Portrait d’amateur : brèves de comptoir avec le tennisman Michaël Llodra

Mercredi 1er juin. Tandis qu’Aubert de Villaine déambule quelque part des les allées de Roland Garros, nous avons rendez-vous avec Michaël Llodra – dit Mica – 24e joueur mondial et demi-finaliste en double cette année. Souriant, il nous mène dans le repaire des joueurs, pour une interview sans tabous autour du vin et de sa convivialité.

Le vin, c’est votre deuxième passion ?

Non ma première ! Je dirais que le tennis est mon métier mais que le vin, c’est vraiment ma passion.

Cela ne fait pas tellement longtemps que vous vous y intéressez de façon méthodique et pourtant vous semblez déjà très bien connaître les bonnes bouteilles.

C’est vrai que j’ai vraiment découvert le vin il y a une petite dizaine d’années. Mon père a pourtant travaillé pendant quinze ans pour la Maison Richard mais sans me transmettre vraiment sa passion. C’est grâce à mon ancien entraîneur Lionel Roux que j’ai découvert le vin. Il habitait Lyon et me faisait souvent goûter des vins du Rhône. Ensuite, j’ai lu des tonnes de livres sur le sujet ! Aujourd’hui c’est moi qui conseille mes amis sportifs ! J’achète pour eux aussi ; ils me font confiance. Mais on est avant tout des passionnés : on achète le vin pour le boire.

La vie de sportif n’est donc pas synonyme d’abstinence absolue ?

Dans mon cas, non. Il suffit de ne pas en abuser. Je m’autorise un verre de bon vin rouge, même la veille d’un match. Il n’y a que le vin blanc que je consomme très peu, car plus acide, il est moins bon pour les muscles et peut favoriser les crampes.

D’autres joueurs et joueuses de tennis apprécient beaucoup le vin…

Amélie Mauresmo, Nicolas Mahut sont aussi des passionnés. Yannick Noah (fan des bourgognes), lorsqu’il était capitaine de l’équipe de Coupe Davis, avait instauré des moments de partage et de convivialité autour du vin. Depuis, c’est resté. Henri Leconte et Guy Forget sont aussi de bons connaisseurs.

Vous avez débuté votre apprentissage par les vins de la Vallée du Rhône. Y a t-il d’autres régions que vous appréciez ?

C’est vrai que j’ai appris avec le Rhône. Mais j’aime beaucoup le bordeaux également et je commence à goûter les vins d’Alsace. J’ai aussi bu les cuvées Pur Sang et Silex 2004 de Dagueneau : fabuleux ! Je découvre aussi les vignobles étrangers au gré de mes déplacements. Récemment, j’étais à Adelaïde où j’ai visité la Winery Penfold’s.

Dans les moments de victoire, vous avez un vin en particulier que vous aimez boire ? Champagne ?

Je ne suis pas très « bulles  » à la base… Mais je m’y mets ! J’aime beaucoup la vinosité des champagnes Bollinger, et le Champagne Henri Giraud à Aÿ. Mais quand je gagne, on descend à la cave… et on improvise !

Lorsque vous serez retiré des cours, envisagez-vous d’acheter un domaine ?

Pourquoi pas… Avec Amélie peut-être ! On a un ami qui est courtier sur Bordeaux, il pourrait nous conseiller. En tout cas, si ça devait se faire, ce serait plutôt dans le Médoc, où il y a plus de choix pour acheter un peu de vignes.

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Votre dernier coup de cœur ?

Gruaud-Larose 1982, samedi soir dernier. Exceptionnel ! Il y avait de belles bouteilles ce soir-là, dont un fabuleux Sociando-Mallet 1990, Côte-Rôtie La Mouline 1990 et Troplong-Mondot 1990 également. Mais le Gruaud-Larose les a surpassés.

L’accessoire dont vous ne vous séparez jamais ?

La carafe. Une belle carafe, ça en jette. Je collectionne les carafes, notamment les Riedel, très design. Et en plus je trouve que ça conserve le mystère. J’aime bien goûter à l’aveugle. Je me suis trompé de quarante ans sur un Latour… Mais c’est ce qui est magique avec le vin, on peut le goûter et le regoûter sans cesse, il évolue tout le temps. On ne goûte jamais deux fois le même.

Vous êtes plutôt bouteille, canette ou magnum ?

Magnum sans hésiter. C’est le format idéal. Lorsqu’on est nombreux, le double-magnum est bien aussi et reste très joli.

