Trois belles dégustations à Paris

Dégustations de vins à ParisLe mois de novembre est riche en belles dégustations à Paris comme ce fut le cas lundi 26 et mardi 27 novembre. Trois salons en deux jours (Union des Gens de Métier, Vins de mes Amis, Chablis), c’était l’occasion de faire un beau voyage dans le vignoble français !

 

A l’Union des Gens de Métier, que du très beau monde et une opportunité unique dans l’année de goûter certains domaines rarement présents dans ce genre de salons comme le Clos Rougeard, le Mas Jullien, Dagueneau, Roulot, Trévallon…

 

Le blanc 2011 du Mas Jullien est absolument renversant. Quel équilibre ! Matière fraiche, pleine d’arômes complexes, finale superbement minérale. Un très grand blanc et un vrai vin de repas qui vieillit merveilleusement bien. Le rouge 2010 est, comme toujours dans sa jeunesse, un peu serré, matière très dense, beaucoup de minéral en bouche, une finale qui évoque un très beau Rhône nord (Hermitage). A attendre 8 à 10 ans…

 

Le domaine de Trévallon n’est pas en reste avec un blanc 2009 assez ample et large (effet millésime), au boisé encore sensible, mais la bouche est complexe et sans lourdeur. Le rouge 2009 est magnifique, beaucoup de complexité au nez comme en bouche, des notes de laurier et de garrigue, une finale qui reste fraiche malgré la puissance du millésime. Très beau ! Le même en 2003 accuse un peu son millésime avec un côté un peu sec et une maturité phénolique qui semble imparfaite.

 

Deux rouges de Saumur-Champigny tout en contraste au Clos Rougeard, tous les deux en 2009. Les Poyeux est un vin absolument splendide, une merveille de suavité en bouche, une douceur exceptionnelle des tannins (et pourtant il y en a !), une maturité parfaite des raisins (dans un millésime où il était facile de basculer dans l’excès), un équilibre somptueux avec de la richesse et de la tension. Le tout dans une forme de délicatesse incroyable avec un élevage quasi invisible et une finale magiquement dynamique. L’autre cuvée, Le Bourg, est beaucoup plus massive, la matière paraît “carrée”, l’élevage est encore très marqué. Le vin possède une matière énorme et équilibrée mais un peu monolithique dans son expression actuelle. C’est beaucoup moins “bourguignon” que Les Poyeux, moins étiré, moins élancé. Mais il y a quand même un sacré vin à regoûter dans quelques années…

 

Chez Dagueneau, petite déception avec le Blanc Fumé de Pouilly 2010, qui apparaît végétal et très variétal. Le Sancerre Monts Damnés 2010 est nettement au-dessus, mais sans faire la différence avec d’autres domaines de l’appellation du niveau Boulay, Vacheron ou Fouassier. Le Pouilly Fumé silex 2010 est plus complexe, plus riche, un assez joli vin mais à un prix… complexe lui aussi !

 

Parmi les autres domaines présents : un superbe Crozes-Hermitage 2011 chez Alain Graillot (graphite, équilibre, dynamique, qui donne faim !) ; un très beau Côtes de Bourg 2009 au Château Falfas (maturité, rondeur, goûteux, équilibré, facile) ; des meursaults 2011 (pris sur cuve) très prometteurs chez Roulot (en particulier un 1er cru Tessons Clos de Mon Plaisir très mûr, un peu exotique, magnifique fruit, équilibre séducteur mais sans excès), le Jura à son sommet avec les vins de Jacques Puffenay comme un magnifique Arbois Chardonnay 2011, complexe au nez et en bouche, beaucoup de personnalité, sensation d’un vrai terroir et un vin jaune 2005 à la superbe matière, avec un équilibre dynamique qui doit faire merveille à table ; et, pour finir en douceur, les délicieux cidres et poirés d’Eric Bordelet qui fait goûter de “vieux” millésimes comme 2007 et 2003 qui sont tout simplement incroyables de complexité et de minéralité, mais le 2011 est déjà très prometteur !

 

Parmi les quelques domaines étrangers présents on notera le toscan Isole e Olena et le piémontais Prioprietà Sperino, en fait deux branches de la même famille, les De Marchi. Le Lessona 2008 de Propietà Sperino, un pur nebbiolo (comme à Barolo) qui est une petite merveille de finesse, d’équilibre et de complexité qui évoque un très beau premier cru de bourgogne par sa structure délicate et élégante en bouche. Le Ceparello 2008 d’Isole et Olena, un pur sangiovese (qui pourrait avoir l’appellation Chianti), est un vin plus conduit et plus ambitieux que son “cousin” piémontais, mais dont la richesse et la densité sont étirées par une superbe tension qui dynamise ce vin à la complexité potentielle évidente après quelques années de garde.

 

Aux deux autres dégustations (Le Vin de mes Amis et Chablis) on peut retenir, pour la première :

–      les champagnes de Vouette et Sorbée, en particulier la cuvée Blanc d’Argile un pur chardonnay d’une minéralité incroyable, offrant les sensations d’un sol évoquant le Chablisien, matière délicate et très fraiche ;

–      une gamme impeccable au domaine Jean-Baptiste Sénat d’où on peut peut-être sortir le minervois Bois des Merveilles 2010 à la superbe matière dense et complexe qui sera magnifique à table après quelques années en cave ;

–      mention très bien pour tous les chablis 2011 du jeune Thomas Pico au domaine Pattes Loup, qui possèdent vraiment un style, et, sans jeu de mots, une vraie “patte”, que ce soit le “simple” village 2011, le 1er cru Côte de Jouan, le 1er cru Beauregard ou le 1er cru Butteaux. Tous ces vins possèdent une matière incroyable à la fois dense, goûteuse et fraiche, sans aucune acidité en avant, d’une maturité de raisins réjouissante, avec des notes presque exotiques ;

–      enfin pas de surprise chez Jean et Agnès Foillard, où tout est bon comme d’habitude ! Le Morgon Côte du Py 2011, un tout petit peu plus “sérieux” que d’habitude, plus minéral, qui gagnera à vieillir un an ou deux et qui sera un bon compagnon de table et le sublime Fleurie 2009, très graphite, plein de fruit mûr, une jolie matière dense, ronde et parfaitement équilibrée.

 

A la dégustation organisée par le BIVB-Chablis, quelques très jolis vins, notamment :

–      une gamme très homogène chez Nathalie et Gilles Fèvre, des vins faciles, bien faits, un peu “commerciaux”, mais dans un sens positif, sans tension excessive ;

–      très belle gamme aussi chez Drouhin-Vaudon, avec deux vins particulièrement remarquables, le 1er cru Vaillons 2011, style à la fois plein et tendu, très belle matière mûre, et le grand cru Bougros 2010, encore légèrement marqué par son élevage, mais quel vin ! Toujours ce style très pur et une matière à la fois riche et élancée ;

–       une vraie révélation enfin avec tous les vins de Bernard Defaix dans un style très chablisien, frais, tendu, minéral et parfaitement équilibré, dont se détachent les deux premiers crus Côte de Léchet, le 2011 à recommander à tous ceux qui se demandent à quoi doit ressembler un beau chablis, et la cuvée Vieilles Vignes 2010, un petit cran au-dessus, tant en maturité de raisin qu’en densité de matière avec une magnifique finale très dynamique.

 

 

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