les beaujolais. Pas de bois neuf, pour laisser briller le fruit.  Le vin est embouteillé sans ou après une très légère filtration.

Des vins charnus, juteux et d’une grande élégance

Cette vinification traditionnelle et identique pour chaque cru laisse s’exprimer les variations du terroir dans des vins charnus, au fruit juteux et d’une grande élégance. Les vins sont purs et leur extraction douce et mesurée permet d’atteindre une souplesse superbe à la dégustation, y compris dans les premières années suivant l’embouteillage. Avec l’âge les fleuries basculeront dans un profil plus fin et développeront de belles notes de fleurs fanées.

En constante évolution depuis plus de cinquante ans, le domaine des Marrans s’est imposé comme une valeur sûre du Beaujolais, à suivre assurément.

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