Le restaurant où vous avez votre rond de serviette ?

Le Cinq, allées de Tourny. C’est à Bordeaux, mon club est là-bas. Ils ont un pâtissier de l’espace et une côte de boeuf formidable. C’est très décontracté, le cadre est familial, j’aime beaucoup.

Votre accord mets et vin préféré ?

Tout simplement une côte de boeuf avec un rouge puissant. La Mouline ou la Turque par exemple. Là on est proche de l’orgasme…

Le vin que vous avez honte de boire ?

Je n’ai jamais honte de boire du vin ! J’aime bien tout, des vins plus accessibles aussi comme ceux que j’ai goûtés récemment : Château Recougne (Bordeaux Supérieur), Château Belle-Vue et Château Beaumont dans le Haut-Médoc.

Votre première gorgée de vin : quand et avec qui ?

C’était en 2003. Je buvais déjà du vin avant mais à ce moment-là que j’ai vraiment eu la révélation. Les beaux-parents de mon entraîneur de l’époque (Lionel Roux, ndlr) m’ont fait goûter un Saint-Joseph de Guigal, Lieu-Dit 2003.

La bouteille qui a déclenché votre passion

J’ai tout de suite adoré Léoville Las Cases 2001. J’ai rencontré Jean-Hubert Delon, le propriétaire, un personnage attachant et fabuleux. Je ne suis jamais déçu par ce saint-julien !

Le vin que vous aimez faire découvrir à vos amis néophytes

Un crozes-hermitage de Graillot par exemple ou un saint-joseph Vignes de l’Hospice de Guigal.

Si vous partiez sur une île déserte, quelle bouteille emporteriez-vous ?

J’ai été scotché par Latour 1959. Amélie (Mauresmo) a toujours adoré ce vin, elle me l’a fait découvrir et j’en conserve encore le goût en bouche. Je ne pouvais pas imaginer qu’un si vieux vin soit toujours aussi puissant. C’est le vin que j’emmènerais effectivement si je ne devais en choisir qu’un.

Le flacon que vous voudriez avoir dégusté avant de mourir ?

Mouton Rothschild 1945. Amélie me nargue car elle l’a goûté plusieurs fois ! J’ai déjà goûté Petrus et Cheval Blanc 1947.

Comment avez-vous connu iDealwine ? Quelles sont vos suggestions pour améliorer le site ?

J’ai connu iDealwine via la Revue du vin de France, sur les meilleures ventes du mois à la fin du magazine. Je n’ai pas de suggestions a vous proposer, je trouve le site parfait.

NDLR – Merci beaucoup Michaël, mais chez iDealwine nous savons bien que beaucoup de points peuvent encore être améliorés 🙂

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  • Voir les commentaires (5)

  • Nemetz Nadine

    BOnjour je trouve cet artcle super car on sent le passinné.Bravo pour votre site .
    David vigneron au chateau Léoville las-cases (St Julien)
    Nadine vignerone au chateau MOntrose ( St Estèphe )

  • Clement

    J’admire depuis longtemps Michaël Lodra-
    comme joueur(tennis d’attaque)et comme
    homme:direct,franc,sans »chichis ».Je le
    découvre aujourd’hui comme amateur et connaisseur de vins:je le trouve d’autant plus compétent qu’on a des goûts
    communs!!!Gruaud Larose 82:un vin fabuleux-les Cotes roties de Guigal-Sociando Mallet etc etc…
    Bravo Mika et bravo idealwine!

  • xavier

    Article très intéressant. Questions toujours pertinentes de Véronique Raisin (enfin une photo de cette excellente journaliste !!). Michael Llodra est attachant et sympathique et j’adore son jeu offensif. Bravo pour votre site internet. Idealwine est une réussite.

  • LECLERCQ Valérie

    Je suis ravie qu’une journaliste (de talent qui plus est) nous fasse partager la passion du vin de ce joueur fin, sympathique et qui sait de quoi il parle ! J’avais un jour demandé à une connaissance du milieu médical s’il pensait envisageable d’écrire au minimum une petite monographie intitulée « Pinard et Tennis ». Sa grimace condescendantissime m’avait fort déçue. Merci donc au deux protagonistes de cette interview !

  • DUBOURDIEU FRANCK

    Chère Angélique,
    Très bon cet échange avec Idéalwine
    Du Mica pur jus…de treille
    Un oubli dans ses passions : le chocolat !
    Bien à vous
    A très vite
    franck

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