L’investissement chinois reste minime dans le Bordelais

Carte du Vignoble FrançaisIl y a parfois de vraies nuances entre l’impression laissée par le bruit médiatique et la réalité du terrain. Ces derniers mois on a beaucoup parlé d’achats de domaines par des Chinois à Bordeaux. En réalité l’ensemble de ces achats représente à peine 1% de la surface du vignoble bordelais…

Ces cinq dernières années, une bonne trentaine de propriétés bordelaises ont été acquises par des investisseurs asiatiques. Dans un contexte de crise, il est vrai que le marché rural français a été dans l’obligation de s’ouvrir sur l’international et de profiter des opportunités étrangères qui s’offraient à lui. Et la Chine représente dans le monde du vin un nouvel acteur qui occupe le devant de la scène. Devenu premier importateur mondial de vins de Bordeaux, avec  71 millions de bouteilles achetées l’année dernière, ce pays utilise la consommation de bordeaux comme signe de réussite sociale et de chic à la française.

L’engouement médiatique autour des différents investissements chinois, particulièrement sur 2011 et 2012, a rendu presque exagérée la vision des Français sur la présence asiatique dans nos vignobles. En effet, s’étendant sur 750 hectares à la fin 2012, ces domaines représentent à peine 1% du vignoble girondin.  Même si c’est un phénomène nouveau, la vente à des Chinois de 35 propriétés sur plus de 8000 domaines bordelais, reste donc marginale.

Ne pas oublier également que les Chinois ne sont pas les seuls investisseurs étrangers. « Bordeaux a toujours compté des investisseurs étrangers », rappelle Laurent Gapenne, vice-président du Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB). « Il y a eu les Anglais, les Hollandais, les Américains… Les Belges sont à ce jour les investisseurs étrangers les plus représentés, et on n’en parle jamais. Maintenant, ce sont les Chinois qui arrivent, essentiellement des industriels ou de hauts fonctionnaires. Et ces personnalités deviennent nos ambassadeurs à l’étranger. »

L’idée d’une invasion chinoise qui déposséderait la France de son patrimoine fait plutôt sourire Olivier Vizerie qui dirige une agence immobilière spécialisée dans la vente de propriétés viticoles : « Ils ne vont pas partir avec les propriétés qu’ils ont acheté sur le dos, ils ne vont pas arracher les pieds de vigne, ni démonter les châteaux. A Bordeaux nous avons toujours eu  des vagues d’investisseurs étrangers […]. Aujourd’hui ce sont les Chinois, demain ce sera peut-être des Indiens et après-demain des Brésiliens. »

Que tout le monde se rassure donc, le vignoble bordelais n’est pas encore prêt de devenir chinois ! L’investissement étranger reste une bonne opportunité pour les propriétés en difficulté. Reste à savoir si tout se passe ensuite dans les règles, comme en doute Stéphane Derenoncourt, conseiller réputé du bordelais dans un article du journal 20 Minutes : « Ils ont sauvé des propriétés en péril, cela va sans dire. Mais la volonté de ces gros investisseurs chinois est de gagner beaucoup d’argent, et vite. Alors, ils achètent une marque ici, revendent le vin très cher en Chine, sans que l’on soit sûr de ce qu’ils mettent dans la bouteille au passage. Moi qui suis un “terroiriste”, cela me fait de la peine. »

L’année 2013 sera une année charnière et pourrait voir s’accroître encore le nombre d’investissements chinois, de nombreux petits propriétaires étant en difficulté. Une affaire à suivre …

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  • Voir les commentaires (2)

  • Régis Chaigne

    La face cachée de l’iceberg, c’est la disparition programmée d’une certaine forme de viticulture (c’est vrai plus généralement de l’agriculture).
    La rentabilité d’une grosse majorité des exploitations bordelaises hors crus prestigieux n’est pas très bonne. La complexité de gestion, les tracasseries administratives et réglementaires vont en croissant sans fin.
    Les perspectives d’avenir sont incertaines. Les frais de succession sont élevés.
    Conséquence logique : il y a très peu d’installations de jeunes viticulteurs dans le bordelais.
    Les enfants qui reprennent le suite de leurs parents sont minoritaires.
    La seule issue pour l’exploitant qui part à la retraite sans successeur dans le cadre familial : vendre ou louer ses vignes. Ou pire, arracher pour vendre en terrain à bâtir…
    Le preneur est souvent un voisin qui s’agrandit ou … un Chinois ou un groupe financier pour les crus les plus prestigieux.
    Donc, des exploitations de plus en plus grosses. Disparition du tissu des exploitations familiales qui se transmettaient de génération en génération.
    Dans 10 ans, la structure du foncier aura changé du tout au tout.
    L’arrivée de quelques étrangers, chinois ou autres, est peut être le gage de la survie de la viticulture ?

    • Bréavoine

      j’ai des questions que personne n’ose répondre … Sont-ils tabous ? Après l’achat d’un vignoble par les chinois , les vins disparaissent-ils de France ?. Sont-ils uniquement commercialisé en Chine .
      Les prochaines vendanges seront-ils effectué par des chinois dans ces domaines ?
      merci de m’éclairer car on dit beaucoup de chose ….. vrai ou fausse

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