
Après Noël, le début de l’année est un mois traditionnellement plus calme sur le front de la consommation de vin, mais en est-il autant des achats ? Les ventes aux enchères de début d’année sont-elles propices à réaliser de bonnes affaires ? Le journaliste Antoine Larigaudrie pose la question à Angélique de Lencquesaing pour appréhender les dernières tendances du marché, dans une perspective patrimoniale. Bien acheter, et remplir sa cave de flacons susceptibles de se valoriser, c’est la spécialité d’Angélique. La cofondatrice d’iDealwine publie chaque année un Baromètre des enchères de vin qui fait référence en matière de tendances.
Bonjour Angélique, pourriez-vous tout d’abord nous indiquer dans quel contexte s’est achevée l’année 2025 ?
La fin de l’année est traditionnellement porteuse dans les ventes aux enchères, et cette année est venue confirmer cette tendance. Ce qui représentait une surprise tout de même dans le contexte adverse vécu tout au long de l’année (incertitudes économiques, situation géopolitique). iDealwine a enregistré un record historique dans le montant de ses ventes aux enchères, avec 4,4M€ d’adjudications (enregistrées au marteau). Ce qui établit un record aussi sur l’ensemble de l’année pour les ventes de vins, à plus de 42M€ (frais compris), en hausse de 9% par rapport à 2024. Un fort rebond a donc été observé en décembre ; car Noël et les fêtes de fin d’année demeurent un temps fort de célébration, propice à l’achat et la consommation de belles bouteilles. iDealwine a ainsi adjugé plus de 300 000 bouteilles de grands crus l’an dernier.

Quelles sont les régions viticoles privilégiées par les amateurs ?
Il est intéressant de considérer les volumes adjugés dans les enchères iDealwine, car la photographie de cette répartition par région fournit de précieuses indications à l’amateur désireux de constituer une cave qui « colle » aux attentes du marché.
En 2025, Bordeaux est demeurée la première région viticole représentée dans les ventes aux enchères de vin. Une bouteille sur trois adjugée sur iDealwine est un grand cru de Bordeaux (34%, soit plus de 105 000 flacons au format équivalent 75 cl.)
La Bourgogne est en deuxième position, avec un volume impressionnant de 82 000 bouteilles vendue aux enchères en 2025, soit 27% du total. La vallée du Rhône ferme la marche de ce trio classique avec 11% des volumes adjugés, soit 72% de l’ensemble des ventes.
Donc le trio classique a toujours le vent en poupe dans la cave des amateurs. Dans les autres régions viticoles, quelles sont celles qui se distinguent ?
Dans un volume adjugé en forte hausse (+19% soit 309k bt vendues, certaines régions progressent plus que la moyenne. C’est le cas des vignobles de Loire, au sens large, en incluant les vins d’Auvergne, en hausse de 20% (18 000 bouteilles), du Beaujolais (+48%, 4500 bouteilles), ou encore de la Corse (1350 bouteilles). Ces évolutions, qui touchent des régions à faible volume vendu, marquent une tendance, montrent une direction pour l’amateur, c’est cette tendance qui mérite d’être suivie.

Qu’en est-il des vins étrangers, représentent-ils une option à considérer dans une perspective patrimoniale ?
Les vins français continuent à exercer un pouvoir d’attraction unique sur les amateurs du monde entier. De fait, les vins non français représentent 6,5% des volumes adjugés l’an dernier. Il ne faut pas négliger ces vins dans une perspective de placement, car la cible des amateurs est aujourd’hui mondiale – iDealwine compte plus de 60 pays acheteurs -, et les savoir-faire viticoles sont aujourd’hui reconnus. Les vins italiens occupent une place à part (50% des volumes de flacons étrangers), mais il faut également compter avec l’Espagne, les vignobles américains, l’Allemagne… autant de choix passionnants pour l’amateur que nous approfondirons dans le Baromètre.
En janvier, après l’euphorie des fêtes de fin d’année, le marché des enchères observe-t-il une phrase de repli ?
Pas exactement, non, car les amateurs ont différents moments festifs à célébrer. Le Nouvel An chinois en est un, de taille, qui mobilise les amateurs asiatiques désireux d’ouvrir de belles bouteilles pour l’occasion. L’année du Cheval de feu s’ouvre le 17 février, ce qui laisse encore quelques semaines aux enchérisseurs pour acquérir les flacons convoités. Leur quête s’oriente vers les vins rares, à commencer par ceux de Bourgogne. Et, plus généralement, sur des millésimes iconiques, des vins difficiles à trouver qui viendront enrichir leur collection… et impressionner leurs proches.
Sur iDealwine, l’année commence sur une belle dynamique, car les prix moyens ont enregistré en 2025 une accalmie (137€ au lieu de 149, -9%), et retrouvent ainsi des niveaux attractifs susceptibles d’intéresser les amateurs.
La question qui fâche en ce mois de janvier : vendez-vous des vins sans alcool pour les adeptes du Dry January ?
Non, ce n’est pas notre choix. Nous comprenons que certains veuillent se lancer le défi du Dry January mais nous prônons plutôt une attitude de modération, à observer tout au long de l’année pour conserver intactes nos facultés d’apprécier la qualité d’un vin.
Notre démarche consiste à faire découvrir, et à défendre le travail extraordinaire mené par des vignerons talentueux, dans tout le vignoble français. Pour être apprécié, le vin doit être consommé sans excès. A cet égard, la consommation de vin par habitant de plus de 15 ans a, rappelons-le, été divisée pratiquement par deux en trente ans, passant de 78L à 40,5L entre 1995 et 2024. Soit 6 verres de vin par semaine, un volume très inférieur aux recommandations sanitaires (qui s’établissent pour mémoire à 10 verres de vin / semaine).
Quels vins recommandez-vous avec la galette des rois ?
En cette période d’Epiphanie, propice à la dégustation de la galette des rois, nous mettons à l’honneur des boissons à faible taux d’alcool, comme les cidres et les poirés, tout particulièrement ceux d’Eric Bordelet. De formidables productions à apprécier, également, avec modération ! Vous pouvez aussi opter pour un champagne, une vendange tardive d’Alsace, un vin moelleux de la Loire… les options sont nombreuses.
Un dernier point d’actualité : la neige et le froid sont-ils dangereux pour la vigne ?
Les saisons bien marquées ne sont pas un problème pour le développement de la vigne, au contraire. Le froid est propice à l’assainissement de la nature, il faut juste éviter que les températures ne chutent à des niveaux trop bas qui atteignent la vigne, et fragilisent tout particulièrement les jeunes plants.
Ce qui est plus dangereux, c’est lorsqu’un épisode de froid, voire de gel intervient après une phase plus clémente, susceptible de lancer le cycle de croissance de la vigne, son réveil végétatif, avec l’apparition des premiers bourgeons, ce qu’on appelle le débourrement. Si celui-ci intervient prématurément, les dégâts peuvent être dramatiques. Mais nous n’en sommes pas là ! Seul l’avenir nous dira comment le millésime 2026 s’annonce.
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