Millésime 2013 : où en est le vignoble au début de l’été ?

vignoble 2013

Comment se porte le vignoble français malgré la météo plus que capricieuse que nous avons eu pendant près de six mois en 2013 ? C’est l’occasion de tester vos connaissances en viticulture et d’apprendre ou de réviser quelques notions !

L’estimation du début du mois de juillet de la récolte 2013 s’élève à 46,6 millions d’hectolitres. Cette prévision présage une récolte supérieure (de 13%) à celle de 2012, qui avait été spécialement faible. Les incertitudes quant à ce premier pronostic – établi à un stade précoce de croissance de la vigne -sont encore importantes et multiples. « Celui qui prétendrait donner des indications sur le millésime à ce stade raconterait des bêtises. », rappelait il y a quelques jours Stéphane Droulers, propriétaire du Château de Carles à Fronsac. En effet, plusieurs facteurs jouent sur le développement de la vigne jusqu’aux vendanges.

Premièrement, on ne peut mesurer de manière précise la quantité prévisible de la récolte qu’après la floraison de la vigne et la nouaison* (début de la croissance du jeune fruit). Un manque de soleil cet été par exemple, peut entraver une bonne nouaison. Ensuite, les conditions climatiques et les possibles maladies de la vigne pouvant survenir d’ici les vendanges ont aussi une influence cruciale. D’ailleurs la faible récolte de 2012 était due à une météo défavorable lors de la floraison puis de la formation des baies durant l’été.

Cette année, la météo pluvieuse de l’hiver et du printemps accompagnée de températures fraîches a engendré un retard de la floraison dans toutes les régions. On a constaté un retard de 10 à 21 jours par rapport à la moyenne selon les zones géographiques.

S’y ajoutent des difficultés de fécondation : coulure* et millerandage*. La première correspond à la chute des fleurs ou des jeunes fruits due à de trop fréquentes précipitations. La pluie fait par exemple « couler » le pollen et empêche la fécondation des fleurs. Le millerandage* est caractérisé par un empêchement du développement normal des raisins à cause d’une mauvaise fécondation des fleurs. Cependant ces complications ne pourront être mesurées qu’après le stade de formation initiale des baies (nouaison).  Le temps frais a aussi entrainé un filage* (avortement de grappes se transformant en vrille) plus abondant.

Concernant les maladies de la vigne, quelques cas, peu nombreux,  de mildiou* (développement d’une algue qui attaque la vigne, la brunit et dessèche. Il se matérialise sous la forme de tâches jaunâtres sur les feuilles) et d’oïdium* (champignon qui se développe sur la vigne créant des taches blanches poudreuses à la surface des feuilles) sont apparus. Les risques auraient en revanche pu se multiplier si les températures avaient grimpé dans une humidité persistante. Fort heureusement, depuis la fin du mois de juin, le temps s’est mis au très beau à peu près partout et ce risque s’est éloigné.

Néanmoins, le climat déprimant du printemps a eu quelques effets positifs. Les fortes précipitations ont permis de créer d’importantes réserves hydriques, bénéfiques à la croissance des raisins.  Et le développement des maladies a été limité par les températures particulièrement fraîches du printemps et du mois de juin.

En conclusion, à part les vignobles qui ont été ravagés par la grêle (essentiellement dans la Loire, mais aussi dans le sud-ouest), le millésime 2013 se présente dans la norme, mais avec un retard qui se retrouvera presque mécaniquement dans les dates des vendanges. Ce qui peut avoir des effets bénéfiques (une maturation finale plus lente et plus complète des raisins car il fera très probablement plus frais), mais aussi des effets plus aléatoires (les risques de fortes précipitations sont généralement plus élevés en fin de saison). L’essentiel restant d’avoir un bel été et surtout un mois d’août chaud et, si on joue les difficiles, parsemé de quelques pluies rafraîchissantes, si possible la nuit pour ne pas embêter les vacanciers J.

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  • Voir les commentaires (1)

  • Christian

    Je trouve que c’est un bon résumé!
    J’ai un peu le même point de vu. Cependant le retard est flagrant par rapport aux dernières décenni, mais pour les anciens c’est dans les temps 🙂
    Date de début vendange globalement prevu entre mi septembre et octobre (très vague, a regarder en détaille par région et suivant notre été) donc c’est pas un soucis pour la vigne.

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