Notes Millésime 2017 : Les régions viticoles du Nord de l’hexagone

Le millésime 2017 est en bouteille et disponible à la vente. iDealwine vous aide dans vos achats avec son guide du millésime région par région. Notre tour commence par les vignobles les plus septentrionaux de la France : Bourgogne, Beaujolais, Vallée de la Loire, Champagne, Alsace, Jura et Savoie.

Bourgogne

Après une succession de millésimes peu généreux, soit à cause d’une année très solaire comme 2015 ou du gel en 2016, les vignerons bourguignons ont retrouvé le sourire en 2017. Et la première cause du sourire d’un vigneron, quelle que soit la région, c’est d’avoir obtenu dans ses vignes des rendements “corrects”. L’année s’est déroulée sans accrocs majeurs et avec une période de vendanges sans soucis particuliers, après un été bien ensoleillé, mais sans stress hydrique (comme en 2015). La récolte s’est révélée en outre très saine et avec presque toujours de belles maturités profondes.

Il faudra néanmoins faire une distinction entre les chardonnays et les pinots. L’année est clairement qualitative pour les vins blancs de Bourgogne, particulièrement aux extrêmes géographiques comme Chablis et le Mâconnais (où les vins sont sans doute supérieurs aux 2016 ou aux 2015), même si ces deux régions ont été perturbées en début de cycle par quelques gels pénalisants. Meursault a également produit de très beaux vins. Par contre, le pinot noir ne sera pas au même niveau pour les rouges. Les rendements ont été très généreux et il semble que certains vins puissent être relativement dilués. Le phénomène semble plus marqué en Côte de Nuits. Pour les meilleurs, qui ne souffriront pas de dilution, les vins seront plus tendres que les 2016 et 2017 et il faudra sans doute les boire avant ces deux autres millésimes. À l’inverse, la Côte Chalonnaise a connu une belle réussite en rouge, particulièrement à Givry et à Rully, mais les blancs sont également très réussis. Décidément ce vignoble devient de plus en plus une priorité d’achat pour les amateurs avertis…

Notes des vins rouges 2017 : 16/20

Notes des vins blancs 2017 : 17/20

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Beaujolais

Comme en 2016, le Beaujolais a de nouveau été touché par des averses de grêle mi et fin juillet, occasionnant des dégâts importants à Fleurie, une fois encore, comme à Moulin-à-Vent et un peu plus limités à Morgon et Chiroubles. C’est d’autant plus dommage que le millésime était très bien parti en passant en particulier au travers des gelées qui ont été pourtant nombreuses dans la plupart des vignobles français. Début juillet, l’état sanitaire était quasi parfait et la récolte était pleine de belles promesses. La grêle allait malheureusement ruiner les espoirs de bien des vignerons.

Heureusement, en dehors des secteurs les plus touchés, le millésime s’est poursuivi favorablement, comme il avait commencé, à part peut-être à Brouilly et surtout Côte-de-Brouilly où, paradoxalement, le manque d’eau a fait un peu souffrir les vignes qui ont produit de petites baies, mais très concentrées.

Début septembre, les vendanges se sont déroulées dans d’excellentes conditions climatiques et les raisins des zones non grêlées ont été récoltés dans des conditions sanitaires parfaites.

Les appellations et zones non touchées ou peu touchées par la grêle ont produit des vins plus denses, avec plus de fond que ceux de 2016, avec une belle concentration et parfois des acidités un peu plus faibles que d’habitude avec des degrés un peu plus élevés.

Comme souvent, on trouve de très beaux vins à Morgon mais souvent en quantités plus limitées que d’habitude, ainsi qu’à Chiroubles ou à Régné. Moulin-à-Vent et Fleurie sont plus irréguliers, mais il y a de belles cuvées chez les producteurs les plus rigoureux dans leurs tris après les aléas climatiques. Brouilly et Côte-de-Brouilly ont parfois produit des vins atypiques, au caractère presque sudiste. Juliénas et les autres appellations sont, comme presque toujours, assez irrégulières. Dans ce genre d’années, sauf si vous connaissez déjà la qualité d’un vigneron que vous suivez depuis quelques années, il est donc prudent de goûter avant d’acheter. Ne pas oublier que malgré les difficultés, les bons vins seront d’un très bon niveau, supérieur en tout cas à l’an dernier.

Notes des vins rouges 2017: 16/20

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Vallée de la Loire

La Loire n’a pas échappé aux conditions climatiques qui ont régné sur une bonne partie du vignoble français : un hiver doux, un débourrement précoce, une gelée assassine en avril, puis un bel été et des vendanges très précoces dans de bonnes conditions climatiques, avec des raisins très sains dans l’ensemble. Les blancs, récoltés plus tôt n’ont pas souffert des pluies de septembre, mais ils ont été en conséquence plus marqués par la chaleur de l’été et ils sont en général un peu plus “larges” et moins tendus que les 2016, par exemple. Et probablement aussi de moins longue garde. Mais ce seront sans doute des vins très plaisants dans leur jeunesse. Dans le même ordre d’idée les vins moelleux n’atteindront certainement pas les sommets des années les plus riches en botrytis, mais une majorité d’entre eux proposeront des cuvées moins puissantes peut-être, mais probablement plus faciles à boire plus rapidement que d’habitude.

Sans être exceptionnels, les rouges seront d’un bon niveau, avec, pour les cuvées d’entrée de gamme, des vins fruités et “faciles”, à boire jeunes. Les vins plus ambitieux de Chinon, Bourgueil ou Saumur-Champigny présentent souvent de belles concentrations et pourront se garder, mais sans atteindre les sommets des meilleures années ligériennes.

