
Le marché des enchères sur iDealwine, qui a retrouvé un fort dynamisme en 2026, accélère encore le rythme au mois de septembre. Eclairage avec Raphaël de Fonscolombe, Directeur commercial d’iDealwine, afin de comprendre les raisons de cet engouement qui peut surprendre étant donné le contexte économique et géopolitique mondial.
Quel est l’état du marché des enchères en ce moment sur iDealwine ? Et depuis le début de l’année ?
RF : « Nous enregistrons de très belles performances aux enchères depuis le début de l’année, avec une croissance 13,6 % en valeur et 6 % en volume. La croissance est à la fois tirée par les prix et un meilleur taux de vente : à la fois parce que les grands collectionneurs, voyant la belle dynamique du marché, n’hésitent pas à proposer à la vente leurs bouteilles les plus rares et onéreuses, et également par une augmentation des prix moyen de vente. Tous nos indicateurs sont au vert : forte hausse des taux de surenchère, des prix moyens et des taux de transformation. Le taux d’invendus à quant à lui fortement baissé.
Les chiffres sont assez stables depuis de l’année, même si nous notons une accélération sur le mois de septembre : nous constatons de moins en moins de saisonnalité, et enregistrons désormais de très grosses ventes tous les mois de l’année. Cela s’explique notamment par la poursuite de l’internationalisation de nos ventes qui permet des équilibrages entre les zones : une période un peu plus calme en Europe peut-être compensée par une forte demande en Asie (mid-autumn festival en Asie en septembre par exemple) aux USA par exemple. A l’échelle mondiale, la demande est permanente pour les grands vins et la part de l’international dans nos ventes ne cesse de croître, jusqu’à représenter 70 % de la valeur aujourd’hui, alors qu’elle n’était que de 50 % en 2020. La France semble être arrivé à maturité en se stabilisant, alors que les autres zones sont encore en fort développement.
Les demandes d’estimation ne faiblissent pas et le sourcing , bien que restant très majoritairement français, continue de se développer dans les pays frontaliers (Belgique, Luxembourg, Allemagne, Italie, Espagne), offrant ainsi de belles perspectives de développement et de diversification des vins proposés, avec d’avantage de grands vins italiens et espagnols notamment.»
Justement, y’a -t-il des spécificités régionales d’achats aux enchères ?
RdF : « Toutes nos zones sont en croissance en valeur et seule la France baisse en volume. Le prix moyen est lui aussi en forte hausse, sauf en Europe (hors France) où il est stable.«
- France : + 12 % en valeur
- Europe : + 17 %
- Asie : + 30 %
- USA : + 26 %
Quelles sont les grandes tendances qui guident le marché des enchères de vin en ce moment ?
RdF : « Comme toujours, la Bourgogne reste au premier plan, ainsi que les fondamentaux des enchères de grands vins : les grands bordeaux matures et les icônes du Rhône et de Champagne attirent. Mais la dynamique touche toutes les régions, y compris les « petites », se concentrant autour d’un petit nombre de vins très recherchés dans chacun des autres vignobles. Les vins prisés par les amateurs se sont grandement diversifiés ces dernières années (régions, domaines, style de vin, part croissante des vins bio, biodynamiques et nature). La rareté demeure le pilier, notamment avec les vieux millésimes, mais pas seulement. Par exemple, s’agisssant de certains domaines nature de création récente, les millésimes qui sont par essence jeunes peuvent déjà être très activement recherchés. La diversité de notre clientèle qui regroupe à la fois de grands collectionneurs attirés par les signatures classiques dans des vieux millésimes et les « geeks du vin », attirés par les domaines nature les plus prisés du moment, explique la grande diversité des vins que nous vendons.
Nous ne notons pas de grandes révolutions des tendances aux enchères mais plutôt une accentuation des phénomènes déjà à l’œuvre depuis quelques années :
- Diversification des vignobles recherchés : la part des vins de Bourgogne, Bordeaux et Rhône qui représente l’écrasante majorité des vins vendus, ne cesse de décroître au bénéfice de plus petits vignobles, français et étrangers
- La rareté des grands vins demeure l’élément central de leur désirabilité : micro-domaines, domaines-disparus, vieux ou très vieux millésimes, cuvées rares (collaborations uniques etc)
- La part des vins bio, biodynamiques et nature ne cesse de progresser
- La part des vins rouges qui demeure largement majoritaire, diminue elle aussi
- Le prix moyen est reparti à la hausse cette année
Il faut aussi noter que les ventes de « Catalogues Privés » (collection prestigieuse d’un seul vendeur isolée dans un catalogue de vente dédié et particulièrement mise en avant) ou « Collection Privée » (vente dédiée à seul vendeur disposant d’une très belle collection) obtiennent d’excellents résultats. Ces ventes sont particulièrement nombreuses en ce moment.
