Que faut-il penser des Bordeaux 2005 ?

Surmédiatisé, annoncé comme un millésime du siècle, 2005 a suscité dès la période des vendanges des attentes démesurées. Les premières bouteilles ont fait leur apparition en 2008 sur le marché des enchères.
Analyse de la situation.

Exceptionnel, mythique, digne successeur de 1982 : tous les qualificatifs ont été employés au sujet du millésime 2005. Il faut dire que cette année magnifique arrivait à point nommé pour les domaines et les négociants, soucieux de renouer avec un beau millésime, facile à vendre après quelques années plus délicates telles que 2004, 2002 et 2001 ; Aux acheteurs, il a donc été largement diffusé l’idée que 2005 se devait de faire partie de toute cave d’un amateur qui se respecte. Mais les acheteurs étaient-ils prêts à acquérir ce millésime à n’importe quel prix ?

On notera tout de même que depuis 2000, on compte déjà trois millésimes annoncés avant la campagne primeurs comme une année « du siècle » : 2000, 2003, et maintenant 2005. L’engouement a certes été réel au moment de la commercialisation en primeurs. Mais rapidement des doutes se sont fait jour. Et surtout, la conjoncture économique ne s’est pas révélé aussi porteuse que ne l’avaient anticipé les opérateurs. Quant aux amateurs, au bout de la chaîne, il se sont pris à  douter de l’intérêt d’acquérir des crus qui, pour certains, étaient valorisés à leur diffusion en primeurs à trois, voire quatre fois le prix du millésime 2004. Robert Parker lui-même a porté un coup de grâce à cette pyramide savamment échafaudée par nombre de spéculateurs : en goûtant à nouveau les vins au printemps 2008, non plus sur échantillon, mais en bouteilles, il a limité l’attribution de sa fameuse note de 100/100 à deux grands crus de Bordeaux seulement : Ausone et L’Eglise Clinet, décevant ainsi les anticipations des opérateurs qui escomptaient une valorisation immédiate autant que substantielle des vins acquis en quantité importante. Aujourd’hui, nombre de châteaux sont cotés en dessous de leur prix de sortie en primeurs. Hautement spéculatifs car acquis en bonne partie par des intervenants professionnels, ces vins pourraient se retrouver massivement à la vente dans les mois à venir.

Il est donc nécessaire de guetter les opportunités qui pourraient apparaître au cours de l’année.

Retrouvez notre analyse complète des grands crus de Bordeaux dans ce document :
Bilan 2008 et perspectives : 2009, l’année de tous les dangers ?
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