Notes des vins rouges 2017 : 16/20

Notes des vins blancs secs 2017: 15/20

Notes des vins blancs moelleux 2017 : 15/20

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Champagne

Comme chaque année, il convient de souligner deux particularités champenoises qui relativisent toujours un peu l’appréciation du dernier millésime dans ce vignoble. La première, c’est que la très grande majorité des bouteilles de champagne consommées… ne sont pas millésimées, mais résultent d’un assemblage de plusieurs millésimes dont la combinaison, en fonction de leurs qualités respectives, est censée apporter un équilibre gustatif quasi constant. Les qualités (ou les insuffisances) d’un seul millésime ne sont donc pas déterminantes. La seconde raison est qu’un champagne est un vin “transformé” et que, pour juger de la qualité réelle d’un millésime, on n’a que deux solutions : soit goûter au bout de quelques mois de vinification les “vins clairs” de l’année, avant leur champagnisation (mais ce ne sera qu’une impression incomplète), soit attendre la fin du cycle de production d’un champagne millésimé, c’est-à-dire plusieurs années plus tard…

L’année 2017 (comme l’année précédente…) a été marquée ici par un gel important fin avril (de très nombreux vignobles ont connu la même mésaventure à la même période). Le reste du cycle climatique s’est ensuite révélé prometteur avant que des pluies abondantes, fin août, viennent gâcher les espoirs des Champenois. De très nombreuses exploitations ont été victimes d’attaque de pourriture qui ont conduit les meilleurs producteurs à effectuer des tris sévères sur leur vendanges. Et les cuvées millésimées seront sans doute relativement rares.

Les pinots meuniers et la vallée de la Marne semblent avoir le plus souffert, alors que dans le sud de la Montagne de Reims et une partie de l’Aube, les pinots noirs paraissent avoir mieux résisté aux conditions difficiles. Et, d’une manière générale, contrairement à 2016 où c’était l’inverse, les chardonnays seront plaisants, moins denses et profonds peut-être que dans un grand millésime, mais ils produiront de belles cuvées, en particulier dans la Côte des Blancs (Avize, Le Mesnil, etc.).

Notes des champagnes blancs de noirs 2017: 15/20

Notes des champagnes blancs de blancs 2017: 16/20

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Alsace

2017 fait partie, avec 2003, 2007, 2009 et 2011 des cinq millésimes les plus précoces de ces quarante dernières années en Alsace et ce, dès la floraison. Les conditions se sont un peu gâtées ensuite avec un gel relativement important en avril qui explique une bonne partie des faibles rendements de l’année. Un été parfois caniculaire a joué également un rôle dans la précocité du millésime et la faiblesse des rendements. Par contre les vendanges se sont déroulées sans aucun problème climatique.

Comme souvent lorsque les conditions climatiques ne sont pas faciles, les plus beaux terroirs s’en sortent le mieux, en particulier les nombreux lieux-dits ou grands crus, pratiquement toujours situés sur des coteaux pentus qui ont été épargnés par le gel. La maturité a été plus difficile pour les vignes en plaine.

Les meilleurs crus de riesling ont produit de très bons vins secs qui seront certainement de longue garde grâce à de beaux équilibres. Même constatation pour les cuvées de pinot gris et de gewurztraminer. Le sylvaner, parfois planté sur des parcelles moins qualitatives, est plus irrégulier. Par contre il semble que le muscat sec ait été à son affaire sur ce millésime et il a donné souvent de jolis vins.

Les vins rouges, là aussi rarement plantés sur les plus beaux coteaux, ont globalement souffert des insuffisances du millésime et révèlent parfois des amers marqués et des maturités un peu justes. Il faudra goûter avant d’acheter, car certains s’en sont tout de même bien sortis.

Notes des vins blancs secs 2017: 17/20

Notes des vins blancs moelleux 2017 : 15/20

Notes des vins rouges 2017 : 15/20

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Jura – Savoie

Si le gel d’avril a touché de très nombreux vignobles en France, le Jura est sans doute celui qui en a le plus souffert, puisqu’on considère qu’il a fait perdre pour l’ensemble du vignoble plus de 50 % de la future récolte. Tous les cépages ont été touchés mais le poulsard a subi les plus lourdes pertes. Après un été très chaud, les vendanges se sont déroulées dans d’excellentes conditions et, d’une manière générale, la qualité des rares vins produits est de très bon niveau, avec des cuvées très équilibrées entre acidité et maturité. Les rouges présentent de beaux jus concentrés, denses et profond. Les blancs sont peut-être un peu plus “faciles”, mais d’un bon niveau également.

La Savoie a, elle aussi, souffert d’un gel dévastateur vers la fin du mois d’avril. La suite de l’année a été bien plus clémente avec un été particulièrement chaud et ensoleillé et d’excellentes conditions pour les vendanges, ce qui a permis, ici, comme dans bien d’autres régions, de produire des quantités limitées, mais des vins de qualité. Comme dans le Jura, ce sont les rouges qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Les mondeuses, en particulier, sont juteuses à souhait avec des matières équilibrées et de beaux tannins mûrs. Les blancs sont délicats, fins et aromatiques, sans austérité. Belles réussites à Chignin, Apremont et Abîmes.

Notes des vins rouges 2017 : 17/20

Notes des vins blancs 2017: 16/20

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Voir les notes du millésime 2017 dans les vignobles du Sud de la France

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