Peux-tu nous citer quelques beaux résultats de 2026 ?
RdF : « On peut citer ces beaux résultats parmi les grands classiques :
- Une bouteille de Romanée-Conti 2015 du DRC, adjugée 20 380 € (18/06/2026)
- Un magnum de Chambertin 1985 d’Armand Rousseau, adjugé 20 254 € (10/06/2026)
- Un magnum de Clos de la Roche 1985 de Dujac, adjugé 20 254 € (10/06/2026)
- Un magnum de Château Mouton Rothschild 1945, adjugé 32 960 € (12/03/2026)
- Une bouteille d’hermitage Cuvée Cathelin 1990 de Jean-Louis Chave, adjugée 10 316 € (09/07/2026)
Et à côté de ces grands classiques, notons aussi le succès de vins niche, souvent nature :
Qu’est ce qui peut expliquer cette « anomalie » dans un marché du vin en forte décroissance et alors que la consommation nationale est atone ?
RdF : « Pour commencer, certes, le marché du vin ne se porte pas au mieux en France, en ce moment, mais la déconsommation touche essentiellement les vins d’entrée de gamme, là où les enchères se concentrent au contraire sur le très haut de gamme, c’est un segment niche des vins, où la rareté limite cette érosion de la demande. De plus, globalement le marché secondaire, des enchères, se porte bien, tous produits confondus et le vin n’y fait pas exception.
La force des enchères est que ce marché s’adapte beaucoup plus rapidement aux évolutions de prix, cherchant toujours à se faire correspondre l’offre et la demande en temps réel, autour d’un prix d’équilibre jugé juste par l’acheteur et le vendeur à un moment donné. C’est évidemment très différent sur le marché primaire où les domaines sortent le prix de leur nouveau millésime sans pouvoir faire d’ajustement en cours d’année pour répondre aux évolutions de la demande. La grande flexibilité du marché des enchères permet que les prix s’ajustent rapidement jusqu’à ce que les produits retrouvent de la liquidité. Nous avons connu une période d’ajustement des prix entre 2023 et 2025 et désormais en 2026, les prix repartent à la hausse sur certains grands vins.
Enfin, soulignons encore une fois que l’internationalisation des ventes iDealwine leur permet d’encaisser les chocs conjoncturels isolés géographiquement. Surtout, même en période de crise ou d’instabilité économique, le vin apparaît généralement comme une valeur refuge, qui pâtît peu de la conjoncture. »
Est-ce le marché global des enchères de grands vins qui se porte très bien ou bien est il porté essentiellement par certains segments ou certains domaines ?
RdF : « La demande augmente sur presque tous nos segments, mais pas de manière égale : c’est par exemple moins le cas sur les millésimes récents. La Bourgogne conserve une place fondamentale dans les enchères. Le segments de vins bio, biodynamique et nature demeure quant-à-lui l’un des plus dynamiques. »
Comment peut-on anticiper la fin d’année, et le dernier trimestre ? Et à plus long terme (2027) ?
RdF : « Le mois de septembre a vu s’accélérer la dynamique à l’œuvre depuis le début de l’année, une tendance classique pour nous à l’approche de la fin de l’année : elle devrait continuer de monter crescendo jusqu’à la période des fêtes, nous abordons vraiment la partie la plus dense de l’année pour les ventes aux enchères. Nous sommes très optimistes sur la poursuite de cette dynamique. Nous organisons d’ailleurs une grande vente prestige de la fin novembre jusqu’à la mi-décembre, le catalogue est déjà quasiment complet. Nous organisons aussi des ventes aux enchères ex-domaines sur des cuvées rares, grands formats ou vieux millésimes (vins vendus directement par le domaine aux enchères), comme cela sera bientôt le cas avec le domaine Belargus.
La poursuite de notre développement international avec notamment la consolidation de notre présence aux Etats-Unis (ouverture récente d’un bureau à New-York) et le lancement de notre site en espagnol cette semaine pour accroître la clientèle espagnole et d’Amérique Latine devrait porter ses fruits dans les mois à venir.
Tous ces critères nous permettent d’être très confiants sur la poursuite du succès grandissant des enchères iDealwine dans le monde, en 2026 comme en 2027 ! »
