Zoom sur un vin : Salon, un champagne d’exception

© DR

Et maintenant, passons au Salon ! Didier Depond, Président du Directoire de la  maison de Champagne Salon (et également de Delamotte), explique la réussite de ce champagne de niche, au nom facile à prononcer.

Le champagne Salon est un vin d’exception : monocépage (100% chardonnay), monocru (100% Mesnil-sur-Oger classé grand cru à 100%), produit uniquement les meilleures années (37 vins ont été produits au cours du 20e siècle, le dernier étant 1999). Seul Krug et son Clos du Mesnil – qui a d’ailleurs appartenu à Salon jusqu’en 1979 et s’appelait à l’origine le Clos Tarin ! – peut prétendre rivaliser selon les mêmes critères.

En cave, quatorze années de stock, soit environ un million de bouteilles… Et quelques magnums aussi puisque depuis 1999, 10% de la production est tirée en magnum. Les vieux millésimes sont encore sur pointe, bouchés liège et agrafés, non dégorgés.

Les raisins proviennent de vingt hectares répartis sur 19 parcelles : six hectares appartenant à Salon, le reste en approvisionnements.

© Serge Chapuis

Eugène-Aimé Salon (décédé en 1943) est un entrepreneur qui a fait fortune dans les peaux et le cuir ; amateur de champagne, il décide, pour sa consommation personnelle et celle de ses amis, d’en produire quelques bouteilles. Il achète alors 89 ares et 25 acres sur le terroir du Mesnil et produit sa première bouteille en 1905 (le premier millésime officiel est le 1911, lorsque la marque Salon est enregistrée au registre du commerce mais il y a bien eu un Salon 1905).

Jusque dans les années 50, Salon est vendu chez Maxim’s ; c’est alors un vin terriblement à la mode !

© Leif Carlsson

Passée entre les mains de Besserat de Bellefon (Pernod Ricard) entre 1963 et 1989 puis rachetée par Laurent-Perrier en 1989, la maison n’a jamais failli à son exigence de haute qualité.

Michel Fauconnet a succédé à Alain Terrier en tant que chef de cave des maisons Delamotte et Salon en 2004. Didier Depond assure la présidence du directoire des deux marques depuis 1997 ; il a commencé sa carrière au sein du groupe Laurent-Perrier en 1986 : il célèbre donc ses vingt-cinq ans de maison cette année !

Salon 1999 – dernier millésime du 20e siècle – est commercialisé depuis avril 2011. Comme ses prédécesseurs, il passe au minimum dix années en cave (minimum six ans pour Delamotte)

C’est un vin de grande envergure, d’une tension exemplaire, droit et de grande finesse. A la dégustation, il délivre des notes de pain brioché, de fleurs blanches.

Et les prochains Salon ? Je peux d’ores et déjà vous annoncer les 2002, 2004, 2006 et 2008. Patience !

Une réussite commerciale

Salon, c’est avant tout la rareté : une seule cuvée, produite uniquement dans les meilleurs millésimes, commercialisée à 50 000 exemplaires en moyenne (selon les années), 95% à l’export. Le vin est vendu sur trois ans ; le 1999 vient d’être lancé, c’est le deuxième millésime vendangé par Didier Depond à son arrivée.

Un circuit de distribution exclusif

Salon est exclusivement distribué par les vendeurs de Laurent-Perrier, chez les cavistes spécialisés et les grandes tables du monde. Une stratégie clairement orientée luxe, qui cultive la rareté, voire la pénurie en limitant volontairement le nombre de bouteilles allouées à chaque client.

© Leif Carlsson

En quinze ans, le prix d’une bouteille de Salon a été multiplié par 6 (à titre d’exemple, celui de Delamotte a été multiplié par 2,5) et est passé de 50 à 300 euros.

Des marchés ciblés

Les cinq marchés principaux sont le Japon, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Italie et la zone Asie Pacifique (Singapour, Hong Kong et Australie). Il peut y avoir autant de dégorgements qu’il y a d’expéditions !

 

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  • Voir les commentaires (2)

  • Jean-Luc Dupaigne

    Je suis étonné d’une petite phrase en début d’article « Seul Krug et son Clos du Mesnil – qui a d’ailleurs appartenu à Salon jusqu’en 1979 et s’appelait à l’origine le Clos Tarin ! – peut prétendre rivaliser selon les mêmes critères. ».
    Le Clos du Mesnil a appartenu a la famille Tarin, d’abord Amédée (1829-1903) puis en dernier lieu Julien Tarin (1866-1948) et à ses trois filles (dont ma grand-mère maternelle).

    • labrusse

      Le dit Clos Tarin servait l’Élysée et le restaurant La tour d’argent à Paris
      Quel malheur que ce clos ne soit pas resté dans la famille ; je veux bien savoir quand il a été vendu …

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